Hospitalisé dans un état jugé « sérieux » il y a trois semaines à l’hôpital Victoria, avec les symptômes du virus H1N1, Rakesh Dayal a rendu l’âme hier. Ce premier décès « officiel » lié à la souche grippale pousse déjà certains à déplorer l’absence d’une campagne de prévention agressive des autorités sanitaires. L’occasion aussi de rappeler les précautions à prendre.
L’état de santé de Rakesh Dayal (33 ans), qui présentait tous les symptômes de la grippe H1N1, ne s’était guère amélioré depuis de son admission il y a trois semaines aux soins intensifs de  l’hôpital Victoria, à Candos. Il a malheureusement succombé hier. Depuis la dizaine de décès liés à ce virus enregistrés en 2009 – et qui avaient provoqué la panique générale dans le pays –, celui de Rakesh Dayal est donc le premier cas officiel. Toutefois, l’OMS ayant décrété en 2010 que la grippe H1N1 n’est plus considérée comme une pandémie mondiale – mais comme un virus de la grippe saisonnière –, d’autres décès pourraient résulter de cette souche, sans que l’on ne puisse l’affirmer. Dans le même temps, il faut aussi souligner que plusieurs décès liés aux infections pulmonaires sont recensés chaque année, et plus particulièrement à chaque saison hivernale. Et que ces décès sont majoritairement à mettre sur le compte des souches grippales plus « traditionnelles ». D’où l’importance d’une campagne nationale de prévention au début de chaque saison hivernale.
Le décès de Rakesh Dayal, ex-employé de Mauritius Duty Free Paradise, a malgré tout provoqué une onde de choc dans sa famille, mais aussi chez ses anciens collègues de travail et dans la population générale. A l’hôpital Victoria, on souligne que l’état de santé de ce jeune malade était déjà assez sérieux le jour même de son hospitalisation, raison pour laquelle celui-ci a immédiatement été admis à l’unité de soins intensifs. Selon le personnel médical, le malade a été pris en charge selon le protocole en vigueur et a bénéficié de tous les traitements médicaux.
De son côté, le ministère de la Santé demande au public « de ne pas paniquer » après le décès de ce patient et affirme prendre toutes les précautions nécessaires, et ce à plusieurs niveaux. La semaine dernière, Le Mauricien avait questionné le ministère spécifiquement sur l’état de santé de ce patient et sur les mesures envisagées pour l’avenir. En guise de réponse, nous n’avons reçu qu’une  circulaire sur la campagne de vaccination pour les groupes de personnes à risque ainsi que pour le personnel soignant. De même que la liste des précautions à prendre en cas de symptômes de grippe.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, ce sont les jeunes qui, à travers le monde, sont les plus touchés par le virus H1N1. A Maurice, lors de la dernière épidémie, en 2009, les virologues ont fait le même constat, les jeunes Mauriciens ayant été davantage contaminés. Raison possible : les jeunes n’auraient pas développé une immunité par rapport aux grandes épidémies connues à Maurice dans le passé, à l’instar de la grippe espagnole.
Même s’il y a eu un répit après l’épidémie de 2009, le H1N1 est toujours présent et circule continuellement avec les autres virus de type B. L’une des complications les plus dangereuses de la maladie, c’est la pneumonie, virale ou bactérienne. D’où la nécessité d’une plus grande vigilance  en période hivernale, principalement chez les personnes souffrant de maladies chroniques (asthme, troubles cardiovasculaires, diabète), considérées dès lors comme étant très vulnérables, au même titre que les personnes âgées, les femmes enceintes et les jeunes enfants.
Depuis la nouvelle de ce nouveau cas de décès lié directement à la grippe H1N1,  nombreuses sont les voix – y compris dans les hôpitaux – à dire l’importance d’un rappel constant à la population des  mesures de précautions à prendre par rapport à la grippe. Médecins et infirmiers déplorent ainsi vivement l’absence cette année d’une campagne d’information systématique, et plus agressive, de la part du ministère de la Santé pour sensibiliser la population. « Minister ti bizin relanse so mass media campaign. Les gens ont oublié l’ABC de la prévention », note un responsable d’un grand Area Health Centre. Les communiqués de presse émis de temps en temps par le ministère s’avéreraient ainsi insuffisants.  
Si la responsabilité des autorités est engagée concernant la stratégie nationale de prévention à tous les niveaux (mécanisme de surveillance, sensibilisation de la population, équipements de protection pour le personnel médical), la responsabilité individuelle ne doit pas non plus être négligée. « Celui qui a la grippe doit prendre des précautions pour ne  pas contaminer d’autres personnes dans son entourage. Le devoir du malade est tout aussi important que les mesures de précautions des autorités », souligne le responsable d’un hôpital régional.