Environnement marin et côtier — Convention de Nairobi : Maurice prend la barre jusqu’en 2028

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Maurice reprend la barre et succède à la Tanzanie à la présidence du Bureau de la Convention de Nairobi. Son élection à l’unanimité a été annoncée vendredi dernier, lors de la 12ᵉ Conférence des Parties (COP12), à Dar es Salaam.  Le mandat couvrira la période 2026-28, et le pays accueillera la prochaine COP en 2028. La dernière présidence mauricienne remontait à 2007.

Le ministre délégué à l’Agro-industrie, à la Sécurité alimentaire, à l’Économie bleue et à la Pêche, Fabrice David, qui représentait le ministre de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique, Rajesh Bhagwan, a accepté cette fonction au nom du gouvernement mauricien. Le nouveau Bureau comprend également l’Afrique du Sud, à la vice-présidence chargée du programme de travail, Madagascar, responsable de la mobilisation des ressources, et le Kenya, chargé de la coordination.

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Des engagements aux projets concrets

À la suite de l’élection, Jeanne Lan, cheffe de cabinet au ministère de l’Environnement a remercié les Parties contractantes pour leur confiance et salué le travail du Bureau sortant. Elle a assuré que Maurice s’appuierait sur les acquis de son mandat pour favoriser la mise en œuvre du Programme de travail intégré 2025-2035 et du programme de travail de la Convention, en conciliant développement de l’économie bleue et conservation des écosystèmes marins et côtiers.

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La présidence mauricienne entend traduire les priorités régionales en actions concrètes, renforcer la mise en œuvre des engagements et mobiliser des financements durables. Elle souhaite également que les communautés côtières bénéficient des retombées des efforts de conservation marine et du développement de l’économie bleue. Cette démarche reposera sur des partenariats renforcés avec la société civile, le secteur privé, les institutions scientifiques et les partenaires internationaux, ainsi que sur les financements innovants, les transferts de technologie et le renforcement des capacités. L’ambition est de faire de la Convention davantage qu’une plateforme de dialogue et de consensus : un instrument d’action régionale, d’investissement et de gestion durable des océans.

Devant les chefs de délégation réunis au Julius Nyerere International Convention Centre, Fabrice David a, lui aussi, plaidé pour le passage des stratégies à des projets techniquement solides, susceptibles d’attirer des investisseurs et d’être reproduits. Avec une zone économique exclusive d’environ 2,2 millions de km², Maurice aspire à devenir un Big Ocean Sustainable State, un grand État océanique durable.

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Les perspectives évoquées couvrent la pêche et l’aquaculture durables, les énergies renouvelables d’origine marine, le tourisme océanique durable, le transport et le commerce maritimes, ainsi que la recherche, l’innovation et le renforcement des capacités.

Le financement, nerf de l’économie bleue

Pour concrétiser ce potentiel, Maurice a sollicité l’appui du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et de la Convention de Nairobi afin d’aider les petits États à préparer des dossiers susceptibles d’attirer les investisseurs et à accéder aux financements consacrés au climat, à la biodiversité et aux océans.

Fabrice David a insisté sur la nécessité de disposer de financements « adéquats et prévisibles », réunissant gouvernements, scientifiques, bailleurs de fonds, communautés et investisseurs privés responsables. Il a proposé trois chantiers : la science et les technologies, notamment l’observation des océans, le partage des données, l’intelligence artificielle et les systèmes d’alerte précoce ; la restauration des récifs, des mangroves et des herbiers marins face au changement climatique ; et le financement durable de l’économie bleue.

La coopération régionale a déjà contribué à renforcer la préparation et la réponse de Maurice aux déversements d’hydrocarbures. À travers les projets WIO-Lab, WIOSAP et SAPPHIRE, le pays a notamment révisé son plan national d’urgence en cas de pollution par hydrocarbures.

Une Stratégie nationale de l’économie bleue est également en préparation, parallèlement aux travaux sur le cadre législatif et institutionnel destiné à mobiliser les investissements.

La biodiversité marine au cœur des engagements

Autre démarche menée à Dar es Salaam : Maurice a signé, jeudi 8 octobre, par l’intermédiaire de Jeanne Lan, le Protocole sur la diversité biologique marine et côtière et les aires protégées dans la région de l’océan Indien occidental. Relevant de la Convention de Nairobi, ce texte vise à renforcer les dispositions juridiques en faveur de la conservation de la biodiversité et à les aligner sur les instruments internationaux existants.

Cette présidence intervient alors que la Convention de Nairobi célèbre ses 40 ans de coopération régionale. Établie sous l’égide du PNUE, elle a pour mission de protéger, de gérer et de développer durablement l’environnement marin et côtier de l’océan Indien occidental, notamment face à la pollution, à la dégradation des écosystèmes et aux enjeux liés à l’utilisation durable des ressources marines.

Officiellement ouverte jeudi 8 octobre par Deogratius Ndejembi, vice-président de la République-Unie de Tanzanie, la COP12 était placée sous le thème : « Vers une économie bleue durable dans la région de l’océan Indien occidental pour les populations et la nature : un voyage de 40 ans ».

 

 

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