Une centaine d’employés de Fashion Style Ltd, actuellement sous administration judiciaire, n’ont pas obtenu leur salaire du mois de mai. Pourtant, leurs collègues ont été payés au début de cette semaine. Ces employés disent avoir été informés que cette situation est due au fait qu’ils ont signé un nouveau contrat avec New Trends Ltd, repreneur des franchises Mango, Etam et Jennyfer, notamment. Or, au cours du mois écoulé, ils ont bien travaillé pour Fashion Style, de Rakesh Gooljaury, affirment-ils. Pour protester contre cette situation, ceux postés à l’aéroport n’ont pas ouvert les magasins aujourd’hui. Ils se sont rendus au ministère du Travail pour porter plainte contre Fashion Style. Cependant, à 11 heures, les employés de la MDFP, l’organisme qui gère les espaces à l’aéroport, ont ouvert les trois boutiques.
Ils sont des mères et pères de famille à se retrouver sans salaire depuis que Fashion Style a été placé sous administration judiciaire. Ils étaient d’ailleurs sur leur lieu de travail quand des huissiers de la cour sont venus mettre des scellés sur les magasins situés au Bagatelle Mall of Mauritius. « Malgré cela, nous nous sommes rendus au travail tous les jours. Seul le magasin Mango était resté ouvert. Certains d’entre nous étaient postés dans ce magasin et d’autres au store. Nous ne comprenons pas pourquoi nous n’avons pas perçu de salaire alors que nos collègues ont été payés », s’offusquent ces derniers.
Ce qui distingue les deux groupes, c’est que ceux qui ont reçu leurs salaires avaient choisi de rester au sein de Fashion Style. Ceux qui ont signé avec New Trends Ltd, représenté par Bryan Foo Kune, disent n’avoir pas eu le choix. « Nous n’étions pas assurés de notre avenir. Les managers nous avaient fait comprendre que Fashion Style allait garder les plus anciens. Nous avons eu une proposition du repreneur, que nous avons acceptée. » Ces derniers font également ressortir que la « fermeture du compte » pour les salaires a lieu le 20 de chaque mois. « À cette date, nous étions encore chez Fashion Style. »
Le ministère du Travail a été alerté de la situation. Il nous revient qu’un officier a été dépêché à Bagatelle hier. Une enquête est en cours pour clarifier la situation. Par ailleurs, les quelque trente employés postés à l’aéroport n’ont pas ouvert les magasins aujourd’hui en signe de protestation. Ils se sont rendus au ministère du Travail pour porter plainte contre Fashion Style afin non seulement de percevoir au plus vite leur salaire dû, mais aussi pour pouvoir obtenir des éclaircissements quant à leur avenir. Ces employés se disent dans le flou car personne n’est en mesure de leur expliquer la situation. Ils font ressortir que depuis le début de l’année, la situation dans les boutiques, dont les affaires sont pourtant florissantes, est tendue. D’autant, expliquent certains, qu’ils ne savent plus pour quelle compagnie ils travaillent. Pour cause, disent-ils, si en janvier dernier, ils ont reçu une fiche de paye émanant de Fashion Style Ltd, la compagnie de Rakesh Gooljaury, en février et mars, leur fiche de paye faisait mention de Luvoxy Co Ltd. Or, le 4 mai dernier, lorsqu’ils ont perçu leur salaire pour le mois d’avril, ils n’ont pas reçu de fiche de paye et leur relevé bancaire faisait état d’un paiement salarial via un cash deposit. D’où leur interrogation quant à leur employeur actuel, surtout qu’ils n’ont toujours pas reçu leur salaire pour le mois de mai.
Certains membres du personnel font ressortir qu’ils se sont enquis auprès du management qui leur a donné l’assurance qu’ils percevraient leur dû, en cash, le samedi 4 juin. Or, à dimanche, ils n’avaient rien reçu. C’est alors que le management leur aurait demandé d’attendre jusqu’à mardi, le temps du retour de Rakesh Gooljaury qui devait effectuer un voyage de trois jours ce week-end. Mais à mardi, les employés de Hugo Boss, Giorgio Armani, Ralph Lauren étaient toujours dans le flou. Découragés, ils se sont pointés ce matin au bureau du travail de Rose-Belle et attendent une réponse pour déterminer la marche à suivre.
Nous avons essayé d’en savoir plus sur cette situation auprès de l’administrateur, Price Waterhouse Coopers (PWC). Toutefois, on ne souhaite faire aucun commentaire sur cette affaire à ce stade étant donné qu’il y a une action en Cour. Les employés, eux, affirment avoir appris de Fashion Style que leurs noms n’ont pas été envoyés à PWC pour les salaires car ils auraient « démissionné » de la compagnie.