Des travaux de protection côtière menés par Sun Life Ltd devant l’hôtel Ambre, à Belle Mare, font des vagues. Des pêcheurs dénoncent des risques pour l’écosystème marin et contestent le processus d’autorisation. Le ministère de l’Environnement reconnaît une non-conformité, corrigée par le promoteur, et indique qu’à ce stade le chantier respecte les exigences de la licence EIA et de l’Environmental Monitoring Plan (EMP). Mais les interrogations, elles, persistent.
Il y a ce que l’on voit : des roches, des engins, un littoral en transformation. Et il y a ce que l’on craint : un lagon fragilisé, des perturbations en mer, un gagne-pain menacé.
Depuis fin mai 2026, le chantier de Sun Life Ltd progresse sur le littoral de Belle Mare, en front de l’hôtel Ambre. Le projet est encadré par une licence d’Environmental Impact Assessment (EIA) délivrée le 9 avril 2026 et par un Environmental Monitoring Plan (EMP) approuvé le 22 mai 2026. Les travaux ont débuté fin mai et atteignaient environ 70% d’avancement au 11 juin 2026.
120 mètres de protection côtière
Le projet consiste en la réalisation d’un enrochement perméable de 120 mètres, situé au-dessus du high water mark, destiné à protéger le littoral contre les houles et les cyclones. Conformément à la condition 33 de la licence EIA, imposant des consultations avec les communautés de pêcheurs avant, pendant et après les travaux, deux rencontres ont été tenues les 6 août 2024 et 1er juin 2026.
Non-conformité et suspension
Le 29 mai 2026, une non-conformité est signalée au ministère de l’Environnement concernant l’utilisation de roches non lavées. Le 1er juin 2026, le ministère notifie au promoteur deux non-conformités aux conditions n°15 et n°16 de la licence EIA, relatives au lavage des roches avant utilisation et à l’installation d’un écran géotextile à double couche. Les autorités demandent alors la suspension des travaux dans l’attente de mesures correctives.
Corrections immédiates
Selon le ministère, les mesures correctives sont mises en œuvre le jour même. Les roches non conformes sont retirées du site et un écran géotextile à double couche est installé en mer. Lors de la dernière inspection, effectuée le 9 juin 2026, les officiers du ministère constatent une eau claire, des dispositifs de protection conformes et un accès sécurisé à la plage à travers l’hôtel, avec la présence de deux agents de sécurité pour guider les usagers.
Contestations sur le terrain
Sur place, des pêcheurs font état de perturbations dans certaines zones marines et de la présence de petits poissons morts depuis le début des travaux. Ils redoutent une dégradation du lagon et un impact direct sur leur activité, dont dépendent plusieurs familles de la région. Ils estiment également que leurs préoccupations n’auraient pas été suffisamment prises en compte lors de la procédure d’autorisation du projet.
Encadrement et suivi du chantier
Le ministère de l’Environnement rappelle que le chantier reste soumis au respect strict de la licence EIA et de l’EMP, ainsi qu’aux obligations de suivi et de consultation prévues, notamment avec les pêcheurs.
À ce stade, les autorités estiment que le projet respecte les exigences du cadre réglementaire en vigueur. Mais sur le terrain, les interrogations, elles, ne se sont pas dissipées.

