« Aret bwar disan travayer », « Rann nou pansyon », « Gel saler, nou pa le », « Demantel leta providans, nou pa le », « Voler pansyon, fou deor », « Pansyon Lasanble bizin aboli », « Pansyon vieyes 60 an », « Kapitalis proteze, lepep pe soufer », « Politik iltra-liberal, nou pa le », « Douz sou, nou pa le ». Tels sont quelques-uns des slogans scandés vendredi dans les rues de Rose-Hill lors d’un rallye organisé par la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) dans le cadre de la Fête du travail.
La manifestation a débuté devant le siège de la CTSP pour prendre fin devant le monument des travailleurs, situé à côté du bureau de poste de la ville. Une cérémonie de dépôt de gerbes, suivie des discours des dirigeants de la confédération, s’est tenue à cet endroit.
Les manifestants, munis de drapeaux aux couleurs de la CTSP et de banderoles, ont appelé les travailleurs à se mobiliser contre la corruption, les inégalités sociales, le favoritisme et le pillage, tout en militant en faveur du paiement de la Basic Retirement Pension à l’âge de 60 ans.
S’adressant aux travailleurs, la secrétaire générale de la CTSP, Jane Raggoo, a déclaré que tant qu’il y aura de l’injustice, la CTSP continuera à se mobiliser. De son côté, Shayn Sinnassamy, membre de la CTSP, a affirmé que le combat de la CTSP est celui des « ti dimounn » contre le grand capital. Il a également souhaité que davantage de jeunes s’engagent pour assurer la relève du mouvement syndical.
Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, a pour sa part déclaré qu’auparavant, 75% des travailleurs bénéficiaient d’une protection grâce à la CSG Allowance, mais que le nouveau gouvernement a décidé de la supprimer alors que tous les prix augmentent. Il a ajouté que quelque 61 000 travailleurs étrangers contribuent à la CSG, mais que leurs contributions sont versées dans le Consolidated Fund.
Selon lui, le gouvernement applique une politique qui ne soutient que les plus pauvres, « ce qui risque de faire basculer une large partie de la population dans l’extrême pauvreté ». Il estime également que la stratégie vise à pousser certains travailleurs à quitter le pays pour les remplacer par des travailleurs étrangers. Les entreprises pourraient ainsi employer jusqu’à 100% de main-d’œuvre étrangère, rémunérée au salaire minimum. Il a aussi dénoncé l’introduction de politiques de “hire and fire” et le recours accru aux “labour contractors” qui, selon lui, traitent les travailleurs étrangers comme de simples marchandises.
À la fin de la manifestation, la secrétaire générale de la CTSP a invité les manifestants à entonner une chanson axée sur la solidarité des travailleurs derrière les syndicats.

