Faute d’irrigation, une bonne partie des légumes cultivés actuellement dans le nord de l’île a été détruite. Conséquences : risque de pénurie de légumes dans les semaines à venir et hausse des prix avant la fin de l’année. Les planteurs tirent la sonnette d’alarme. Ils ont discuté de cette question avec les autorités, hier, à Solitude.
Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association (SPA), explique que l’Irrigation Authority doit offrir 25 mm d’eau par semaine aux planteurs du Nord sous le projet de la Northern Plains Irrigation Project Phase 1 (NPIP). Or, depuis plus de deux semaines, ils n’obtiennent, selon lui, que la moitié de ce quota en deux semaines, soit moins de 6 mm par semaine. « Nos plantations souffrent, les plantes ne grandissent pas. De grandes superficies ont été détruites et abandonnées par les planteurs », fait-il ressortir. Selon un relevé effectué par les membres de cette association, 132 planteurs y sont concernés et y ont investi environ Rs 15 M. Ils emploient environ 250 personnes, plus les membres de leurs familles, leur versant des salaires d’environ Rs 95 000 quotidiennement.
Lors de la réunion d’hier, les planteurs ont expliqué leur situation à différentes autorités, dont le ministère de l’Agro-industrie, l’Irrigation Authority et l’Agricultural Research and Extension Unit (AREU). Ils leur ont demandé un soutien à hauteur de 25 mm d’eau par semaine durant les prochains deux mois, le temps de terminer avec la présente culture et aussi afin de pouvoir récupérer leurs investissements. « Ils nous ont promis une réponse au plus vite », fait ressortir M. Sunghoon.
Par ailleurs, tel ne serait pas le cas dans les régions du Plateau central et du sud du pays où les planteurs, quoique souffrant eux aussi d’un manque d’eau, arrivent à maintenir leurs cultures en bon état. Cela se reflète, indique Kritanand Beeharry, président de la Mauritius Agricultural Marketing Cooperative Federation (MAMCF), par le niveau des prix et de la disponibilité des légumes sur le marché. « Nous récoltons actuellement les légumes que nous cultivons depuis les trois derniers mois. C’est ce qui explique la bonne santé au niveau des prix des légumes. Mais cela peut ne pas durer s’il ne pleut pas dans les jours et semaines à venir », dit-il, en rappelant que seulement 20 % des investissements ont été effectués dans cette région par les planteurs le mois dernier. La production des légumes sera alors réduite vers la fin de l’année, engendrant une montée des prix d’environ 20 % à partir des fêtes de fin d’année.