La troisième étape du Engen Tour de Maurice a souri à Anthony Laurent, coureur du VCP. Longue de 110 km, elle a été marquée au début par un mouvement de grève de tout le peloton, sanctionné pour ne pas avoir respecté les consignes de sécurité, et par une échappée qui a pris jusqu’à 7’10 d’avance sur le maillot jaune, sans qu’il ne se sente jamais menacé.
Anthony Laurent (19 ans) a signé un chrono de 2h46’17 devant l’éternel et inusable Richard Barret, 48 ans, mais physique de 20 ans. « Ça fait plaisir. Quand l’échappée est partie ce matin, j’ai essayé de recoller. Je me disais que c’était le bon coup », lance le Mauricien timidement.
En effet, au km 2, Mathieu Le Blanc (VCJCC-Bank One) tente un coup de poker. Il est vite rappelé à l’ordre. On descend vers Réduit quand, soudain, la grande vadrouille commence. Six coureurs se retrouvent aux avant-postes. Richard Barret (VCSD), Ashley Sumbhoolaul (UCRH-Engen), Sébastien Tyack (VCJCC-Bank One), Mike Chong Chin (VCp), Alan Gordon (Bionic-V-Office/Af. Sud) et Henning Jooste (TCS/Af. Sud) prennent les commandes de la course.
« On n’y comprenait plus rien : la TCS avait tout intérêt à rouler. Mais non ! Ils n’ont rien fait », lâchait Yannick Lincoln. Jaco Ferreira, maillot jaune toujours solidement sur les épaules, estime qu’il fallait gérer. « Nous avions pensé qu’il fallait placer un gars à l’avant pour que les autres équipes suivent. Mais ça n’a pas marché. Alors, nous avons géré », explique le leader au général.
Pour revenir à l’échappée, elle s’est rapidement retrouvée avec 1’10 d’avance, qui allait crescendo. Sans doute endormis par l’allure, six autres coureurs se mettent à l’avant. Gabriel Mayer (BRSC-Isostar), Michael Khedoo (UCRH-Engen), Thierry David (BRSC-Isostar) et Anthony Laurent (VCP), Thomas Payet (VCSD-Ekoï) et Ingatius Strydom (Bionic-V-Office/Af. Sud) se joignent à la tête de la course.
Au km 43, à Sébastopol, les 12 fuyards comptent 2’00, puis 3’15 au km 62. Plus loin, l’avance monte à 5’30. On aborde alors la dernière partie de la course, celle qui remonte vers l’autoroute à Ferney. Devant, les vents rendent le parcours difficile.
Mais Sumbhoolaul, lui, veut faire honneur à son maillot. Il tente la sortie, mais est vite rappelé à l’ordre. Km 84, c’est au tour de Barret de tenter sa chance. Lui aussi voit son action détournée. C’est au tour d’Anthony Laurent d’essayer. Il connaît plus de succès.
À lui seul, il creuse l’écart sur les 11 autres, avant d’être rejoint par Barret. Les deux fuyards, peu avant Nouvelle-France, comptent 7’10 sur un peloton qui ne se réveille toujours pas. « Sur l’autoroute, ils impriment un pas, puis arrêtent », lance Lincoln qui, décidément, n’y comprenait rien.
Et devant, Laurent et Barret collaborent. Mais Henning Jooste, le Sud-Africain, se met en tête d’aller reprendre les deux fuyards. Trop tard ! Ils sont sur de bonnes bases. Jooste accuse 1’10 de retard sur les deux.
Ce qui leur permet d’entrevoir une petite lueur d’espoir pour la suite. Lors des derniers mètres, Anthony Laurent, plus frais, se défait de Richard Barret. C’est sa première victoire sur le Tour. « Il y a de quoi être content. Je voudrais dire merci à Richard, qui m’a aidé. »
Quant à Barret, il n’est pas déçu. Loin de là. « Vous savez, à la fraîcheur, c’était lui. Mais je suis content pour lui. Et ça encourage pour bien finir le Tour », sourit le quadruple vainqueur du Tour de Maurice. D’autant que l’objectif du VCSD était de replacer un coureur à l’avant. « On verra ce que ça donne au général. » Il se console entre-temps avec le maillot rouge de la combativité.
Du côté du maillot jaune, pas de grande incidence à noter, sauf peut-être le reclassement de Richard Barret, qui remonte dans le Top 5. « Nous voulions contrôler. Et avec seulement quatre coureurs, ça devenait un peu difficile. Attendons la suite avant de nous prononcer », laissait entendre Jaco Ferreira. Il ne reste que deux étapes avant le chrono. D’ici là, on saura qui sera en jaune dimanche.