Marché du carbone — Bhagwan : « L’ambition exige de l’action, et l’action des financements »

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Le ministre de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique, Rajesh Bhagwan, a appelé, mardi, à accroître les capacités de Maurice afin de tirer pleinement parti des mécanismes de coopération prévus par l’Article 6 de l’Accord de Paris. S’exprimant à l’ouverture du Training
Workshop on the Development of a carbon market framework, organisé jusqu’au 25 septembre à Les Suites by the Docks, il a évoqué l’importance de mettre en place un cadre national solide pour le développement du marché du carbone.

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Rajesh Bhagwan a d’abord salué le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) dans l’élaboration du cadre et de la réglementation nationaux relatifs au marché du carbone. Il a également remercié les experts internationaux participant à l’atelier pour leur contribution et leur partage d’expertise.

Réunissant décideurs publics, experts techniques, représentants du secteur privé, hauts cadres des ministères et organismes parapublics ainsi que des représentants de la société civile, cette formation doit permettre de mieux comprendre les mécanismes prévus par l’Article 6 et leurs implications pour Maurice. Il a relevé la vulnérabilité particulière de Maurice face aux effets du changement climatique. Montée du niveau de la mer, érosion côtière, crues soudaines et phénomènes météorologiques imprévisibles représentent autant de menaces pour la sécurité hydrique, la biodiversité, l’économie et les communautés. « Quand il s’agit de la sécurité de notre population, nous n’avons pas le luxe d’attendre », a-t-il déclaré.

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Rajesh Bhagwan a également fait référence aux consultations publiques menées auprès de différents groupes de la population — notamment les femmes, les jeunes, les gens de la mer et les agriculteurs — dans la perspective de la COP31, prévue en novembre en Turquie. Les contributions recueillies doivent alimenter le rapport national et contribuer à définir la position que Maurice défendra lors de cette conférence internationale.

Le ministre de l’Environnement s’est appesanti sur la nécessité pour le pays d’adopter rapidement les outils permettant d’accélérer sa transition écologique. Les Contributions déterminées au niveau national (NDC) constituent, selon lui, la feuille de route de cette transition, avec une priorité accordée à la transformation du système énergétique et au développement des énergies renouvelables. Mais cette transformation nécessite des ressources considérables. « L’ambition exige de l’action, et l’action exige des financements », a-t-il résumé, faisant ressortir que les investissements nécessaires dépassent les capacités budgétaires des finances publiques.

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C’est dans ce contexte que le ministre voit dans l’Article 6 de l’Accord de Paris un instrument permettant à Maurice de mobiliser davantage de financements internationaux et privés pour ses projets climatiques.

Les mécanismes de coopération pourraient notamment soutenir des projets de réduction des émissions dans les secteurs de l’énergie, des transports et de la gestion des déchets, tout en favorisant le transfert de technologies et le renforcement des compétences nationales.

Rajesh Bhagwan a également mis l’accent sur les précautions nécessaires. « Ces mécanismes sont complexes », a-t-il reconnu, estimant que Maurice doit disposer de capacités institutionnelles et techniques suffisantes pour protéger ses intérêts. Il a ainsi plaidé pour une intégrité environnementale élevée, davantage de transparence et des mécanismes solides permettant notamment d’éviter le Double Counting, c’est-à-dire la comptabilisation d’une même réduction d’émissions par plusieurs acteurs.

Durant quatre jours, les participants à l’atelier seront appelés à approfondir leur compréhension des trois mécanismes de coopération prévus par l’Accord de Paris. La formation doit également porter sur la conception de projets d’atténuation à haute intégrité et sur la préparation d’une procédure nationale d’autorisation.

Pour Rajesh Bhagwan, les participants jouent un rôle important dans la construction du futur cadre mauricien du marché du carbone. Il souhaite que les connaissances acquises débouchent sur des projets concrets susceptibles de transformer les réseaux énergétiques, moderniser les transports, protéger les zones côtières et favoriser la création d’emplois verts. « Le véritable test se mesurera à ce qui se passe concrètement dans nos communautés, nos écosystèmes et nos secteurs économiques », a-t-il déclaré.

Le ministre de l’Environnement a également consacré une partie de son discours à la jeunesse, en Kreol Morisien. Il a demandé aux jeunes de dépasser les actions symboliques et d’intégrer les préoccupations environnementales dans les comportements quotidiens, notamment en matière de consommation et de production.

Il a par ailleurs annoncé la volonté de son ministère de renouveler le National Youth Environment Council et d’élargir la participation des jeunes à cette instance.
Un appel à candidatures est lancé pour les jeunes âgés de 18 à 35 ans, avec l’objectif de constituer un premier groupe de participants. Le ministre les a invités à soumettre leurs idées et propositions plutôt que de rester de simples observateurs.

« Pa zis trap banderol ek al konferans pou fer selfi », a-t-il lancé, appelant les jeunes à participer activement aux efforts de protection de l’environnement.

Le Dr Issa Bado, Programme Specialist et représentant de l’Organisation Internationale de la Francophonie, a déclaré que cet atelier de formation a pour but de partager les expertises pour que Maurice puisse préparer son cadre national. Cela permettra au pays d’ajuster si nécessaire ses réglementations pour se protéger contre les changements climatiques.

 

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