Après deux ans d’existence et de présence affirmée sur la scène politique, le Mouvement patriotique (MP) se dit aujourd’hui en mesure d’envisager son avenir en tant que partenaire au sein d’une alliance lorsque les élections générales seront d’actualité. Le parti de la rose qui célébrait ses deux ans, vendredi soir, est catégorique sur la question d’alliance : le Mouvement patriotique n’est pas en faveur d’une fusion avec un autre parti. Dans une déclaration à Week-End, Alan Ganoo, le président du MP, explique que le parti briguera les législatives en préservant son identité. Mais à ce jour, la question, dit-il, ne se pose pas. Pour le moment le MP, poursuit-il, se prépare pour devenir une alternance crédible.
Au fil de ces deux années, le MP a pu se construire et se structurer. D’ailleurs, Alan Ganoo avance que l’anniversaire du parti a été une occasion pour lui d’exhorter ses membres à être plus actifs sur le terrain pour renforcer les assises du MP. Et c’est dans cette optique que le MP compte aller à la conquête de toutes les circonscriptions pour devenir un parti politique présent tant dans les villes que dans les villages.
Rappelant la naissance du Mouvement Patriotique, ses premiers balbutiements, Alan Ganoo a fait ressortir que son parti, et ce contrairement à d’autres qui ont fait leur apparition pendant la campagne électorale de 2014, a vu le jour après les législatives. « L’histoire a démontré que peu de nouveaux partis sont capables de durer. Malgré des désaccords et des problèmes de cohésion et d’homogénéité dans le parti, nous avons graduellement forgé notre identité. Car, au début, notre objectif était de nous rendre identifiables sur l’échiquier politique », déclare Alan Ganoo.
Il laisse aussi comprendre qu’en deux ans, le MP a su se faire entendre, notamment sur l’affaire Alvaro Sobrinho, scandale politico-financier où le parti était « le premier à réclamer la démission de la présidente de la République ». Il a aussi plaidé pour le rapatriement de la Constitution, l’introduction du kreol morisien au Parlement, l’introduction de nouveaux billets de banque en vue de mettre à genoux la mafia de la drogue…
Mais dans un plus proche avenir, Alan  Ganoo explique encore que c’est le dossier de la drogue qui retiendra l’attention du MP. En effet, le président du mouvement annonce son intention de déposer très bientôt devant la Commission d’enquête sur la drogue. Et en juin prochain, le parti relancera un forum-débat sur la drogue. Pour l’occasion, l’expertise du Dr David Mété, chef du service d’addictologie au Centre Hospitalier Universitaire de La Réunion, sera mise à contribution. Invité, le spécialiste devrait intervenir durant cette conférence.
Par ailleurs, commentant la suspension des travaux parlementaires en marge du prochain Budget, le MP estime que cette décision « est un coup dur à la démocratie ».  La vraie raison derrière le renvoi du Parlement, selon Alan Ganoo est ailleurs : «Le gouvernement a peur d’affronter l’opposition ! » Les scandales qui se sont succédé parlent contre le gouvernement, faisant ainsi de l’alliance gouvernementale une alliance contre lepep. Le Budget se doit, dit-il, de proposer des mesures pour la relance économique avec des solutions à long terme.