Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, participait, hier, à un atelier de travail, où la qualité de l’air était l’un des sujets abordés. Cet événement coïncidait avec la Journée de la Terre, observée le 21 avril. Il a mis en avant les nouveaux règlements sur la qualité de l’air et invité chaque citoyen à apporter sa contribution en vue de sauvegarder la planète.
Rajesh Bhagwan a attiré l’attention sur le fait que le jour du dépassement arrive de plus en plus tôt, chaque année. « Alors que dans les années 70, nous épuisions des ressources de la terre et de la mer autour du 29 décembre, l’année dernière, cette étape fatidique a été franchie le 24 juillet », fait-il comprendre.
De plus, a-t-il fait ressortir, 90% des stocks de poissons mondiaux sont pleinement exploités, surexploités ou épuisés ; 12 milliards d’hectares de forêts disparaissent chaque année, 24 milliards de tonnes de terres fertiles sont perdues et 210 000 kilomètres carrés se dégradent chaque année : « Combien de temps nous faudra-t-il pour réaliser le désastre écologique qui se profile à l’horizon ? » se demande-t-il.
Le ministre de l’Environnement a également mis l’accent sur l’importance de la qualité de l’air. L’oxygène étant nécessaire à la survie, il a estimé qu’un air propre est un droit fondamental. Un droit qui appartient à chacun d’entre nous. « À Maurice, nous avons de la chance. Nous ne subissons pas de pollution transfrontalière. Ce qui explique aussi pourquoi Maurice figure encore parmi les seuls sept pays au monde, avec l’une des meilleures qualités de l’air. Mais pour combien de temps ? », affirme-t-il.
Le ministre de l’Environnement a pointé du doigt la pollution par les véhicules fumigènes, les émissions industrielles ou encore le brûlage d’ordures et de cannes à ciel ouvert. « Tout cela dégrade la qualité de l’air. Tout cela affecte notre santé », fait-il valoir.
« Cependant, pour nos besoins quotidiens, nous sommes condamnés à subir les émissions de gaz et de fumée. Mais cela ne veut pas dire mettre en péril les conditions essentielles pour une bonne qualité de vie sur la planète », devait-il avancer.
C’est pour cela, a-t-il ajouté, que son ministère est venu avec de nouvelles Environment (Standards for Ambient Air Quality and Stack Emissions ) Regulations, avalisées par le conseil des ministres, vendredi dernier. Il s’agit de normes plus strictes et conformes au standard de l’Organisation mondiale de la Santé.
Ces nouvelles dispositions qui seront promulguées bientôt régiront l’air ambiant, les chaudières industrielles et les incinérateurs. « Toutes les entreprises devront s’y conformer et mettre en place des systèmes de contrôle, pour qu’ensemble, nous contribuions à offrir une meilleure qualité de l’air, à la population. Nous devrons trouver un équilibre entre pourvoir les besoins humains et respecter les droits de la nature. C’est cela le développement durable », a-t-il prévenu.
Par ailleurs, Rajesh Bhagwan a appelé à la responsabilité collective, que ce soit au niveau de l’industrie ou domestique. Il a également plaidé pour une transition vers les énergies renouvelables. « J’en profite pour saluer tous ceux qui se sont déjà engagés sur la voie verte. Toute la population doit s’engager. C’est pour cela que mon ministère travaille sur un projet de Service à l’écologie, où à travers une solidarité intergénérationnelle il y a une transmission de connaissances, partage d’expériences, pour que collectivement, nous apprenions à aimer et à protéger notre patrimoine environnemental unique », a-t-il poursuivi.
Dans ce contexte, il a précisé que le gouvernement met la dernière main au projet de loi sur les zones naturelles sensibles – les ESAs –, qui regorgent d’une riche biodiversité pour la présente et future génération. « En cette journée de la Terre, je vous invite à réfléchir, pas seulement à ce que la Terre et la mer nous donnent, mais à ce que nous, nous sommes prêts à faire, pour la planète, pour la protection de la flore et de la faune », a-t-il conclu.
Rajesh Bhagwan intervenait à un atelier de travail à l’Université des Mascareignes, où la qualité de l’air était l’un des thèmes au programme.

