Le procès intenté à Darshan Gungaram, le vigile accusé du meurtre de Ricardo Dintu en décembre 2004, a été appelé hier aux Assises. Ont été appelés à témoigner une serveuse du casino, présente au moment des faits, ainsi qu’un Exhibit Officer. Ce dernier, qui était chargé de transporter les pièces à convictions pour examens, a été confronté par Me Madan Dulloo au fait que la balle présentée en Cour n’était pas celle retrouvée dans le cadavre de la victime lors de l’autopsie.
Le procès intenté à Darshan Gungaram a repris de nouveau sur le fond hier, en présence du jury, après un an de débats sur une motion de “voir dire” logée par la défense contestant l’admissibilité des “occurences books entries” consignées au poste de police de Vacoas. Hier, deux témoins ont été appelés à la barre, dont le constable Ram Sujeewon, qui faisait office de sentinelle au moment des faits. Ce dernier a expliqué qu’il avait la responsabilité de transporter le corps de Ricardo Dintu le 5 janvier 2005 à la PMOC de Candos à des fins d’autopsie, laquelle a été pratiquée par l’ancien chef du département médico-légal de la police, le Dr Satish Boolell. Il avait aussi pour tâche de transporter des pièces à convictions, dont des échantillons de cheveux et de peau de la victime ainsi qu’une balle d’arme à feu au Forensic Science Laboratory (FSL) pour y être examinés. Mais Me Madan Dulloo, qui représente les intérêts de Darshan Gungaram, a confronté le constable au fait qu’il n’avait pas consigné de “statement” mentionnant les pièces à convictions emmenées au FSL et remises aux enquêteurs. Le constable devait répondre que les échantillons de cheveux et de peau avaient été détruits, car étant décomposés, rappelant que le FSL a fourni un rapport scientifique sur les pièces à convictions examinées. Suite à cette réponse, Me Dulloo devait indiquer que les échantillons de cheveux « are the most imperishable material that exist », ce dont le constable n’a pu attester. Sur sa lancée, Me Dulloo a indiqué que la balle d’arme à feu produite en Cour n’était pas celle retrouvée dans le corps de la victime au moment de l’autopsie. « All the exhibits have been tampered with and the bullet has been changed “en cour de route” by the police », devait-il déclarer, ce que le constable a cette fois réfuté.
L’autre témoin appelé en Cour était Pamela Valaydon, une ancienne serveuse du casino Jackpot City, de service au moment des faits. Elle devait ainsi expliquer avoir entendu « un bruit assourdissant » dans la soirée du 30 décembre 2004. Et c’est lorsqu’elle est partie s’enquérir de la situation, dit-elle, qu’elle a aperçu un corps gisant sur le sol. Le vigile Gungaram, qui travaillait au casino ce soir-là, se trouvait à l’extérieur de l’établissement avec d’autres personnes, poursuit-elle, avant d’affirmer que celui-ci avait bien eu une altercation avec Ricardo Dintu car « il faisait du désordre ». L’accusé, dit-elle, avait dû le rappeler à l’ordre.
Pour rappel, le corps de Charly Ricardo Linley Dintu avait été retrouvé sans vie à proximité du Jackson City Casino, qui se trouve dans le Regent Building, à Vacoas, devenu désormais le Royal Game Casino. La victime s’y était rendue le 31 décembre 2004 pour y jouer. Mais son mauvais comportement avait obligé des responsables de sécurité, employés par une firme spécialisée, à intervenir. Ceux-ci l’avaient alors prié de quitter les lieux. Ricardo Dintu avait ensuite été retrouvé vers 2 heures du matin gisant sur un balcon en face du casino. L’homme, qui portait des traces de blessures à la tête, était alors toujours vivant. Il a ensuite été admis aux soins intensifs de l’hôpital Victoria, Candos, et placé sous respiration artificielle. Des examens devaient révéler qu’il avait une balle dans la tête. Il a rendu l’âme trois jours plus tard.