La plateforme Aret Kokin Nou Laplaz (AKNL) a initié aujourd’hui une action symbolique auprès du ministère de l’Environnement. Pour protester contre le non-nettoyage de la plage de Pomponette, ils y ont déposé une lettre et des sacs d’ordures ramassées à cet endroit. AKNL soupçonne qu’il s’agit d’une tentative des autorités de laisser la plage en état d’abandon afin de décourager les Mauriciens à la fréquenter. Une grande opération de nettoyage est également prévue ce dimanche 4 juin.
Dans la lettre remise au ministre de l’Environnement, ainsi qu’à celui des Terres et au conseil de district de Savanne, AKNL dit comprendre que du moment que Pomponette n’est plus une plage publique, elle n’est plus sous la responsabilité de la Beach Authority, qui a la responsabilité de l’entretien des plages. « Toutefois, la Beach Authority, en tant qu’autorité responsable, aurait dû tenir en compte les besoins des Mauriciens », disent les signataires, Marie Giblot Ducray, Carina Gounden et Shidan Ragavoodoo.
Pomponette étant une plage très prisée, les Mauriciens continuent de s’y rendre, même si elle a été déproclamée. Raison pour laquelle AKNL estime qu’il est dangereux d’y laisser accumuler des ordures. « Depuis le début de l’année, nous procédons au nettoyage de cette plage, simplement pour permettre aux Mauriciens de continuer à la fréquenter. Laisser entasser les ordures est une stratégie pour décourager les pique-niqueurs et, ainsi, laisser la voie libre à la construction d’hôtel. Nous avons déjà prévenu : Pomponette doit rester accessible aux Mauriciens et nous n’abandonnerons pas », dit Carina Gounden.
Cette dernière ajoute que le collectif accorde un délai de 15 jours aux autorités pour rétablir le service de nettoyage à Pomponette. Passer ce délai, d’autres actions seront engagées. Lors de l’action de ce matin, plusieurs sacs-poubelles, contenant des ordures ramassées sur la plage, ont été déposés aux ministères de l’Environnement et des Terres. « C’est une action symbolique pour leur faire prendre conscience des dangers, notamment par rapport à la santé, auxquels ils exposent les Mauriciens. »
Marie Giblot Ducray tient, elle, à préciser que la grande majorité des ordures proviennent des poubelles publiques. « Il y a sept poubelles publiques sur cette plage. Elles ne sont pas vidées depuis le début de l’année. Comme elles sont remplies, les gens déposent d’autres ordures à côté. Quand les autorités ne vident pas les poubelles qu’elles ont elles-mêmes placées, c’est grave. »
Carina Gounden ne manquent pas de faire un parallèle entre cette situation et la campagne de nettoyage lancée à travers le pays en début d’année. « En même temps qu’ils sont en train de nettoyer ailleurs, à Pomponette, ils ont cessé le ramassage d’ordures. » AKNL invite ainsi les Mauriciens à se mobiliser pour sauvegarder Pomponette. Une opération de nettoyage aura lieu ce 4 juin à partir de 14h. Des artistes assureront également une animation pour l’occasion.