Récolte de pomme de terre : les planteurs de l’ADMA boycottent le ministre Gobin

Ils ont cessé de croire dans les promesses du ministre de l’Agro-industrie, Maneesh Gobin. Les planteurs de l’Agricultural Development Marketing Association (ADMA) ont fait part de leur mécontentement en effectuant leur première récolte de pomme de terre de l’année vendredi après-midi sans la présence du ministre. Ils veulent des actions concrètes de la part du gouvernement pour assurer la pérennité du secteur agricole. Et ce, pour que la population ne continue pas à consommer que des légumes importés.

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« Nous avons, en effet, tenu notre programme sans le ministre. Une occasion pour nous d’évoquer plusieurs sujets, dont le refus de l’inviter », explique Arassen Chinan, membre et porte-parole de l’ADMA. Il avance que trop de promesses ont été faites aux planteurs de l’association depuis longtemps sans déboucher sur du concret. « Ce n’est qu’à travers nos différentes revendications que nous sommes maintenant pris en considération », dit-il.
Cette rencontre des membres de l’ADMA, ajoute-t-il, a aussi été l’opportunité pour eux de dire haut et fort que les subventions accordées par le gouvernement ne sont pas importantes. « Nous voulons que notre travail devienne facile. Le gouvernement doit bloquer les importations qui sont à notre désavantage », demande-t-il.

À peine la récolte de ce féculent par des membres de l’association récoltées que l’Agricultural Marketing Board a baissé le prix de la pomme de terre importée. « Que ferons-nous avec la pomme de terre locale? Nous nous voyons dans l’obligation d’aligner notre prix sur celui de l’AMB pour que nous puissions écouler notre pomme de terre sinon les gens achèteront celle qui est importée », s’interroge-t-il.

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À cause de cette baisse de prix, les planteurs travaillent à perte, dit-il. Au vu de la baisse du prix de la pomme de terre vendue par l’AMB, il déplore que les marchands se tournent vers cet organisme au lieu d’acheter avec les planteurs.  Les membres, ajoute-t-il, ont aussi discuté de la concurrence des établissements sucriers, qui se sont tournés vers l’agriculture. « Nous pensons qu’ils peuvent cultiver des légumes différents des nôtres. Et pour eux, l’agriculture est un side business par rapport à nous. Nous dépendons uniquement de l’agriculture pour gagner notre vie », souligne-t-il.

Cette rencontre a aussi permis à l’association d’aborder la question du prix des légumes dans le circuit. « Comment peuvent-ils vendre un demi-kilo de carottes à Rs 25 alors qu’ils l’achètent à Rs 5 à l’encan », dit-il. À cause de ce prix, il note une certaine hésitation de la part des consommateurs. «  Si on avait vendu la carotte à Rs 10 le demi-kilo, nous aurions eu plus de clients », met en avant le porte-parole.

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Par ailleurs, Arassen Chinan regrette que les autres planteurs de l’ADMA se voient avec un excédent de carottes dans leurs champs, et de ce fait, contraints à en laisser à l’abandon.

«  Si nous avions des facilités comme transformer la carotte en jus, on pourrait écouler notre surplus de carottes », s’appesantit-il avant d’indiquer que « le coût de production est trop élevé ».

Le porte-parole demande au gouvernement de mettre un terme à l’importation des légumes pour que les planteurs puissent retourner à la terre et assurer que les légumes locaux soient consommés à Maurice. Arassen Chinan dit également mettre en terre des légumes assez rares à Maurice, tel le chou de Bruxelles mais note que le prix du chou importé a drastiquement chuté depuis qu’il a mis sa production de chou en vente sur le marché…

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