Maurice pourrait connaître des températures supérieures à la normale entre novembre 2026 et février 2027 sous l’influence d’un fort épisode El Niño. Les Mauritius Meteorological Services (MMS) mettent surtout en avant les risques d’une hausse de la demande en eau et en électricité, d’une évaporation accrue dans les réservoirs et de besoins plus importants pour l’agriculture. Le risque serait plus important si les fortes températures s’accompagnent de pluies inférieures à la normale ou mal réparties.
Selon le document, les dernières informations disponibles indiquent un fort épisode El Niño en 2026, avec une forte probabilité qu’il persiste durant la période de décembre 2026 à février 2027. Cette situation devrait augmenter la probabilité de températures supérieures à la normale dans plusieurs régions du monde, dont les Mascareignes, et entraîner des changements dans la répartition des précipitations.
À Maurice, la période de novembre à février correspond à la saison chaude et humide. Sous une forte influence d’El Niño, les MMS évoquent des températures diurnes et nocturnes supérieures à la normale, des périodes chaudes plus fréquentes et un stress thermique accru, particulièrement dans les régions urbaines et fortement bâties.
La pluviométrie pourrait aussi devenir plus irrégulière. De longues périodes sèches entre les épisodes pluvieux sont possibles. Cela n’écarte pas le risque de fortes pluies sur de courtes périodes. Celles-ci pourraient provoquer davantage de ruissellement et des inondations sans nécessairement permettre une recharge suffisante des réserves d’eau.
La demande en eau appelée à augmenter
La hausse des températures devrait entraîner une augmentation de la demande en eau pour les besoins domestiques, l’irrigation, l’élevage, les activités industrielles et commerciales, les espaces publics, les systèmes de refroidissement et certaines activités de production énergétique.
Les MMS préviennent que cette hausse de la demande pourrait intervenir alors que la disponibilité de l’eau diminue. Une pression supplémentaire pourrait ainsi s’exercer sur le réseau public, les forages privés, les réservoirs agricoles et les installations locales de stockage.
Les températures plus élevées et le réchauffement dû au soleil devraient également augmenter l’évaporation dans les réservoirs, étangs, rivières, zones humides et autres surfaces d’eau exposées. Une faible pluviométrie, une réduction des apports et des températures élevées de l’eau pourraient accentuer ces pertes.
Une consommation électrique plus importante
Les conditions plus chaudes devraient également faire grimper la consommation électrique entre novembre et février. Cette hausse serait notamment liée à une utilisation accrue des climatiseurs, ventilateurs, systèmes de ventilation, équipements frigorifiques, installations d’irrigation et systèmes de traitement de l’eau.
Le pic de consommation pourrait intervenir durant les heures les plus chaudes de l’après-midi et en début de soirée. Les MMS indiquent que cette situation pourrait accroître soudainement la charge sur les générateurs du CEB et dépasser la capacité de production.
Agriculture : rendements et cultures menacés
L’agriculture pourrait subir les effets combinés de températures plus élevées, d’une évapotranspiration accrue, de pluies irrégulières et de besoins plus importants en irrigation.
Le document évoque notamment des risques de pertes de cultures, une diminution plus rapide de l’humidité des sols, une mauvaise germination après les semis en cas de pluies insuffisantes et une baisse des rendements des cultures sensibles à la chaleur.
La qualité des fruits et légumes pourrait aussi être affectée. Certains produits saisonniers pourraient devenir indisponibles et les besoins plus fréquents en irrigation pourraient augmenter les coûts de production. Des températures élevées pourraient également créer des conditions plus favorables à certains insectes nuisibles et agents pathogènes.
L’élevage n’est pas épargné. Déshydratation, stress thermique, consommation accrue d’eau, diminution de l’alimentation et baisse de la production de lait ou de viande figurent parmi les effets potentiels recensés.
Une surveillance renforcée recommandée
Face à ces risques, les MMS préconisent une surveillance continue des températures maximales et minimales, des précipitations et de la durée des périodes sèches.
Dans l’agriculture, le document recommande notamment des cultures plus résistantes à la chaleur et au stress hydrique, une adaptation des périodes de plantation, une meilleure rétention de l’eau dans les sols et, lorsque cela est permis, le recours à des systèmes d’irrigation plus efficaces.
Pour l’eau, les recommandations portent sur la définition des priorités d’utilisation, la réduction des fuites dans les réseaux et les infrastructures de stockage, ainsi que la récupération de l’eau lorsque cela est techniquement possible.
Les MMS recommandent également une utilisation plus efficace de la climatisation et de la ventilation, l’entretien régulier des équipements de refroidissement et, lorsque cela est possible, le déplacement des activités fortement consommatrices d’électricité en dehors des heures de pointe.
Le document souligne enfin que le scénario présentant le plus grand risque serait celui de températures élevées combinées à des précipitations inférieures à la normale ou irrégulièrement réparties. Cette combinaison pourrait accélérer la perte d’humidité des sols, augmenter les besoins en irrigation, réduire les réserves d’eau et accentuer simultanément la pression sur les systèmes d’approvisionnement en eau et en énergie.

