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Suttyhudeo Tengur (APEC) : « C’est une hausse brutale qui exige de la transparence et des mesures compensatoires »
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Nishal Joyram : « Rs 1 milliard d’économie… et 10% de hausse à la pompe ! »
On l’avait vu venir. Suite à la décision prise, vendredi, par le Petroleum Pricing Committee (PPC), le prix de l’essence est passé de Rs 64,25 à Rs 70,65 le litre, tandis que celui du diesel reste à Rs 71,25 le litre. Rappelons que lors de la précédente réunion du PPC, le 15 avril, une majoration avait été appliquée aux deux carburants. Le prix de l’essence était alors passé de Rs 58,45 à Rs 64,25 le litre, tandis que celui du diesel avait augmenté de Rs 64,80 à Rs 71,25. Le comité a brandi l’évolution des cours mondiaux des deux produits, ainsi que le déficit estimé à Rs 3,50 MD du Price Stabilisation Account (PSA), pour justifier cette hausse. La pilule passe mal du côté de certains observateurs, à l’instar de Suttyhudeo Tengur, président de l’Association pour la Protection de l’Environnement et des Consommateurs (APEC) qui évoque une éventuel effet domino sur le transport, la distribution et les prix à la consommation. « C’est une hausse brutale qui exige de la transparence et des mesures compensatoires », dit-il.
« L’augmentation du prix de l’essence de Rs 64,25 à Rs 70,65 le litre, soit Rs 6,40 ou près de 10% en une seule décision, constitue un choc majeur pour les consommateurs mauriciens. Depuis avril 2026, le prix est ainsi passé de Rs 58,45 à Rs 70,65, représentant une hausse cumulée de Rs 12,20 par litre, soit près de 21% », ajoute Suttyhudeo Tengur. Cette décision, dit-il, intervient « alors que les ménages subissent déjà la hausse des prix alimentaires, des tarifs d’électricité, des intérêts bancaires et de nombreux services essentiels. Pour une famille achetant 50 litres d’essence par mois, la dernière hausse représente Rs 320 supplémentaires, et Rs 610 de plus par rapport au prix d’avril. L’essence n’est pas un produit de luxe. Elle permet aux salariés de se rendre au travail, aux parents de conduire leurs enfants à l’école et aux petites entreprises d’assurer leurs activités. »
L’APEC demande au gouvernement et au PPC de publier immédiatement le calcul détaillé ayant conduit au prix de Rs 70,65, notamment le prix de référence international, le taux de change, les taxes, contributions, marges et la situation exacte du PSA. « La population ne doit pas être appelée à payer automatiquement pour les déficits accumulés sans audit indépendant, transparence complète et recherche d’alternatives. Nous réclamons une réduction temporaire des taxes et contributions sur l’essence, un mécanisme d’aide ciblée pour les travailleurs modestes et les PME, un audit public du PSA et une révision du système de fixation des prix, afin que les baisses mondiales soient également répercutées rapidement », conclut Suttyhudeo Tengur
Nishal Joyram, ex-gréviste de la faim contre le maintien du prix de l’essence et du diesel, à l’époque où le MSM était au pouvoir, a également analysé avec sévérité la décision prise par le PPC. « Cherchez l’erreur : Rs 1 milliard d’économie… et 10% de hausse à la pompe ! Le contrat avec OQ Trading nous permet aujourd’hui de réaliser une économie annuelle d’environ Rs 1 milliard. C’est cette économie substantielle qui a motivé notre décision de prolonger le contrat. Tels étaient les propos du ministre du Commerce en juillet 2026 lors du renouvellement du contrat avec OQ Trading pour l’approvisionnement de notre pays en produits pétroliers », dit-il
Nishal Joyram ajoute que « la STC se réserve le privilège de ne pas publier le prix réel auquel elle achète les produits pétroliers, mais plutôt un prix de référence, calculé sur la base d’une moyenne de six mois. Autrement dit, ce n’est pas le prix réellement payé, mais une estimation censée servir de référence. Concernant ce fameux prix de référence, suite des amendements apportés aux sections 2(7) et 3(2A) des STC Regulations, dont le dernier remonte à décembre 2024, la STC dispose d’une certaine latitude dans la détermination de ce prix de référence. Résultat : le consommateur se retrouve avec un prix affiché qui peut être bien éloigné du prix réel d’acquisition. »
À en croire notre interlocuteur, « les gouvernements changent, les ministres changent, les slogans changent, mais lorsqu’il s’agit de faire saigner le petit peuple à la pompe, apparemment, la continuité administrative reste une valeur sûre. Le 10 novembre 2026, nous avons certes changé de régime. Mais à en croire les mécanismes qui persistent, le modus operandi semble, lui, avoir bénéficié d’une remarquable stabilité. »

