Reprise du turbin depuis lundi. Les monarques disciples de Bacchus ont cuvé leur vin et dégusté les nouilles bouillies. Bienvenu à la réalité des jours sans fard. Surtout ne pas être en retard, aussi fêtard que l’on puisse être. Janvier ne vous fera pas de cadeau ni de promesse de lendemain meilleur. La vie reprend son cours, avec des hauts et des bâts qui blessent les bêtes de somme que nous sommes peut-être devenus à force… Car fo travay pou gagn son pin.
Le sapin foutu aux ordures. Sans fioritures, le roi des forêts est un roturier sans allure dont plus personne ne veut… Après l’avoir adulé comme une star, une idole, le voilà valant moins que son sosie de plastoc. 
Qui se soucie de ce bout de bois à présent ? Ça ne se rapporte plus à rien, sinon aux tâches alourdies des éboueurs. Derniers compagnons d’une vieille branche sous laquelle s’abritait toute l’affection matérielle portée aux mioches chanceux d’avoir des parents matérialistes. Qui disent leurs sentiments au portable dernier cri… avant les prochaines soldes des émotions sans paroles. 
Pas sûr que les émotions soient transmissibles par Bluetooth; faudrait peut-être les énoncer avec des mots sensés et gorgés de substance. Par SMS si vous le voulez, mais ce serait assez limite que d’envoyer un texto : BONANIF MAJOLI. FROM PAPI KI TM. À moins de le vivre comme une formalité à remplir, une facture ou une taxe municipale à s’acquitter dans les temps pour ne pas se prendre un pruneau, une amende. 
Et pourquoi pas un mail ? Un courriel serait peut-être trop demander aux émotionnellement constipés; un “j’aime” et un commentaire typé, tapé à la va-vite sur Facebook, devrait suffire à signifier à ses proches qu’on les aime. Vive l’interconnexion des solitudes ! Vive la déshumanisation des temps modernes !
Certes, ena plis telefonn portab ki dimounn dan nou pei. Mais à quoi ça sert au juste, si la communication passe mal entre les individus ? Qui se refilent les virus de la connerie par contagion informatique. De pire en pire ! 
Et ce n’est pas près de s’arrêter car l’abêtissement est une promesse faite aux générations actuelles et à venir. Tout comme l’atmosphère viciée est une prouesse de modernité et d’énergie crasseuse. Cela devrait durer aussi longtemps qu’oeuvreront de puissants et nébuleux lobbies. Ceux qui maquillent les idées dans la tête du citoyen. Ceux qui mettent des masques aux mots.