Les officiers de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) ont procédé à des perquisitions approfondies à bord du navire Peros Banhos lors de son arrivée à Port-Mathurin, Rodrigues. Ces opérations de contrôle se multiplient depuis les trois derniers voyages du bateau, les autorités cherchant à lutter contre l’introduction de substances illicites et de marchandises non déclarées dans l’île.
Au cours de ces vérifications, plusieurs comprimés de méthadone ont été découverts dans la cabine d’un marin. Interrogé par les enquêteurs, ce dernier a dit être sous traitement de substitution à la méthadone et qu’il avait été autorisé à transporter ce médicament en raison de son travail à bord du navire. Il a été libéré après avoir fourni une caution. Aucun programme officiel de traitement à la méthadone ne serait actuellement disponible à Rodrigues.
Parallèlement, les autorités poursuivent leurs inspections dans les conteneurs débarqués du navire. Tous les colis font ainsi l’objet de vérifications approfondies. Lors des trois derniers déplacements du Peros Banhos, plusieurs tonnes de légumes – notamment des tomates et des poivrons – ont été saisies, poussant certains à s’interroger sur l’absence d’arrestations ou de poursuites à l’encontre des contrevenants. Car si des opérations de saisies sont régulièrement effectuées, les responsables ne sont pas systématiquement identifiés ou traduits devant la justice.
Certaines sources soulèvent également des interrogations concernant les déclarations douanières. Selon elles, des écarts pourraient exister entre les quantités réellement importées et celles déclarées aux autorités. Pour autant, les autorités compétentes restent muettes sur la question, ne confirmant ni n’infirmant donc ces allégations.
Dans le même temps, nombreux sont ceux à se rendre quotidiennement à la commission de l’Agriculture afin d’obtenir des permis d’importation, dont la délivrance semble avoir été fortement limitée. Cette politique vise notamment à encourager la production locale et à protéger Rodrigues contre l’introduction de maladies pouvant affecter les cultures.
Concernant la production justement, et malgré des conditions climatiques souvent favorables, des observateurs constatent une baisse de la production locale. Certains planteurs estiment ainsi que « les autorités devraient renforcer davantage les mesures de protection du marché rodriguais afin de favoriser les producteurs locaux ». Ils citent notamment le cas du giraumon, dont les meilleurs sont exportés vers Maurice, alors que des produits importés de qualité jugée inférieure se retrouvent, eux, parfois sur le marché local.
Enfin, certains acteurs du secteur agricole appellent à un suivi plus rigoureux du travail des services techniques agricoles et à une meilleure évaluation des performances des fonctionnaires concernés afin d’améliorer l’accompagnement offert aux agriculteurs rodriguais.
RODRIGUES | De la méthadone sur le « Peros Banhos » – Un marin arrêté puis libéré sous caution
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