Le ministre Bhagwan : « Les conséquences de cette pollution se retrouvent jusque dans notre assiette et notre verre, sous la forme de microplastiques et de nanoplastiques »
Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a appelé à une mobilisation concertée de l’État, des entreprises, des fournisseurs et des consommateurs afin d’accélérer l’adoption d’emballages plus respectueux de l’environnement. C’était hier, au Caudan Arts Centre, à l’occasion d’un atelier d’une journée intitulé One-day Joint Workshop on Buyers-Sellers Meet on Plastic Alternatives and Ozone Layer Protection, consacré aux alternatives au plastique et à la protection de la couche d’ozone.
Le ministre a abordé l’importance de préserver cette barrière naturelle, véritable parasol invisible qui protège la Terre contre les rayons ultraviolets, responsables notamment du cancer de la peau, de la cataracte et de l’affaiblissement du système immunitaire. Ces rayonnements peuvent également endommager les cultures et les écosystèmes.
Maurice, dit-il, peut se féliciter d’avoir respecté certains de ses engagements internationaux avec cinq ans d’avance. Dès 2005, le pays avait éliminé les chlorofluorocarbures (CFC), soit cinq ans avant l’échéance fixée aux pays en développement dans le cadre du Protocole de Montréal.
« Les importations d’hydrochlorofluorocarbures (HCFC) ont été réduites de 97,5 %, tandis que leur élimination complète est prévue pour 2030. Cette réussite est le fruit de l’engagement de l’État, conjugué à la collaboration des différentes parties prenantes et au soutien technique et financier des partenaires concernés. Le passage des fluides conventionnels à des réfrigérants respectueux de la couche d’ozone et du climat nécessite toutefois des efforts considérables », s’est-il appesanti.
Grâce aux formations dispensées, les réfrigérateurs et les congélateurs domestiques sont désormais respectueux de la couche d’ozone et du climat, a-t-il indiqué. La prochaine étape consistera à étendre progressivement cette transition aux secteurs commercial et industriel afin de faire de Maurice un modèle en matière de réfrigération durable.
Dans cette même perspective, le ministère accompagne les commerçants et les autres acteurs qui utilisent des emballages plastiques, ainsi que ceux qui développent ou proposent déjà des solutions de remplacement. L’objectif est de fédérer ces différents acteurs autour d’une démarche commune.
La pollution plastique constitue l’une des préoccupations environnementales les plus importantes à l’échelle internationale, après le changement climatique, en raison de son ampleur, de sa persistance et de ses conséquences transfrontalières.
Le secteur de l’emballage représente une source majeure de cette pollution. Environ 36 % des plastiques produits sont destinés à l’emballage, tandis que 85 % des contenants alimentaires et des boissons à usage unique finissent dans les décharges ou font l’objet d’une gestion inadéquate, a fait savoir le ministre.
« Les conséquences de cette pollution se retrouvent jusque dans notre assiette et notre verre, sous la forme de microplastiques et de nanoplastiques. Ces particules sont désormais présentes dans les milieux marins et d’eau douce, les sols, l’air et les aliments, y compris l’eau potable. C’est dans le but de faire avancer la recherche de solutions concrètes que cet atelier et cette exposition ont été organisés. La plateforme permettra aux participants d’échanger leurs connaissances, de découvrir les alternatives disponibles aux emballages alimentaires à usage unique et de dialoguer directement avec les fabricants et les fournisseurs locaux », fait valoir Rajesh Bhagwan.
Ces échanges devront également permettre d’aborder les défis et les possibilités liés à la production, à la distribution et à l’adoption de ces solutions. Le ministre a toutefois mis en garde contre les décisions prises dans la précipitation. D’après lui, il est essentiel d’éviter les solutions à très court terme qui ne seraient pas adaptées aux réalités locales.
« Ce que nous voulons, ce sont des solutions durables », a-t-il fait ressortir, soulignant que la lutte contre la pollution plastique exige une action coordonnée de l’État, de l’industrie, des fournisseurs, des acheteurs et des consommateurs.
Par ailleurs, Rajesh Bhagwan a invité les participants à profiter de cette rencontre pour nouer des contacts, partager leurs expériences, identifier des alternatives viables et raffermir la coopération entre acheteurs et vendeurs.
Le ministère souhaite ainsi faire de cet événement un levier pour accélérer l’adoption d’emballages plus durables, dans le cadre d’un effort plus large visant à promouvoir l’économie circulaire et à réduire la pollution plastique.
Rajesh Bhagwan a également évoqué le concept d’« intrapreneuriat environnemental », qui consiste à encourager les initiatives prises au sein même des organisations par les personnes qui y travaillent. « Si ces initiatives peuvent sembler modestes, elles jouent un rôle essentiel dans la transformation des pratiques professionnelles. Il s’agit notamment d’encourager les employés à prendre des initiatives, à montrer l’exemple, à innover et à concrétiser des idées susceptibles d’apporter une valeur ajoutée à leur entreprise », dit-il.
Le ministre de l’Environnement a indiqué que les traditionnels Environmental Awards pourraient également récompenser ce type d’initiatives. Il a ainsi encouragé les entreprises à innover dans plusieurs domaines, notamment la gestion des déchets, la réfrigération et la consommation électrique, afin de booster leur contribution à la protection de l’environnement.

