Jayen Chellum (ACIM) : « Le GM appauvrit la population pour remplir ses caisses »

L’inflation, les augmentations en cascade et le maintien du prix élevé des carburants, entre autres, affectent considérablement la qualité de vie des Mauriciens. L’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) déplore l’absence de réaction du gouvernement devant toutes ces difficultés et estime que c’est un moyen de remplir les caisses. Par ailleurs, Jayen Chellum, le porte-parole, s’interroge sur la qualité des produits alimentaires commercialisés par la State Trading Corporation (STC), après l’infestation de 950 tonnes de riz.
Le coût de la vie a pris l’ascenseur depuis l’année dernière et des Mauriciens peinent à joindre les deux bouts. Tel est le constat du secrétaire général de l’ACIM. « L’année dernière, dans le budget, il a été dit qu’on allait relancer la croissance et la consommation. La question qui se pose est de savoir si c’est la consommation qui allait relancer l’économie ? » se demande-t-il.
Cette question est d’autant plus légitime, d’après lui, car peu de temps après, le gouvernement est venu de l’avant avec l’abolition des subsides accordés sur des produits de consommation de base avec l’introduction du Maximum Mark-Up. « C’est ainsi que nous avons constaté que les prix de certains produits ont pris l’ascenseur. Le dholl-puri est ainsi passé de Rs 15 à Rs 20-25, parce que l’huile comestible avait augmenté. Sans compter que la roupie a connu une dépréciation », fait-il encore ressortur.
Jayen Chellum revient sur les prix des produits pétroliers, maintenus à un niveau élevé, en dépit d’une dégringolade sur le marché mondial. « Le gouvernement est même venu avec un amendement à la loi, avant la dernière réunion du Petroleum Pricing Committee, pour lui permettre légalement de maintenir le prix haut, si le Price stabilisation Account est déficitaire. Quelle transparence y a-t-il à ce sujet ? Doit-on toujours se fier à ce que dit le directeur de la STC ? » dénonce-t-il.
À cette équation sont venus se greffer les nouveaux tarifs d’électricité. « Face à tout cela, quelle conclusion devons-nous tirer ? Est-ce que nous sommes en train de faire croître les recettes à travers les augmentations de prix ? Est-on en train d’appauvrir la population pour remplir les caisses ? » s’interroge-t-il ;
Par ailleurs, Jayen Chellum a fait des commentaires sur la qualité des produits commercialisés par la STC, après l’épisode des 38 000 sacs de riz. À une interpellation du député Eshan Juman à l’Assemblée nationale mardi, le ministre du Commerce, Soodesh Callichurn, a confirmé que lors d’un exercice de Sampling par le Mauritius Standards Bureau, des insectes ont été relevés dans un lot de 950 tonnes de riz, soit 38 000 sacs.
Suite à cela, l’Entomology Division du ministère de l’Agro-industrie a procédé à un épandage de Phostoxin dans l’entrepôt, ainsi qu’à une fumigation, afin de limiter la prolifération des insectes. « La question qui se pose aujourd’hui : est-ce que ce riz est toujours propre à la consommation ? Combien de temps faudra-t-il attendre avant de mettre ce riz sur le marché ? Quelles sont les répercussions possibles sur la santé ? Il faut éclairer la population à ce sujet », ajoute-t-il.
Jayen Chellum évoque également un autre incident, qui sème le doute sur les produits commercialisés par la STC. Il cite l’exemple d’un consommateur, qui a trouvé dans le commerce, deux sachets de farine, provenant du même batch, mais avec deux dates de péremption différentes. « Nous avons demandé des explications à la STC et on nous a dit que la compagnie chargée de l’empaquetage a fait une erreur d’impression. Cela porte à confusion. Il faut rassurer la population », fait-il comprendre .
L’ACIM ajoute qu’elle était favorable au fait que la STC se lance dans l’importation de produits alimentaires, suivant la flambée de prix sur le marché, mais souhaite que les normes de qualité soient respectées.

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