Jean Rino Clair, un Rodriguais établi à Maurice dans les années 90’, a plaidé coupable hier, lors de sa comparution aux Assises, pour avoir causé la mort de sa concubine, Roselette Marianne, le 8 juin 2010 à Mesnil, Phoenix. C’est suite à une dispute au sujet de leur relation que l’accusé lui aurait asséné plusieurs coups avec une cisaille. Il répond d’une charge de meurtre sans préméditation (“manslaughter”). Le juge Benjamin Marie-Joseph rendra son verdict le 7 juillet.
Jean Rino Clair, maçon de son état, a comparu devant le juge Benjamin Marie-Joseph aux Assises hier dans le cadre du procès qui lui est intenté pour le meurtre de sa concubine, Roselette Marianne. Ce Rodriguais d’une cinquantaine d’années a, lors du procès, plaidé coupable d’une charge réduite de meurtre sans préméditation (“manslaughter”). Dans ses deux dépositions données au poste de police de Phoenix, Jean Rino Clair devait avouer avoir agressé sa concubine avec une cisaille défectueuse, qui comportait une seule lame. Selon les dires de l’accusé, c’est suite à une dispute qu’il s’est muni de l’outil pour agresser sa victime. Il indique, dans ses dépositions, qu’il vivait avec sa concubine depuis l’an 2000 et qu’ils se disputaient souvent au sujet des enfants. Le jour du drame, il prenait un verre avec sa concubine quand cette dernière lui a déclaré qu’elle allait le quitter, ajoutant qu’elle ne voulait plus le revoir. Pris de colère, Jean Rino Clair lui aurait lancé : « Pas provok mwa, aret koze ! » Il finira toutefois par commettre l’irréparable en se munissant d’une cisaille qu’il plantera dans le dos de la victime à plusieurs reprises. Réalisant que sa concubine saignait abondamment, il ira chercher de l’aide. Avant que le Samu et que la police n’arrivent, Jean Rino Clair aura cependant pris soin d’éponger le sang qui s’était répandu sur le matelas où se trouvait la victime tout en tentant de la garder en vie. Il sera arrêté le jour même. Le 15 juin 2010, il apprendra que sa concubine avait succombé à ses blessures.
S’adressant à la cour, Jean Rino Clair a soutenu avoir agi « dans un moment de colère » et qu’il ne « pensait pas faire une chose pareille ». Il a ensuite exprimé sa tristesse, faisant ses excuses pour le tort commis. Il a déclaré par ailleurs qu’il s’occupait lui-même des enfants de sa concubine ainsi que du sien sous le même toit car il était le seul à travailler. Son homme de loi, Me Viren Ramchurn, a demandé à la cour de faire preuve de clémence lors de son réquisitoire, soutenant que son client avait avoué son crime. Il indique en outre que son client a coopéré avec la police et a plaidé coupable en cour de l’accusation portée contre lui. Il devait aussi demander au juge de prendre en considération les circonstances entourant le drame, rappelant que c’est l’accusé lui-même qui était parti demandé de l’aide après avoir réalisé ce qu’il venait de faire. La poursuite est représentée par Me Shakeel Bhoyroo. Le juge Benjamin Marie-Joseph rendra son verdict le 7 juillet. Jean Rino Clair a été conduit en détention en attendant sa sentence.