Éducation Secondaire— À partir de 2027 : L’UPSEE dénonce une tentative d’appliquer le Foundation Programme principalement dans le privé

Ajouter en tant que source préférée sur Google

Arvind Bhojun : « Ce serait une ségrégation institutionnelle »

- Publicité -

D’après cette formule, deux collèges d’État par zone seulement accueilleraient les élèves n’ayant pu obtenir le minimum requis au PSAC

Le Foundation Programme in Literacy, Numeracy and Skills (FPLNS), qui a remplacé l’Extended Programme, serait appliqué majoritairement dans les collèges privés, à partir de la prochaine année scolaire. C’est ce que soutient Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), qui a vivement protesté à ce sujet auprès du ministère de l’Éducation.

- Publicité -

Dans une correspondance adressée au ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, Arvind Bhojun met en garde contre une « ségrégation institutionnelle », avec une telle mesure. Il estime que le gain financier pour les collèges privés ne devrait pas avoir priorité sur le bien-être des enfants.

La nouvelle orientation pour le Foundation Programme aurait été communiquée aux recteurs, lors d’un atelier tenu les 10 et 11 septembre. C’est ce qu’avance Arvind Bhojun. « Il y a des recteurs qui ont assisté à cet atelier et qui nous ont rapporté qu’il a été dit qu’à partir de 2027, le Foundation Programme sera essentiellement offert dans les collèges privés. Seuls deux collèges d’État par zone, soit huit au total, conserveront ce programme », dit-il.

- Advertisement -

Le président de l’UPSEE ajoute qu’ une telle mesure pourrait stigmatiser davantage les enfants et dans la foulée, les collèges privés. « L’UPSEE a été informée par ses membres que le ministère envisage, à compter de la prochaine année scolaire, de placer les apprenants du FPLNS principalement dans les collèges privés. Une telle approche soulève des préoccupations pédagogiques, éthiques, professionnelles et politiques extrêmement graves », s’insurge-t-il.

L’UPSEE précise toutefois que cette prise de position n’est pas contre les élèves du Foundation Programme. « Au contraire, nous croyons fermement que chaque enfant, quels que soient son niveau académique, son milieu socio-économique ou ses difficultés d’apprentissage, a droit à la dignité, à l’égalité des chances, à un soutien pédagogique approprié et à une éducation de qualité. Notre objection concerne la méthode proposée pour répartir ces apprenants au sein du système d’enseignement secondaire », poursuit-il.

 

Éducation à deux vitesses

Le syndicat estime qu’une telle formule risque d’institutionnaliser les inégalités qu’une politique d’éducation inclusive devrait viser à éliminer. « Il y a le risque de créer un système d’éducation à deux vitesses. La république s’est historiquement efforcée de maintenir la parité et la complémentarité entre les collèges d’État et les collèges privés subventionnés. Or, avec ce système, il y aura inévitablement l’impression que le secondaire d’État accueille principalement des apprenants du Mainstream ou les plus performants, tandis que les collèges privés seraient réservés à ceux ayant des difficultés », affirme Arvin Bhojun.

L’UPSEE fait ressortir que les éducateurs des deux secteurs contribuent au même système éducatif national, enseignent en vue de l’obtention de qualifications reconnues à l’échelle nationale et sont tenus de respecter des normes professionnelles comparables. Or, une politique qui canalise de manière disproportionnée les apprenants du FPLNS vers les collèges privés créerait donc une fracture institutionnelle visible entre deux catégories d’établissements et, indirectement, entre deux catégories d’éducateurs et d’apprenants.
Plus important encore, ajoute-t-il, elle pourrait créer une étiquette sociale autour du FPLNS lui-même : « Les enfants ne doivent jamais avoir le sentiment d’avoir été affectés à une catégorie d’école particulière en raison de leurs difficultés scolaires. Au lieu de promouvoir l’inclusion, un tel système pourrait institutionnaliser la ségrégation de manière involontaire », dit-il encore.

Principes d’éducation inclusive

L’UPSEE met également en avant les principes d’éducation inclusive acceptés à l’échelle internationale. « Ceux-ci ne consistent pas simplement à offrir une place à l’école à chaque apprenant. Une véritable inclusion exige que le système éducatif lui-même s’adapte à la diversité des apprenants grâce à une conception adaptée des programmes, à la pédagogie, à l’évaluation, à la formation des enseignants, aux infrastructures et aux services de soutien », fait-il comprendre.

Une telle approche, précise Arvind Bhojun, devrait relever d’une responsabilité nationale, incluant les collèges d’État. « Le secteur public ne peut être mis à l’écart, voire être protégé contre un programme que le ministère lui-même juge essentiel pour les apprenants nécessitant un soutien supplémentaire », maintient-il.

Il indique que cette formule serait à l’encontre de l’Objectif du Développement Durable (ODD) 4, recommandant « l’accès à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, pour tous ». De même, estime l’UPSEE, ce système créerait des inégalités entre les enseignants des collèges publics et privés, alors qu’ils ont tous été formés pour le système national et possèdent des compétences équivalentes. Il met en garde contre la stigmatisation à la fois des élèves et des enseignants des collèges privés.

Si la nouvelle formule vise surtout à permettre aux managers des collèges privés de maintenir leurs gains financiers, la situation est encore plus préoccupante, estime l’UPSEE. « La politique éducative ne peut être guidée en premier lieu par les intérêts financiers des propriétaires d’établissement. La considération déterminante doit toujours rester l’intérêt supérieur de l’apprenant », estime-t-il.

Le président de l’UPSEE souligne que le financement gouvernemental alloué au FPLNS devrait être lié à des résultats pédagogiques clairement définis, à des exigences en matière de personnel, à des ressources, à des normes de responsabilisation et à des mécanismes de soutien aux apprenants, plutôt qu’au simple nombre d’apprenants accueillis par un établissement.

L’UPSEE invite ainsi le ministre de l’Éducation à abandonner cette formule et à privilégier le dialogue. Une copie de la lettre a été transmise au Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l’Equal Opportunities Commission, ainsi qu’à des instances internationales relevant de l’éducation et de l’enfance.
Lors de la célébration du 50e anniversaire de la Private Secondary Education Authority, qui agit comme régulateur des collèges privés à Maurice, le ministre avait relevé la nécessité d’élaborer un plan B en faveur de ces établissements, avec la baisse du nombre d’élèves. Le syndicat se demande ainsi, si ce plan B consiste justement à convertir les collèges privés pour le Foundation Programme.

 

Vijay Sookharee, coordonnateur national du FPLNS : « Aucune décision définitive »

« La proposition d’envoyer plus d’élèves du Foundation Programme dans certains collèges privés a été faite suite à une demande des managers. Il n’y a rien de définitif à ce sujet. L’objectif de cette démarche serait d’éviter la fermeture de ces collèges, avec le nombre d’élèves en baisse et aussi d’éviter que les enseignants ne deviennent Redundant. Seuls quelques collèges avec peu d’élèves seraient concernés. Cela est aussi sujet au nombre d’élèves inscrits au Foundation Programme. Beaucoup de recteurs se disent en faveur d’un tel système, mais à ce jour, il n’y a aucune décision prise à ce sujet. »

 

 

 

SeDEC: journée d’analyse et de réflexion

Le SeDEC a réuni recteurs et recteurs adjoints, soit 11 établissements scolaires représentés au Séminaire, à Beau-Bassin, pour une journée d’analyse et de réflexion stratégique.
La session, animée par le Deputy Director/Head of Secondary, s’est ouverte par un mot de bienvenue du Dr Jimmy Harmon, suivi d’un temps de prière animé par le Père Alain Romaine, délégué épiscopal à l’Education Catholique.

Les échanges ont porté sur les enjeux immédiats de cette fin d’année académique — avancement des programmes, préparation des examens, vie scolaire et gestion administrative — ainsi que sur les enseignements tirés des deux premiers trimestres, en vue de préparer le rapport de fin d’année 2026 et la planification de 2027.

Le point fort de la journée a été l’intervention du Dr Pascal Nadal, Deputy Director/Head of Training & Pastoral, qui a proposé une présentation riche sur l’école comme lieu de synodalité — invitant les recteurs à repenser la gouvernance scolaire autour de l’écoute, de la coresponsabilité et du discernement partagé, dans l’esprit de Vatican II.
Une rencontre qui allie ainsi rigueur opérationnelle et vision pastorale, au service de nos communautés éducatives.

EN CONTINU