Un repreneur américain annoncé
Un groupe d’employés du groupe World Knits a eu une rencontre avec le ministre du Travail, Reza Uteem, hier. Accompagnés du syndicaliste Fayzal Ally Beegun, ils voulaient avoir des garanties au sujet du paiement de leurs salaires et de la compensation pour leurs années de service. Ceux, affectés à Universal Fabrics, ont déjà accusé réception de leurs lettres de licenciement. Reza Uteem a annoncé que des discussions seront enclenchées avec la Mauritius Revenue Authority, concernant le Portable Retirement Gratuity Fund. Un repreneur américain est aussi annoncé.
Ils sont 478 employés du groupe World Knits, affectés aux usines Kline Textiles, Universal Fabrics et World Knits, à se retrouver sans salaire depuis trois mois. Le groupe avait été mis sous administration volontaire en juin dernier. Dans l’incertitude pendant plusieurs mois, ils se préparent maintenant à être licenciés, car certains d’entre eux ont déjà reçu leurs lettres de Termination of Contract.
Dès lors, la grande question qui demeure : est-ce que les années de service seront payées ? C’est dans cette optique qu’un groupe d’employés s’est rendu au bureau du ministre du Travail, hier. Il en ressort que les employés de Universal Fabrics, qui ont déjà reçu leurs lettres de licenciement, obtiendront leurs trois mois de salaires impayés, jusqu’à un montant maximum de Rs 50 000, à travers le Wage Gratuity Fund. Pour le reste, c’est encore le flou.
Fayzal Ally Beegun indique que le ministre compte présenter un dossier afin que les banques où le gouvernement a des intérêts, comme la MauBank et la SBM, puissent rayer les dettes du groupe, sur une base humanitaire. Le but étant que l’administrateur puisse utiliser cet argent pour payer les travailleurs. « Je lance un appel aux banques, même celles où le gouvernement n’est pas actionnaire, de faire un geste pour ces travailleurs qui sont dans la détresse. Cela fait trois mois qu’ils n’ont pas de salaires et ils sont dans l’incertitude concernant leurs temps de service », a-t-il avancé.
Le syndicaliste devait ajouter que cela a déjà été le cas pour les usines Palmar et Textel : « L’administrateur Afzar Ibrahim et l’ex-ministre du Travail, Soodesh Callichurn, étaient intervenus et la MCB avait retiré Rs 45 millions en faveur des travailleurs de Palmar. Je lance donc un appel afin que sur une base humanitaire, les banques puissent en faire de même pour les travailleurs de World Knits. »
Selon le syndicaliste, certains employés comptent plus de 20 ou 30 ans de service et qu’il n’est pas acceptable qu’ils soient jetés sur le pavé en fin d’année ainsi. « World Knits a des dettes à hauteur de Rs 1,4 milliard. Ce ne sont pas les employés qui ont pris cet argent. Pourquoi ce serait eux qui doivent payer pour la mauvaise gestion ? » s’est-il demandé. Le groupe a aussi obtenu une somme de Rs 167,4 millions de la MIC. Il estime qu’il faut mener une enquête pour savoir où est passé cet argent. « Il n’est pas exclu qu’il y ait des plaintes contre certaines personnes de la compagnie. Ceux qui ont fauté devront assumer leurs responsabilités », a-t-il dit.
Il réclame également la révision de l’Insolvency Act, afin que les travailleurs puissent être considérés en premier, en cas de mise sous administration judiciaire. « Beaucoup de politiciens ont promis de changer la loi, mais une fois au pouvoir, ils n’ont rien fait. Il est grand temps de revoir la loi. Les travailleurs ne peuvent payer les pots cassés à chaque fois », clame-t-il.
Fayzal Ally Beegun a également plaidé en faveur des 175 travailleurs étrangers, dont les permis de travail sont arrivés à expiration. Il demande que les procédures soient appliquées afin qu’ils puissent rentrer chez eux, au Bangladesh, en Inde, au Népal et à Madagascar.
À l’issue de la réunion, Reza Uteem a indiqué que des démarches sont en cours concernant les années de service. « Trois mois de salaires, à travers le Wage Gratuity Fund, seront versés à ceux dont le montant s’élève jusqu’à Rs 50 000. Les employés de Universal Fabrics qui ont déjà reçu leurs lettres de licenciement seront admis au Workfare Programme. L’administrateur n’a pas encore terminé le contrat de travail de ceux de World Knits et de Kline Textiles. Des discussions seront aussi engagées avec la Mauritius Revenue Authority pour voir ce que nous pouvons faire, concernant le Portable Retirement Gratuity Fund. Cela représente 15 jours par année de service », a-t-il dit.
Leela : « Le flou total »
« La situation est très dure. Nous n’avons pas de salaires depuis le mois d’août. World Knits a une unité à Madagascar qui est toujours en opération. Il y a toujours des commandes et des exportations là-bas. Il y a donc des rentrées d’argent. Cependant, à Maurice, nous sommes dans le flou total. Nous sommes au mois de novembre, cela fait trois mois que nous sommes sans salaires. Certains de nos collègues ont bénéficié du Wage Gratuity Fund du ministère, jusqu’à Rs 50 000. Ils le percevront par tranches, mais c’est insuffisant. Et la majorité d’entre nous n’a rien eu.
« Bientôt, ce sera le mois de décembre, nous étions supposés avoir le boni de fin d’année, mais tout est en suspens. Nous avons des responsabilités. J’avais pris un prêt bancaire pour construire ma maison et j’ai deux enfants qui étudient encore. Je dépends de mon époux financièrement. Toutes les économies que nous avions ont été utilisées pour payer les dettes et subvenir aux besoins de la famille. Ce n’est pas évident. La semaine prochaine il y a la fête de Divali, nous ne savons pas comment faire. Je n’aurais jamais cru que World Knits se serait retrouvée dans une telle situation.
« Nous attendons une réponse de Reza Uteem pour que nous ayons notre dû. Nous voulons nos salaires impayés et nos années de service. Nous avons sacrifié des années dans ce travail. Le ministre doit demander des comptes à l’administrateur, Rajeev Basgeet. Nous ne sommes pas en communication avec lui. Au départ, il nous avait dit que la priorité serait les salaires des travailleurs, que lui aussi il est issu de la classe moyenne et qu’il nous comprend, mais au final, je pense qu’il ne comprend pas. »
Roshan : « Nous voulons une réponse »
« La situation est très grave. Nous sommes sans salaires depuis trois mois. Nous avons des dépenses, nous devons subvenir aux besoins de notre famille, mais nous sommes dans le flou total. La compagnie ne nous a donné aucune indication sur ce qui va se passer et surtout, concernant nos années de service. À chaque fois que nous demandons une rencontre avec l’administrateur, il dit plus tard, puis rien. Nous entendons dire qu’il y aura un repreneur, mais là également, il n’y a rien de concret.
« Nous demandons que le ministre Reza Uteem intervienne afin que nous ayons nos salaires et temps de service. Nous voulons une réponse. Nous ne pouvons rester tranquilles à attendre à la maison. »

