Après les interrogations soulevées par la députée Joanna Bérenger concernant un mur de protection sur le littoral de La Preneuse, les ministères de l’Environnement et du Logement et des Terres apportent des précisions sur les autorisations accordées et les travaux réalisés. Le ministère de l’Environnement affirme, à l’issue d’une inspection effectuée le 28 octobre, que les travaux de réhabilitation sont conformes aux autorisations délivrées.
En début de semaine, Joanna Bérenger avait interpellé les autorités sur l’aménagement d’un mur, s’interrogeant notamment sur le maintien du passage public sur la plage et sur l’existence d’une éventuelle EIA Licence. Elle rappelait que la construction de murs de protection côtière figure parmi les activités visées par la sixième annexe de l’Environment Act 2024. « La population veut des actions. L’impunité ou la politique bous lizie n’est pas une option », avait-elle déclaré, dénonçant ce qu’elle considère comme un possible empiètement sur le domaine public.
Depuis, le dossier du mur de protection situé au Lot 7A, à La Preneuse, a connu plusieurs rebondissements depuis le passage du cyclone Belal, en janvier 2024. Dans un communiqué à la suite des interrogations soulevées sur cet aménagement du littoral, le ministère de l’Environnement retrace les différentes étapes du dossier, depuis la demande initiale jusqu’à la récente inspection du site.
Selon le ministère, une demande a été reçue le 20 août 2024 de M. Dajee pour des travaux urgents de réhabilitation du mur de délimitation de sa propriété, endommagé lors du passage du cyclone. Après une visite du site, le 29 août 2024, en présence notamment de représentants du ministère du Logement et des Terres et du Conseil de district de Rivière-Noire, une autorisation a été délivrée le 5 novembre suivant.
Celle-ci imposait la construction d’un mur incliné et perméable, à l’intérieur des limites de la propriété. Le ministère précise que cette autorisation avait été accordée en vertu du point 35 de la sixième annexe de l’Environment Act 2024, qui prévoit une disposition pour les travaux urgents de réhabilitation après des intempéries.
Un premier mur jugé non conforme
Le dossier prend toutefois une autre tournure en février 2025. À la suite de plaintes reçues par les ministères de l’Environnement et du Logement et des Terres, le promoteur est sommé d’arrêter les travaux. Selon le ministère de l’Environnement, le mur construit était vertical et non perméable, contrairement aux conditions de l’autorisation initiale. Le projet approuvé visait notamment à minimiser la réflexion des vagues sur les infrastructures existantes.
Le ministère relève également que les travaux étaient réalisés sans Planning Clearance ni Building and Land Use Permit. Le promoteur est alors invité à prendre des mesures correctives afin de prévenir, réduire ou éliminer les effets négatifs du projet sur l’environnement. Le 11 juillet 2025, il soumet une proposition prévoyant la construction d’un mur perméable constitué de roches imbriquées devant le mur vertical en béton.
Cette solution est examinée lors d’une réunion technique réunissant plusieurs instances, dont le ministère du Logement et des Terres, le département chargé du plateau continental et de l’administration des zones maritimes, le bureau de l’Attorney General et la Police de l’environnement. La proposition est rejetée, car le nouvel ouvrage aurait empiété sur le domaine public. Les parties privilégient alors la démolition du mur vertical et la construction d’un mur incliné et perméable à l’intérieur des limites de la propriété.
Après des échanges avec le promoteur, une proposition révisée est soumise le 29 septembre 2025. Elle prévoit la démolition du mur en béton et la construction d’un nouvel ouvrage côté terre, au-dessus de la laisse de haute mer. L’autorisation environnementale pour ces mesures correctives est délivrée le 16 octobre 2025.
Les autorités constatent la conformité des travaux
Dans un communiqué distinct, le ministre du Logement et des Terres Shakeel Mohamed précise que le Lot 7A est un terrain de l’État de 1 583,65m² faisant l’objet d’un Campement Site Lease accordé à la société Melwood. Il indique qu’une Planning Clearance a été délivrée le 16 décembre 2025 pour la démolition du mur vertical et son remplacement par un mur incliné et perméable. Le Conseil de district de Rivière-Noire a, pour sa part, émis un Building and Land Use Permit le 28 juillet 2026.
Le ministère de l’Environnement indique que les mesures correctives ont été réalisées en octobre 2026. Une visite conjointe a été effectuée le 28 octobre avec des représentants des ministères du Logement et des Terres, de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et des Pêches, ainsi que du Conseil de district de Rivière-Noire.
Les observations font état d’un mur incliné et perméable côté terre, d’un passage public libre le long du rivage à marée montante et d’une plage stable devant les propriétés voisines. Du mortier a toutefois été utilisé partiellement entre les espaces des couches intérieures de roches afin d’assurer la stabilité de l’ouvrage.
Le ministère du Logement et des Terres a confirmé que les conditions de la Planning Clearance avaient été respectées et que le mur avait été construit au-dessus de la laisse de haute mer, à l’intérieur de la propriété. Le Conseil de district a également confirmé la conformité du mur aux conditions approuvées. Les services des pêches indiquent, par ailleurs, n’avoir reçu aucune plainte du public pendant les travaux. Sur la base de ces constatations, le ministère de l’Environnement estime que les travaux respectent les conditions des autorisations délivrées.
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Par ailleurs, le ministre du Logement et des Terres précise que les questions relatives aux licences environnementales ne relèvent pas de sa compétence. Il affirme néanmoins qu’il continuera à suivre le site avec les autorités concernées, dans le respect des conditions du bail et des autorisations délivrées. Si les autorités concluent aujourd’hui à la conformité du mur réhabilité, la question de la licence environnementale initialement requise et du cadre juridique applicable aux différentes phases du projet demeure au cœur des interrogations soulevées autour de cet aménagement côtier.

