Louis Wensley Jasmin est un des suspects ayant été dénoncés par le dénommé Kamlesh Radha dans le cadre de l’importation de 2 kg d’héroïne d’une valeur de Rs 30 M, impliquant le constable Arvind Hureechurn, retrouvé mort le 28 octobre 2016 dans sa cellule au Moka Detention Centre alors qu’il avait indiqué qu’il coopérerait avec la police. Le prévenu, en détention dans cette affaire, avait fait une demande pour obtenir la liberté conditionnelle. Une requête rejetée par le magistrat Navish Jheelan devant la Bail and Remand Court.

Louis Wensley Jasmin fait face à une accusation provisoire de trafic de drogue. Selon l’enquête policière, le constable Arvind Hurrechurn avait été arrêté à sa sortie de l’avion à l’aéroport de Plaisance le 25 octobre 2016 avec 2 kg d’héroïne. Le constable avait alors expliqué aux enquêteurs de l’ADSU qu’il avait reçu des instructions de Louis Wensley Jasmin concernant la livraison de la drogue et qu’un certain Kamlesh Radha avait dénoncé Louis Wensley Jasmin, de même que Ashish Dayal, comme étant impliqués dans cette transaction de stupéfiants.

La police avait objecté à cette demande de remise en liberté sous caution devant la Bail and Remand Court, faisant en effet état de soupçons de récidive et ses craintes qu’il interfère avec les témoins ou encore décide de fuir la justice mauricienne. Dans son “ruling”, le magistrat Navish Jheelan a avancé que les soupçons de la police sont réels car l’accusé encourt une lourde sanction pénale au vu de la gravité du délit et des preuves « solides » accumulées contre lui.

Le magistrat devait également estimer que les risques qu’il commette d’autres délits une fois libéré sont réels, rappelant que le prévenu a déjà été lourdement sanctionné en 2008 sous une charge de “selling dangerous drugs for personal consumption”. Selon le magistrat, « la récente peine ne l’a pas découragé à s’impliquer une nouvelle fois dans des activités illégales ». Et d’ajouter que de commettre de nouveaux délits similaires « seraient désastreux pour notre société ». De fait, selon lui, la cour « a le devoir et la responsabilité de protéger le public contre des personnes qui s’engagent dans des activités encourageant le trafic de drogue ».

Le conseil légal de Louis Wensley Jasmin avait pour sa part soutenu que son client travaille à Maurice et que toute sa famille se trouve au pays. Le nombre de jours passés en détention sous une accusation provisoire a aussi été évoqué. Le magistrat a pris note du fait que le prévenu est incarcéré depuis le 6 janvier 2017. Il a toutefois indiqué, après le témoignage en cour d’un enquêteur, que l’enquête est en passe d’être bouclée et que le prévenu aura à être questionné par rapport à des relevés téléphoniques.

Le magistrat a de fait refusé la liberté conditionnelle à Louis Wensley Jasmin, avançant toutefois que les autorités s’attellent à terminer l’enquête afin que des charges formelles puissent êtres logées dans un délai raisonnable.