« On l’a dit et je le répète : Navin Ramgoolam est en train de détruire le Welfare State que son père avait construit. »
« Le Mauricien ne s’intéresse au syndicat, ne fait appel à lui, que quand il a des problèmes dans son travail. »
« Ce sont des gens pour qui les Mauriciens n’ont pas voté qui sont au pouvoir et prennent les décisions. »
Notre invitée de la semaine est la syndicaliste et principale négociatrice de la Confédération des Travailleurs des Secteurs Public et Privé (CTSP), Jane Ragoo. Elle partage son analyse sur la situation syndicale et ses critiques sur l’action gouvernementale, en soulignant que la CTSP ne roule pour personne, et avec quelques remarques bien senties à son ancien collègue devenu ministre de la Sécurité Sociale.
O La dernière fois que je suis venu vous voir, le siège de la CTSP était dans une petite maison transformée en bureau. Aujourd’hui, c’est un bloc de trois étages avec bureaux, salles de réunions, etc. En se basant sur ce développement, est-ce qu’on peut dire que le syndicalisme progresse à Maurice ?
— Oui en ce qui concerne la CTSP. Au départ, nous partagions avec la FPU – qui s’occupait du secteur paraétatique, alors que nous le secteur privé – un petit bureau. Il faut savoir qu’il y a à Maurice 450,000 employés dans le secteur privé et 100,000 dans le secteur gouvernemental – ministères et corps paraétatiques. Ce dernier secteur est bien loti avec un unique employeur, l’État, et le PRB qui revoit les salaires tous les 5 ans, tandis qu’il existe dans le privé des centaines d’employeurs et 32 lois. À un moment donné, nous avons pris notre indépendance et avons contracté un loan bancaire pour acheter une maison de quatre chambres qui est devenu, petit à petit, le bâtiment de trois étages d’aujourd’hui. Tout cela sans donations étrangères, sans subventions gouvernementales, juste avec les contributions des travailleurs.
O Est-ce qu’en général, en 2026, le syndicalisme intéresse le Mauricien qui se syndique naturellement ?
— C’est de moins en moins le cas. Je suis dans le monde syndical depuis des années et je constate qu’il n’y a pas eu de grand changement. Le Mauricien ne s’intéresse au syndicat que quand il a des problèmes dans son travail. Il ne réalise pas, ou a oublié, que sans les syndicats, on n’aurait pas obtenu le salaire minimum national après des années de lutte et 10 jours de grève de la faim, en 2017. Avant, il y avait différents salaires minimums de Rs 1,500, de Rs 4,500 ou Rs 4,800 par mois. Le salaire minimum obtenu qui était de Rs 9,000 est aujourd’hui passé à Rs 17,445. Le syndicat, c’est un mouvement humain qui n’est pas divisé en termes de race, couleur, religion, mais se bat pour défendre les droits et pour faire avancer la cause des travailleurs. Cette cause est comprise par ceux qui sont âgés de plus de 50 ans, pas des plus jeunes. La nouvelle génération est née avec une cuillère en argent dans la bouche. Elle n’est pas au courant des combats qu’il a fallu mener, dont des grèves de la faim, pour améliorer les conditions de travail à Maurice.
O Que faudrait-il faire pour intéresser les jeunes au syndicalisme, à son histoire à Maurice ?
— Laissez-moi tout d’abord dire qu’il faut qu’ils se lancent d’eux-mêmes dans la lutte, comme les femmes ont appris à le faire. Avant, les femmes ne se syndiquaient pas, c’étaient les hommes qui le faisaient. Aujourd’hui, l’exécutif de la CTSP est composé de plus de femmes que d’hommes : 6 femmes et 3 hommes, alors que le Conseil des ministres de Maurice, qui a 25 membres, ne compte que 2 femmes ! Aujourd’hui, il y chez nous environ 25 femmes qui peuvent animer au pied levé une conférence de presse. Mais tout cela ne s’est pas fait en un jour, nous avons pris le temps de former les femmes, de leur donner les informations nécessaires pour leur apprendre à discuter, argumenter, contester et faire valoir leurs idées. Il faut que les jeunes s’organisent, s’intéressent, apprennent à défendre leurs droits, et se rendent compte que le syndicalisme est fait pour ça : pour réunir les travailleurs dispersés et isolés pour en faire une force. Ils doivent mobiliser en utilisant les outils et le langage d’aujourd’hui pour mener le combat pour le respect de leurs droits, qui vont être de plus en plus difficiles à défendre dans le monde que nous vivons.
O Est-ce correct de dire que la CTSP avait plus de points communs avec le gouvernement MSM qu’avec celui de l’Alliance du Changement ?
— Oui et non. Beaucoup nous ont traité de chatwas du MSM en oubliant certains faits qu’il est important de rappeler. C’est en 2008, sous un régime travailliste, que la loi du travail a été changée, permettant au patronat de licencier ses employés quand il le voulait, et sans compensation. C’était le temps du hire and fire de Sithanen, des facilités pour faire le business et ouvrir le pays aux entrepreneurs étrangers. La CTSP s’est mobilisée et a mené le combat pendant des années pour faire changer cette loi. Nous avons continué le combat quand il y a eu changement de gouvernement en 2014, et c’est sous le gouvernement MSM que nous avons fait la grève de la faim qui a abouti au salaire minimum en 2018 et au changement de la loi en 2019 avec le Workers Rights Act. Vous croyez que des chatwas du MSM auraient fait ça ? Il y a eu un certain malentendu quand la CTSP a dit, en 2014 qu’il soutiendrait le gouvernement qui changerait la loi du travail, ce que le MSM a été forcé de faire. Ce qui nous motive, c’est l’intérêt des travailleurs, point à ligne. La CTSP n’est le chatwa d’aucun parti politique. Nous l’avons dit et nous le répétons : nous soutiendrons les gouvernements qui défendront les droits et intérêts des travailleurs.
O Le mouvement syndical a été marqué ces dernières années par les dissensions entre syndicats au point où on ne l’entendait plus. Et puis, avec le report de la pension, l’année dernière, le gouvernement de l’Alliance a réussi l’exploit – certains parlent d’utilisation de sérums à haute dose – de refaire l’unité du syndical contre lui.
— C’est vrai que le gouvernement a réussi à faire ce qui paraissait impossible : réunir le secteur public et le secteur privé syndical contre lui. Avec nos actions et manifestations, avec l’aide de beaucoup d’autres organisations, nous avons obligés le gouvernement à rétablir l’âge de la pension à 60 ans, mais avec plein de discriminations. On l’a dit et je le répète : Navin Ramgoolam est en train de détruire le Welfare State que son père avait construit.
O Mais Ramgoolam fils et son gouvernement ne cessent de répéter qu’il faut revoir les conditions de la pension parce que les caisses de l’État sont vides.
— Si les caisses étaient vides, s’il n’y avait pas d’argent, comment est-ce que le gouvernement peut débourser Rs 20 millions pour la maison personnelle du Président de la République ? Comment peut-on dépenser Rs 30 millions pour une voiture du PM ? Ou trouve-t-on l’argent pour payer les salaires des nominés politiques si les caisses sont vides ? La thèse de la caisse vide vient de ceux qui, malgré ce qu’ils disent, profitent du système. Comme certains hauts fonctionnaires bien au chaud dans leurs bureaux qui ne se rendent pas compte que pour beaucoup de Mauriciens, la pension est l’unique moyen de survivre. Comment se fait-il que quand on est dans l’opposition, on explique qu’on a les solutions de tous les problèmes, mais que comme on arrive au gouvernement, on trouve que les problèmes sont insurmontables ? Le changement promis n’aura duré que quelques semaines, quand on a cru sentir un air de liberté régner sur le pays où l’on pouvait dire ce que l’on pensait. Il n’a duré que jusqu’à ce que, par une seule ligne dans le budget, l’âge de la pension était reporté sous les applaudissements des députés qui avaient promis le changement ! Depuis, les Mauriciens se sont aperçus que le gouvernement a surtout réalisé ce qu’il n’avait pas promis. Il y a de l’argent chez les super riches, on pourrait les taxer pour mieux partager, mais on préfère ne pas le faire pour affamer le peuple. Et que, malgré tous les efforts des ONG, il y a encore des poches de misère noire dans le pays où ceux d’en bas de l’échelle continuent à s’appauvrir, tandis que ceux qui sont en haut ne font que s’enrichir en bénéficiant des incentives du gouvernement. Je ne crois pas que ce gouvernement reviendra sur ce qu’il a fait, mais cela ne nous empêchera pas de continuer notre travail de mobilisation et de manifestation. Et quand le temps des élections sera arrivé, nous allons redire que nous allons soutenir le gouvernement qui reverra la pension et travaillera pour le bien-être des travailleurs, c’est-à-dire la majorité des Mauriciens.
O Un nouveau sujet fait maintenant partie des revendications syndicales : les droits des travailleurs étrangers. Qu’est-ce qui fait que ce sujet fasse aujourd’hui l’actualité ?
— Tout simplement parce qu’un règlement dans la loi du Travail les concernant a été éliminé par l’actuel gouvernement. Avant, une entreprise devait avoir au moins 3 Mauriciens pour employer un étranger pour 3 ans. Ce quota a été éliminé alors que, juste avant les élections, un certain Subron, qui était alors syndicaliste, avait manifesté pour que le quota soit respecté ! Non seulement le quota a été éliminé, mais un travailleur étranger peut maintenant rester 10 ans à Maurice, mais ne peut ni se marier ni faire des enfants. Ce qui cause plus de problèmes aux travailleuses qu’aux travailleurs étrangers et peut conduire à des drames humains comme celui de deux Malgaches tombées enceintes et bloquées ici par le Covid. Elles ont dû accoucher à Maurice et faire un séjour en prison, avec leurs bébés, en attendant la reprise du trafic aérien. Nous nous occupons des travailleurs étrangers depuis des années, depuis la première manifestation des ouvrières chinoises. Nous avons obtenu la création d’une Migrant Unit en 2008, 2009 quand nous nous sommes rendus compte que les cas des travailleurs étrangers n’allaient pas en Cour en raison de multiples problèmes.
O Est-ce que la situation des travailleurs étrangers s’est beaucoup dégradé, ces dernières années ?
— Oui et le problème c’est la manière dont ils sont maintenant recrutés. Autrefois, ils arrivaient grâce à un permis délivré par le ministère du Travail pour un contrat de 3 ans. Aujourd’hui, ils arrivent à travers l’Economic Development Board (EDB). Autrefois, le salaire du travailleur étranger devait être d’au moins Rs 50,000 par mois. L’actuel ministre du Travail a fait baisser cette somme à Rs 30,000 pour des raisons qu’il n’a pas données. Mais la réalité c’est que ce barème n’est pas respecté puisque nous avons actuellement le cas d’un travailleur phillippin qui a été recruté par une grosse compagnie locale de restauration à travers l’EDB, qui travaille de 9h du matin à 10h du soir et dont le salaire est de Rs 22,500. Et quand nous saisissons le bureau du Travail, l’EDB n’envoie même pas un représentant aux réunions! On vient d’apprendre qu’un travailleur étranger – supposé être un carer (un soignant) pour une famille mauricienne – passait la nuit avec un membre de la famille qui était hospitalisé !
O Quel est le problème dans le cas de ce carer ?
— Il n’existe à Maurice aucun règlement légal concernant l’emploi des carers étrangers. Je suppose que celui dont nous parlons a dû obtenir un permis spécial d’un ministre usant de ses prérogatives. C’est une pratique que nous avons dénoncée en nous appuyant sur les lois internationales du travail, concernant les foreign domestic workers, dont Maurice est signataire.
O Nous savons tous qu’il y a pas mal de carers étrangers qui travaillent à Maurice. Ils ne sont pas protégés par la loi ?
— Pas encore. Suite à nos revendications, le ministre nous a promis la publication d’une regulation, mais cela n’a pas encore été fait jusqu’à présent. Nous ne voulons pas que les travailleurs étrangers soient, comme c’est le cas dans des pays du Golfe, maltraités, martyrisés, enfermés. Mais il y a plus grave : il y avait, dans une section du Workers Act, une clause concernant les labour contractors, que l’on peut traduire en kreol par marchands esclaves. Nous avons protesté et obtenu une rencontre avec le ministre du Travail et le PM d’alors pour demander que cette clause soit revue. Il a refusé, avant de nous envoyer une lettre, par la suite, pour nous dire que nous avions raison et que son gouvernement n’irait pas de l’avant avec la clause en question. Juste avant le budget de cette année, le Conseil des ministres du nouveau gouvernement a approuvé la fameuse clause concernant les labour contractors ! Pourquoi, alors qu’il y a des règlements du ministère du Travail et l’EDB pour le recrutement des travailleurs étrangers, faut-il créer des labour contracters ? Pourquoi faut-il ce nouvel intermédiaire entre le travailleur et l’employeur ? À qui profite ce nouveau système approuvé par le gouvernement ? Qui touchera des commissions sur le dos des travailleurs, qui est soutiré ? Nous avons déjà écrit aux organisations internationales et allons entreprendre des démarches pour contester cette loi qui a été déjà voté.
O Pourquoi est-ce que le ministre du Travail s’est focalisé sur cette question au point de demander publiquement : pour qui roule la CTSP ?
— J’ai compris que le ministre du Travail est en colère parce qu’on l’a qualifié de marchand d’esclaves. Je vais lui répondre. La CTSP roule pour les travailleurs qui n’ont pas accès au ministre, alors que les patrons obtiennent des rendez-vous sur un simple coup de téléphone. La CTSP roule pour les employés du secteur éducatif pour les besoins spéciaux, qui ne sont pas payés. Nous roulons pour les 4,000 employés du pré-primaire dont les emplois sont menacés. Nous roulons pour ceux qui ont besoin de nous et dont les voix ne sont pas entendues, les protestations non considérées et qui subissent l’injustice.
O Quel est le problème de ces 4,000 employés des écoles pré-primaires dont on parle de plus en plus, ces jours-ci ?
— Ils sont les victimes de la politique effacer, refaire que pratique le gouvernement. En 2023/2024, le précédent gouvernement avait décidé de prendre en charge les écoles pre-primaires, les tilékols. Mais il a fait une erreur en nommant des managers avec un salaire de Rs 35,000, des enseignants à Rs 22,000 etc., et en forçant les tilékols à les employer. Le gouvernement actuel veut annuler cette décision en abolissant le poste de manager et d’assistant pour les écoles ayant 20 élèves. Des 400 tilekols existant, 117 ont moins des 20 élèves. Cela veut dire qu’il faut licencier 117 managers et 117 assistants managers. Nous avons soulevé le problème avec le ministre de l’Éducation depuis l’année dernière. Il nous a dit que nous avions raison et qu’il fallait trouver une solution, et nous a demandé de soumettre des propositions. Nous avons soumis un papier fin janvier, n’avons pas encore eu de réunion jusqu’aujourd’hui, et nous avons appris que le Conseil des ministres avait déjà approuvé le plan du ministre. Nous avons dû fait un forcing pour obtenir une rencontre avec le ministre.
O Si je vous ai bien suivi, votre syndicat doit protester, manifester, mettre la pression pour obtenir une réunion, et faire avancer les choses à chaque fois ?
— Oui, c’est un combat de tous les instants. Figurez-vous que la réunion avec le ministre de l’Éducation a été renvoyée parce qu’on nous a dit que les Finances étaient en train d’étudier nos propositions. Tout est en bas la haut : c’est après avoir pris et annoncé une décision qu’on étudie ses implications. Je ne sais pas qui sont ces super experts qui donnent des conseils pareils aux ministres et au gouvernement, et le Premier ministre a le toupet de venir dire et répéter « Mauriciens pas comprend ! » Est-ce qu’il ne se rend pas compte du climat de mécontentement qui existe dans le pays contre son gouvernement, après seulement un an et demi ? Il lui reste trois ans encore : il est temps d’écouter le bon sens et la voix du peuple, nom de Dieu !
O Est-ce que de votre point de vue, il y a une solution à ce problème ?
— Le Bureau International du Travail dit que ce sont ceux qui travaillent avec les travailleurs, à la base, sur le terrain, qui comprennent la situation, et ont des solutions. Mais ceux qui gouvernent ne les écoutent pas et préfèrent écouter les experts et les high profile officers qui n’ont pas la volonté de régler les problèmes puisqu’ils profitent des situations de crise.
O Est-ce que cette situation découle d’une volonté politique ou du fait des high profile officers et autres experts du gouvernement ?
— Heureusement que tous les high profile officers du gouvernement ne sont pas comme ça ! J’ai eu l’occasion de travailler avec certains de l’Éducation qui, non seulement comprennent le dossier mais, essayent de trouver des solutions. Cependant, il faut préciser que ce sont des retraités qui sont revenus travailler parce d’autres hauts responsables sont – il n’y a pas d’autre mot – des paresseux qui n’ont rien fait pour trouver des solutions dans le cas du problème du pré-primaire, qui dure depuis des mois. On sent derrière tout ça un blocage, des intérêts qui font que les décisions sont prises à un autre niveau que le Conseil des ministres, comme l’a dit le ministre Biberon.
O Kisenla sa ?
— C’est le surnom que Reaz Chuttoo a donné, avec raison, au leader de R&A : Ashok Biberon !
O Je ne suis pas sûr qu’il appréciera ! Avez-vous le sentiment que faire votre travail de syndicaliste est plus difficile aujourd’hui ?
— C’est une vraie question, et la réponse est oui. C’est plus difficile avec tous les dossiers en attente au ministère. Il faut pratiquement déclencher une grève de la faim, comme l’a fait Atma Shanto, pour que le ministre arrive à faire les patrons assister à une réunion. Parce que les patrons ne respectent pas les procédures ou s’arrangent pour les retarder devant les institutions. Il est encore extrêmement difficile d’obtenir une reconnaissance syndicale avec une série de procédures qui sont, en fait, des obstacles. Ces procédures sont un parcours du combattant qui peut durer des mois et sont un des facteurs qui découragent les jeunes à se syndiquer. Face à tout ça, nous serons obligés de prendre notre matelas et d’aller faire grève de la faim au Jardin de la Compagnie pour régler les problèmes, nous faire entendre et, surtout, faire respecter la loi du Travail. La pression de la rue est nécessaire pour faire aboutir les revendications parce que l’actuel gouvernement ne dialogue pas et on sent bien que, malgré sa bonne volonté, l’actuel ministre du Travail n’a pas le pouvoir, qui est dans la main d’un groupe contrôlant le pays. Nous avons un État dans l’État et un cabinet de ministres qui fonctionne comme un rubber stamp. Ce sont des gens pour qui les Mauriciens n’ont pas voté qui sont au pouvoir et qui prennent les décisions. Alors qu’il était encore syndicaliste, Ashok Subron, qui connaissait bien le dossier du Travail, était en faveur de l’élimination de l’Economic Development Board. Aujourd’hui, Subron est au gouvernement et l’EDB est toujours là, plus fort que jamais. Avant, Subron disait qu’il marchait avec son programme gouvernemental dans son sac ; aujourd’hui, il ne porte plus de sac, mais change de kurtas tous les jours !
O Comment souhaitez-vous conclure cette interview ?
— Les Mauriciens ont eu suffisamment de leçons pour savoir qu’ils doivent, aux prochaines élections, voter avec intelligence pour des personnes capables plus que pour des partis. Ils n’ont qu’à voir où le vote bloc a conduit le pays. Les travailleurs doivent rester mobilisés, faire bloc derrière leurs syndicats : c’est la seule manière de défendre la cause des travailleurs, leur cause. Et je redis que la CTSP n’est pas le chatwa d’aucun parti ou d’aucune alliance politique.
Jean-Claude Antoine

