Eclosia, IBL, Currimjee et Scott, ainsi que d’autres entités s’y joignant, mettent en exergue une reprise de ces 358 hectares pour la conversion en un parc naturel pérenne
Le projet immobilier d’envergure sur les 358 hectares de Wetlands de Roches-Noires, piloté par PR Capital Ltd, et au centre d’une controverse d’ordre environnemental, pourrait être doté d’une autre vocation plus appropriée avec les caractéristiques intrinsèques de la région. En effet, devant le risque de mettre en péril ce patrimoine naturel, des entités mauriciennes ont formulé une alternative à ce développement immobilier dans cette zone humide. L’objectif déclaré est de créer un parc naturel pérenne et ouvert à tous. À cet effet, la collaboration avec des communautés locales, des ONG et des associations de défense de l’environnement actives dans cette région de même qu’avec le gouvernement sera sollicitée par les promoteurs de cette nouvelle option de développement.
Des informations disponibles indiquent que ces entreprises économiques, regroupées en un collectif, comptent assurer la mobilisation des fonds et des compétences nécessaires « pour préserver ensemble ce site écologiquement sensible, tout en facilitant la mise en place de projets d’économie verte et bleue qui favoriseront le développement de Roches-Noires et de ses habitants. »
Cette initiative est portée par les groupes Eclosia, IBL, Currimjee et Scott avec d’autres acteurs économiques et associatifs, ayant déjà signifié leur intention de se joindre à cette démarche inédite. « C’est un projet inclusif et citoyen, s’inscrivant dans une logique nationale de protection et de conservation de la biodiversité locale. Ce poumon vert pourra être connecté aux autres espaces et parcs naturels de l’île », fait-on comprendre au sein de ce noyau constitué et déterminé à préserver la face environnementale de Roches-Noires.
À cet effet, le collectif se prépare à s’armer d’une structure de reprise afin que le projet s’inscrive dans la durée et que la faune et la flore de ce site soient restaurées et protégées sur le long terme, au bénéfice des générations futures.
La ligne directrice de ce projet de parc naturel s’articule autour de la création de parcours de promenade et d’éducation, offrant aux visiteurs et aux Mauriciens la possibilité de découvrir l’une des plus grandes zones humides des Mascareignes, accompagnés par des guides formés.
Les promoteurs prévoient aussi de mettre en place un incubateur pour des start-up engagées dans l’innovation environnementale et un « hub » de recherche-développement, devant intéresser des étudiants au regard de la biodiversité du site. Des activités économiques en lien avec ces projets et favorisant le développement du village seront facilitées.
Depuis dix ans, plusieurs consortiums ou entreprises lorgnant l’attrait de ces 358 hectares de Wetlands ont soumis des demandes de développement immobilier auprès des autorités. À ce jour, aucun projet n’a abouti. Aujourd’hui, les actifs de la société Roches Noires Resort and Residence Ltd sont détenus par deux banques, la BPCE et ABSA. Ces dernières ont nommé comme administrateur Twaleb Butonkee, du cabinet Deloitte. Le Collectif a déjà communiqué à ces instances son intérêt pour la reprise du site.
Ce site, qui est d’un intérêt géologique majeur, comprend une zone classée écologiquement sensible (ESA) de première catégorie par le ministère de l’Environnement ainsi que d’autres marécages de diverses tailles, un barachois et des mangroves. Les marécages sont connus pour leur rôle dans la gestion des eaux pluviales et de filtration de ces eaux.
Puits de carbone bleu, les mangroves sont essentielles dans l’atténuation du changement climatique. Elles font partie des écosystèmes les plus efficaces pour absorber les émissions de gaz à effet de serre. Les racines des mangroves permettent la reproduction de nombreuses espèces, protègent le littoral et agissent comme des filtres naturels.
En tout cas, une initiative qui vaut son pesant d’or sur le front de la préservation de l’environnement et du patrimoine naturel.

