Journée de la culture rodriguaise : Le PM annonce une législation pour la reconnaissance aux artistes

Ramgoolam fera le déplacement à Rodrigues le 12 octobre prochain en tant que Chief Guest des célébrations

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« La culture transcende les différences. Elle est l’âme d’une nation », a déclaré le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l’occasion de la Journée de la culture rodriguaise, célébrée, hier, au Centre Nelson Mandela pour la culture africaine, à La-Tour-Koenig. Profitant de cette manifestation, il a annoncé la préparation d’une législation destinée à accorder un véritable statut et une meilleure reconnaissance aux artistes mauriciens.

Il a également défendu la liberté d’expression face aux manifestations contre la réforme des pensions, estimant que les protestataires devraient plutôt « manifester devant la porte des dirigeants de l’ancien gouvernement ».

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La Journée de la culture rodriguaise a réuni un large public venu célébrer les traditions, la gastronomie, l’artisanat et les expressions artistiques de Rodrigues. Aux côtés du Premier ministre se trouvaient notamment la Deputy Prime Minister, Marie Arianne Navarre-Marie, le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gondeea, le chef commissaire de Rodrigues, Franceau Grandcourt, ainsi que la représentante permanente de Maurice auprès de l’UNESCO, Jasmine Toulouse.

Le Père Luc René Young Chen Yin, qui avait agi comme administrateur apostolique du vicariat apostolique de Rodrigues et qui est en vacances à Maurice après avoir repris ses fonctions à Hong Kong, était aussi présent.

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Navin Ramgoolam a d’entrée fait ressortir que le séga tambour est inscrit depuis 2017 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, une reconnaissance internationale qui témoigne, selon lui, de la richesse du patrimoine rodriguais.

Il a souligné le rôle historique du Centre Nelson Mandela dans la promotion du patrimoine africain et a rendu hommage à l’ancien président sud-africain Nelson Mandela pour son combat en faveur de la liberté et de la dignité humaine.

« Ces activités renforcent l’unité nationale et le vivre-ensemble. La culture n’est pas incompatible avec l’intégration sociale. Au contraire, elle transcende les différences et constitue l’âme d’une nation », s’est-il appesanti.

Au sujet du statut des artistes, le Premier ministre dira que « nous introduirons une législation afin de donner une véritable reconnaissance aux artistes. » Il a déploré les nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les organisateurs de spectacles.

« Aujourd’hui, pour organiser un concert, il faut parfois obtenir une quinzaine de permis différents. Ce n’est pas normal », s’insurge-t-il. Il a également regretté les obstacles administratifs empêchant l’organisation de spectacles dans certaines infrastructures, notamment au J&J Auditorium, affirmant qu’il est temps « de prendre les décisions qui s’imposent ».

Pour Navin Ramgoolam, l’économie créative ne se limite pas à la musique ou à la danse, mais englobe également l’artisanat, la gastronomie, le patrimoine et toutes les industries culturelles. Il a par ailleurs félicité Chrysèle de Spéville pour son engagement en faveur de la culture.

Le chef du gouvernement s’est également réjoui de la forte représentation rodriguaise dans la sélection nationale des Jeux de la Francophonie de 2027. Sur les 17 groupes présélectionnés par le ministère des Arts et de la Culture dans les disciplines artistiques, neuf proviennent de Rodrigues.

Il a également annoncé le renouvellement du protocole d’accord (MoU) entre le ministère des Arts et de la Culture et l’Assemblée régionale de Rodrigues afin de renforcer les échanges culturels, la sauvegarde du patrimoine ainsi que la promotion de la gastronomie et des savoir-faire traditionnels de l’île.

Le Premier ministre a longuement salué ce qu’il qualifie de « résilience rodriguaise ». Il a raconté l’histoire d’un Rodriguais qui, estimant que les autorités tardaient à installer un poteau électrique indispensable à son raccordement, avait décidé de transporter lui-même le poteau. « Est-ce que vous verrez un Mauricien accomplir une telle prouesse ? Jamais. Il préférera manifester. C’est une mentalité qu’il faudra changer », a-t-il lancé.

Le Premier ministre a aussi salué la fermeté des autorités rodriguaises dans leur lutte contre l’implantation de chaînes de restauration rapide, estimant que cette politique contribue à préserver les habitudes alimentaires et la santé de la population.
Évoquant la conjoncture internationale, Navin Ramgoolam a dressé un tableau préoccupant de l’économie mondiale.

Il a rappelé que les conflits en cours continuent d’affecter les chaînes d’approvisionnement, entraînant des pénuries de fertilisants, des tensions sur les prix des carburants et une hausse des coûts alimentaires. « Nous n’avons aucun contrôle sur cette guerre, mais nous en subissons les conséquences », a-t-il confié, en ajoutant qu’« il faut regarder la réalité en face ».

Interrogé par la presse sur la marche organisée samedi à Port-Louis contre la réforme des pensions, le Premier ministre a réaffirmé son attachement aux libertés démocratiques. « Mo pa pe fer kouma ansien rezim anpes dimounn, proteste. La liberté d’expression est garantie par la Constitution », a-t-il déclaré, réitérant que :« zot kapav fer. Nou dan enn pei demokratik. »

Il a toutefois estimé que les organisateurs des manifestations auraient dû diriger leur colère vers les dirigeants de l’ancien gouvernement qui sont responsables de la situation économique actuelle. « Aujourd’hui, tout le monde est devenu économiste. Mais nous payons les conséquences de l’irresponsabilité de l’ancien gouvernement. C’est devant leur porte qu’ils devraient manifester », a-t-il affirmé.

Concluant son intervention, Navin Ramgoolam a lancé un appel à l’unité nationale en affirmant que « c’est dans l’unité que nous pourrons surmonter les difficultés et construire l’avenir. »

Tout au long de la journée, les visiteurs ont découvert les richesses de Rodrigues à travers une exposition-vente de produits artisanaux et gastronomiques mettant en valeur les piments, les achards, les tourtes, les gâteaux manioc et patate, le riz maïs, le cari ourite, les poissons et fruits de mer ainsi que de nombreuses autres spécialités culinaires de l’île.

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