EMPLOI — DEUXIÈME TRIMESTRE 2026 — Le chômage baisse, mais l’emploi marque le pas

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Le taux de chômage recule à 5,5 % entre avril et juin 2026, selon Statistics Mauritius. Cette amélioration intervient toutefois dans un marché du travail où le nombre de personnes en emploi diminue de 3 100 par rapport au trimestre précédent et où la population inactive augmente. Sur un an, l’emploi progresse légèrement. Les jeunes et les femmes restent les plus exposés aux difficultés d’insertion.

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La baisse du chômage constitue le principal signal positif du dernier rapport de Statistics Mauritius, publié le 30 septembre. Au deuxième trimestre 2026, le pays compte quelque 32 000 chômeurs, contre 33 300 au trimestre précédent et 34 200 à la même période de 2025. Le taux de chômage passe ainsi de 5,7 % à 5,5 % en trois mois, soit un recul de 0,2 point. Sur un an, la diminution atteint 0,4 point.

Mais cet indicateur ne suffit pas à décrire la situation. Dans le même temps, le nombre de personnes en emploi recule de 553 700 à 550 600. La population active, qui regroupe les personnes occupées et les chômeurs, se contracte de 4 400 pour s’établir à 582 600. Quant aux personnes de 16 ans et plus situées hors du marché du travail, leur nombre augmente de 5 200, à 409 000.

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Ces mouvements appellent une lecture nuancée : le chômage diminue, mais cette baisse ne s’accompagne pas, sur le trimestre, d’une progression de l’emploi. Les estimations décrivent simultanément moins de personnes occupées, moins de chômeurs et davantage d’inactifs. Elles ne permettent cependant pas de retracer les parcours individuels ni d’affirmer que les personnes sorties du chômage ont toutes cessé de chercher du travail.

Moins de chômeurs, une participation en retrait

Le taux d’activité, qui mesure la part des personnes de 16 ans et plus participant au marché du travail, revient de 59,2 % à 58,8 %. Autrement dit, la proportion de la population qui travaille ou recherche un emploi diminue entre les deux premiers trimestres de l’année.

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Cette évolution compte dans l’interprétation du taux de chômage. Celui-ci est calculé par rapport à la population active, et non à l’ensemble des habitants en âge de travailler. Une personne sans emploi qui ne recherche pas de travail ou n’est pas disponible pour travailler n’entre pas dans la même catégorie statistique qu’un chômeur.

Il serait néanmoins excessif d’assimiler la totalité de la population inactive à des travailleurs découragés. Elle comprend notamment des retraités, des étudiants et des personnes au foyer. Parmi les 144 300 hommes inactifs, environ 57 % sont des retraités ou des personnes âgées et 23 % des étudiants. Parmi les 264 700 femmes inactives, la moitié sont des personnes au foyer et 26 % des retraitées ou des personnes âgées.

La comparaison annuelle apporte un éclairage différent. Par rapport au deuxième trimestre 2025, l’emploi augmente de 500 personnes, tandis que le chômage baisse de 2 200. Le taux d’activité reste inchangé, à 58,8 %. Le tableau est donc celui d’un léger gain d’emploi sur un an, accompagné d’un repli au cours du dernier trimestre observé.

La baisse du chômage apparaît aussi après correction des variations saisonnières : le taux corrigé atteint 5,2 %, contre 5,4 % au premier trimestre et 5,6 % un an auparavant. Cette correction confirme le sens de l’évolution du chômage, sans effacer la diminution parallèle de l’emploi dans les estimations trimestrielles.

L’amélioration du chômage global repose sur l’évolution de la situation des femmes. Leur nombre parmi les chômeurs diminue de 1 400 en trois mois, à 17 600, alors que celui des hommes augmente de 100, à 14 400. Le taux de chômage féminin descend de 7,5 % à 7 %, tandis que le taux masculin passe de 4,3 % à 4,4 %.

Sur un an, les femmes enregistrent également une progression de l’emploi : elles sont 234 000 à travailler, soit 1 800 de plus qu’au deuxième trimestre 2025. Chez les hommes, l’emploi recule de 1 300 sur la même période, à 316 600. Mais, comparé au premier trimestre 2026, le nombre de personnes occupées baisse pour les deux sexes.

Les inégalités restent sensibles. Les femmes représentent 55 % des chômeurs et leur taux d’activité demeure nettement inférieur à celui des hommes : 48,7 %, contre 69,6 %. La baisse du chômage féminin est donc encourageante, mais elle ne signifie pas que les écarts d’accès au marché du travail sont résorbés.

Femmes et jeunes : des écarts persistants

Chez les jeunes de 16 à 24 ans, les chiffres illustrent à nouveau la nécessité de distinguer effectifs et taux. Leur nombre parmi les chômeurs diminue de 12 100 à 11 600 en trois mois, mais leur taux de chômage augmente de 19,1 % à 19,3 %. Cette évolution traduit une contraction de leur population active proportionnellement plus importante que celle du nombre de jeunes chômeurs.

Près d’un jeune actif sur cinq est ainsi au chômage. Ce ratio concerne ceux qui participent au marché du travail, et non l’ensemble des jeunes, dont une partie poursuit des études. Les jeunes femmes restent davantage touchées, avec un taux de 22 %, contre 17,2 % chez les jeunes hommes. Sur un an, le taux des jeunes recule toutefois de 20,1 % à 19,3 %.

L’expérience ne garantit pas le retour au travail

Le profil des chômeurs montre que les difficultés dépassent la seule recherche d’un premier poste. Quelque 23 000 personnes, soit 72 % des chômeurs, ont déjà une expérience professionnelle. Les 9 000 autres recherchent leur premier emploi. Le retour au travail des personnes expérimentées constitue donc un enjeu aussi important que l’insertion des nouveaux arrivants.

La question des qualifications demeure présente : 14 700 chômeurs, soit 46 %, ne possèdent pas le School Certificate ou un diplôme équivalent. Parmi eux, 2 900 n’ont pas réussi le PSAC, le CPE ou leur équivalent. Ces données soulignent l’intérêt d’un accompagnement adapté aux différents niveaux de formation, sans établir à elles seules les causes du chômage.

Pour 5 100 personnes, la recherche d’emploi dure depuis plus d’un an. La portée sociale du chômage apparaît également dans les ménages : 3 400 chômeurs sont chefs de famille et 5 600 vivent dans un foyer où personne n’est en emploi. Derrière l’amélioration du taux national subsistent donc des situations de vulnérabilité.

Les résultats restent des estimations issues d’une enquête auprès des ménages ; ceux du deuxième trimestre sont provisoires et soumis à une variabilité d’échantillonnage. Les petites variations doivent être interprétées avec prudence. Le constat central demeure : la baisse du chômage est un signal favorable, mais elle ne suffit pas à établir une reprise solide de l’emploi. Celle-ci devra aussi se traduire par davantage de personnes occupées, une participation accrue et une meilleure insertion des jeunes.

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