J.ROLAND PIERRUS

« Le pessimiste se plaint du vent, l’optimiste espère qu’il va changer, le réaliste ajuste les voiles en conséquence. »

Les progrès dans le domaine de la médecine tendaient à nous faire oublier notre fragilité, jusqu’à ce que les événements nous ramènent à la dure réalité, nous permettant de prendre conscience à quel point nous sommes faibles et vulnérables devant la maladie. Il arrive parfois, que nous parvenions à nous tirer d’affaire, au prix de traitements divers et prolongés. Notre détermination peut quelques fois nous aider à nous en sortir, mais hélas! vouloir n’est pas toujours pouvoir.

 Nous sommes grandement reconnaissants envers les éminents biologistes, tels Edouard Jenner qui réalisa avec succès le premier vaccin, le 14 mai 1796, contre la variole, ou encore Louis Pasteur à qui nous devons le vaccin contre la rage, mal qui sévissait en Europe, vers la fin du XIXe siècle. Que de chemin parcouru depuis ce temps! La diphtérie, la typhoïde, la varicelle, le tétanos, la poliomyélite, pour ne citer que certaines des maladies infectieuses qui ont fait tant de victimes, ne nous font plus peur aujourd’hui, grâce à la découverte de vaccins utilisés pour la prévention. La découverte, vers le milieu du siècle dernier, du vaccin contre la poliomyélite – qui touchait surtout les enfants de moins de cinq ans – est à mettre au crédit de trois biologistes, Pierre Lépine, Jonas Salk et Albert Sabin. Connue aujourd’hui comme le vaccin Salk, sa découverte a permis l’éradication de cette maladie, souvent mortelle et qui doit être malgré tout en constante surveillance afin d’en éviter toute résurgence.

 Bien que des vaccins aient été découverts contre certains types de grippe, on est loin de pouvoir éradiquer sous toutes ses formes cette maladie hautement infectieuse. Les vaccins antigrippaux doivent sans cesse évoluer afin de contrer les virus qui dans ce domaine sont en constante mutation.  La pandémie de l’actuel Covid-19 ne peut être traitée de la même façon qu’avait été traité le H1N1 de 2009. D’ailleurs, bien qu’un vaccin avait été alors trouvé, cette fois, il ne l’a toujours pas été, malgré toutes les recherches faites en laboratoires, de par le monde. Bien au contraire, la pandémie ne cesse de s’étendre, impactant lourdement l’économie mondiale, perturbant le commerce et affolant les places boursières. Le tourisme, un des piliers de notre économie, voit fondre ses revenus comme neige au soleil suite à l’annulation des vols vers ou en provenance de certains pays contaminés. Notre approvisionnement en vivres de première nécessité comme en médicaments, souvent difficiles à trouver en pharmacies, est plus que jamais menacé. Les optimistes sont d’avis que la pandémie disparaîtra d’elle-même alors que les pessimistes pensent que le pire est à venir. Qui vivra verra, sommes-nous tentés de dire, mais n’oublions pas qu’il faut autant de courage pour agir dans le but de changer le cours des choses que pour se résigner devant l’inéluctable.

 Que nous soyons jeunes ou âgés, riches ou pauvres, de telle ou de telle religion, nationalité ou culture, nous faisons face aux mêmes dangers puisqu’au final nous sommes d’une même race, la race humaine, et vivons sur la même planète, notre bonne vieille Terre. Pensez-vous que la bombe atomique utilisée lors d’une guerre nucléaire choisirait ses victimes ou l’astéroïde se dirigeant vers la terre, son point d’impact ?  Dans ce monde où le passeport revêt une si grande importance surtout face aux problèmes actuels causés par les migrants, le Covid-19 s’en passe et franchit toutes les frontières établies par l’Homme. Si en ces temps de grand danger nous savons faire front commun pour notre survie, saurons-nous, le danger passé, nous employer pleinement à l’éradication d’autres fléaux tels la violence, la maltraitance des plus vulnérables, l’indifférence envers la vraie misère, la non-dénonciation des crimes et trafics de toutes sortes qui affligent également l’humanité.

Agissons avec calme et raisonnement en ces heures difficiles afin de ne pas aggraver la situation, chaque jour un peu plus préoccupante. Respectons les consignes, sans tomber dans l’absurde, telle cette personne qui décline d’un geste de serrer la main de son interlocuteur, mais qui finit par lui chuchoter quelques mots à l’oreille au cours de la conversation qui s’ensuit. Il n’est certainement pas facile de changer ses habitudes, mais la situation l’exige. Ce ne sont pas seulement les poignées de main qui sont à éviter, mais toute action qui nous expose à la contamination. Que toutes les mesures nécessaires soient prises au niveau national afin que notre île en soit épargnée ! Que Dieu nous vienne en aide !