La dissolution du comité disciplinaire d’Airports of Mauritius Ltd (AML) institué contre le président de l’AML Employees Union, Sharvin Sunassee, a été réclamée hier par Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), à l’issue d’une nouvelle réunion tenue à huis clos hier à la Newton Tower.

Raison invoquée : la déclaration faite au Parlement lundi dernier par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, à la suite d’une interpellation du député Rajesh Bhagwan, à l’ajournement des travaux parlementaires. Ce dernier avait en effet demandé au chef du gouvernement d’intervenir dans ce dossier vu que le syndicaliste a été suspendu de ses fonctions depuis mars 2019 à la suite d’un commentaire posté sur Facebook jugé « diffamatoire » par la direction d’AML.

Narendranath Gopee déclare que ce comité disciplinaire « n’a plus sa raison d’être », Pravind Jugnauth ayant laissé entendre qu’il contactera la direction d’AML pour s’enquérir de la situation. Dans ce contexte, « nous ne voyons pas pourquoi ce comité disciplinaire devrait continuer à siéger vu que le chef du gouvernement a affirmé que “we’ll see what is the way forward with regard to the person” », dit le syndicaliste.
Dans une déclaration au Mauricien à l’issue de la rencontre du comité disciplinaire, le président de la FCSOU a jugé la situation « très grave ».  Lors de cette réunion, dit-il, la partie adverse et la présidente de ce comité disciplinaire, Me Marie Loo Soobramanien, « semblent être sur la même longueur d’onde » que AML. « Nous avons l’impression que ce comité disciplinaire est tout simplement un trompe-l’œil et que la décision a déjà été prise pour sanctionner le président de l’AML Employees Union. Je ne comprends pas que la présidente ait affirmé au sein de ce comité que des “legal issues” ne peuvent être traitées au sein de ce comité, mais les faits », a-t-il affirmé. Ce qui veut dire, selon lui, que « même si un comité disciplinaire est illégal, il faut qu’il continue ses travaux ». Il faut savoir que ce comité disciplinaire a été instauré d’après les paramètres d’un Procedural Agreement. « Au sein de la réunion, nous avons demandé que ce comité soit dissous car il a été mis sur pied “on complete breach” de l’article 12 du Procedural Agreement. Je n’ai pas vu la présidente de ce comité exprimer son point de vue sur la question. Je ne comprends pas pourquoi elle dit à la partie adverse qu’il lui faut du temps pour rendre son Ruling sur un point distinct », a-t-il déclaré.

Il devait aussi dire ne pas comprendre pourquoi la présidente de ce comité n’accepte pas un Ruling de la Cour suprême qui, dans un cas similaire, avait ordonné à un comité disciplinaire de cesser ses travaux. « La partie adverse avait alors souligné que ce Ruling ne pouvait être pris en considération car il s’agissait d’un jugement en Chambre. Pour moi, les travaux de ce comité ne sont pas Free and Fair. Je demande au Premier ministre de ramener à l’ordre ses représentants au sein de ce comité disciplinaire », a-t-il conclu.