Le retard dans la rénovation des Maisons des Pêcheurs à Tamarin a eu pour conséquence une hausse astronomique du coût. C’est ce que dénonce le rapport de l’Audit pour l’exercice financier se terminant au 30 juin 2022.
Initialement estimé à environ Rs 1,7 million en 2016, le coût de la modernisation des bâtiments en vue de doter les coopératives des pêcheurs d’équipements leur permettant d’apporter de la valeur ajoutée à leurs prises est finalement passé à environ Rs 20 millions en 2022. Par ailleurs, note le rapport, la Cooperative Division (CD) du ministère a payé une somme de Rs 31,4 millions pour le loyer de 2018 à 2022 sans que le contrat n’ait été renouvelé.
Le rapport attire l’attention sur le problème de non-renouvellement du contrat de location des espaces de bureau et le non-respect des normes de sécurité et de santé de tels espaces. Est cité le cas de contrat de location entre la Cooperatives Division et le prestataire de location de bureaux signé le 15 janvier 2015 pour une durée de trois ans.
À l’expiration du contrat, le 31 décembre 2017, le contrat n’a pas été renouvelé et le loyer mensuel de Rs 533 077 a été payé. 58 mois plus tard, en novembre 2022, le bail n’était toujours pas renouvelé alors que la Cooperative Division occupait encore les lieux en dépit de la recommandation du ministère des Services publics de délocaliser le département, cela pour des raisons de sécurité et de santé des officiers.
Un exercice de transfert des lieux et de location d’autres bureaux a été effectué mais un seul soumissionnaire a répondu à l’appel. L’offre devait être annulée en l’absence du non-respect des normes et du loyer élevé. Le montant total du loyer payé de janvier 2018 à novembre 2022 s’élevait à Rs 31,4 millions.
L’Audit souligne qu’en l’absence d’un contrat de location, le propriétaire peut émettre une ordonnance d’évacuation du site à tout moment sans préavis. Par conséquent, recommande le rapport, la location de bureaux devrait être soutenue par un contrat signé entre les deux parties.
Par ailleurs, s’agissant des Maisons des Pêcheurs dont le coût de rénovation a augmenté considérablement, l’Audit recommande que les estimations soient correctement élaborées avant de se lancer dans tout projet pour éviter des retards dans sa mise en œuvre et des hausses de coûts.
Le rapport relève par ailleurs que 40 % des sociétés mauriciennes n’avaient pas soumis leurs Financial Statements au Registrar à la date voulue.
La base de données concernant les sociétés coopératives n’était pas à jour. De fait, le Bureau de l’Audit ne peut évaluer avec exactitude le nombre de sociétés encore en activités, celles qui ne respectent pas la loi et celles qui ont cessé leurs activités. En l’absence d’enregistrement, aucune action ne peut en outre être engagée par le Cooperative Division contre les sociétés non-conformes.
Quant au secteur des PME, le rapport fait ressortir qu’au 12 janvier 2023, les Financial Statements de la SMEDA, qui opérait jusqu’en janvier 2018, sous la tutelle du ministère du Développement industriel, n’avaient pas encore été soumis à des fins d’audit pour les périodes du 1er janvier 2016 au 30 juin 2017 et du 1er juillet 2017 au 18 janvier 2018.
L’Audit est d’avis que le ministère devrait exercer un contrôle sur les organes opérant sous son égide pour s’assurer qu’ils s’acquittent de leurs responsabilités légales en matière de la préparation et la soumission de leurs Financial Statements.

