Un ressortissant français, un dénommé Georges, est dans le coma à l’hôpital Jeetoo après avoir été victime d’un accident de la route le 28 décembre. Il circulait vélo lorsqu’il a été renversé par une voiture à Solférino. Témoignage de sa compagne Ariane, une Mauricienne établie en France depuis plusieurs années.
C’est accompagné de deux cousines qu’Ariane s’est présentée à la rédaction du Mauricien pour raconter comment ses vacances avec son compagnon Georges ont viré au drame. Encore confuse, elle dit ne pas avoir récupéré de ses émotions et avoir des difficultés à « assimiler ce qu’on lui dit ». « Il ne s’agit pas pour moi de blâmer personne », avance-elle.
Le ton est hésitant, prudent… Ariane se veut diplomate au possible. Et on sent bien là un désir de ne froisser aucune susceptibilité. Tout commence le 10 décembre 2012. Le couple français s’offre, comme chaque deux ans, des vacances à Maurice pour fêter Noël en famille et « pour permettre à Georges, qui aime le vélo, de profiter de la nature ». « Il fait tout à vélo… Il aime l’air frais et c’est pourquoi nous projettons de venir nous installer à Maurice d’ici trois ans », explique Ariane.
Le vendredi 28 décembre, Georges quitte Bambous pour Floréal vers 15 h 30. À 19 heures, ne le voyant pas rentrer, Ariane s’inquiète et enclenche des recherches auprès des habitants de Bambous. « Nous nous rendons alors compte qu’il a vraiment eu un accident », confie-t-elle. « Nous essayons de savoir à quel hôpital il a été transporté, mais en vain. Dans l’abrutissement total, nous nous sommes rendus à la police de Candos qui nous a renvoyés vers celle de Quatre-Bornes où nous avons pu identifier ses effets personnels. »
Il est alors 21 heures. Georges aurait été fauché par une voiture de location. « Il revenait de Bambous, par la grande route de Solférino, le véhicule l’aurait balayé de l’arrière, raconte Ariane, pourtant il savait qu’à Maurice, les gens roulent vite. » « Il m’avait dit la veille qu’il avait failli se faire renverser… Et c’est ce qui s’est finalement produit. Il était conscient des risques et avait investi dans un gilet fluorescent. D’ailleurs, le vélo est noir. En plein jour, on ne pouvait ne pas le voir ! »
Georges, admis à l’hôpital Jeetoo, est dans le coma depuis huit jours. Il souffre d’un traumatisme crânien et de plusieurs côtes cassées. Les informations de la Intensive Care Unit filtrent au compte-gouttes, ajoute Ariane, même si la famille se dit reconnaissante des soins pourvus à leur proche.
Toutefois ni le soutien de ses proches ni celui du personnel hospitalier ne parvient à apaiser la révolte d’Ariane. Le conducteur de la voiture de location ne se serait pas arrêté. « Tout semble indiquer qu’il y a eu délit de fuite. Nous avons rencontré des témoins au poste qui nous l’ont dit. Les accidents peuvent arriver, mais pas la non-assistance à personne en danger », lance la compagne de Georges.
Selon Ariane, « la voiture en question a pu être identifiée, mais le chauffard ne s’est toujours pas rendu ». « On s’est longuement entretenu avec la police de Quatre-Bornes dans la journée du 31 décembre. Ils nous ont assurés que l’enquête suivait son cours et que l’identité du chauffard sera bientôt connue », a-t-elle poursuivi en réaffirmant sa confiance en la force policière.
Pour sa part, le bureau de Presse de la Police confirme bien l’accident. L’enquête est placée sous la responsabilité du poste de police de Quatre-Bornes. Ce « délit de fuite » sur le cycliste n’est, selon la famille, pas sans rappeler l’accident fatal de Nouvelle-France en mai 2012, « fait divers que nous avons suivi grâce à internet ». Georges pourrait être rapatrié en France ce week-end si son état « jugé très grave » se stabilise.