« Le pays est au bord du naufrage, et est en “deep trouble” », a soutenu hier le leader du MMM, Paul Bérenger, lors de la première assemblée de délégués de ce parti, organisée cette année à la salle municipale de Belle-Rose. Dans une salle comble composée de délégués auxquels se sont joints de nombreux partisans mauves, l’assemblée de délégués a pris par moments l’allure d’un congrès.
Avant la fin de la réunion, une partie de l’assistance a quitté la salle pour se masser à la sortie du bâtiment pour faire la fête jusqu’à la fin de l’assemblée. Pour le leader du MMM, l’assemblée de délégués était l’occasion « de prendre un nouveau départ ». Il y a, pour lui, deux raisons derrière « la dégringolade du gouvernement » : premièrement la fraude, la corruption, les scandales, l’affairisme, les nominations scandaleuses entre autres et deuxièmement la situation économique. « Nou finn sap dan karay ki ti pe kwi depi 2005 pou tom dan dife ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui la population fait la différence entre le gouvernement actuel et le MMM. » S’agissant de la situation économique, Paul Bérenger a soutenu qu’elle est « en panne ». « Beaucoup de choses ont été promises, notamment un deuxième miracle économique et la création d’emplois par milliers. Or, le premier budget de Vishnu Lutchmeenaraidoo a été un fiasco. Aujourd’hui, l’économie est en panne. »
Le leader de l’opposition a également souligné que, contrairement à ce qui avait été promis, « pas un sou n’a été dépensé pour les petites et moyennes entreprises ». « Les grands projets annoncés n’ont pas été concrétisés », a-t-il déploré. Et d’ajouter que « le prochain budget sera un flop ». Paul Bérenger a déclaré que le pays connaît un degré d’incompétence et de cafouillage sans pareil. « Le gouvernement est divisé. Un ministre tire un affidavit contre un autre ministre. Le Premier ministre est dépassé », a-t-il lancé. Pour lui, « l’affaire BAI a été mal gérée et la conclusion du traité de non double imposition avec l’Inde représente un crime contre le secteur offshore ». Le leader du MMM a également dénoncé la façon dont les dossiers aussi importants que le métro léger, les Chagos et Tromelin sont traités. Il a estimé que le Premier ministre « est mal conseillé ».
Paul Bérenger estime qu’au train où vont les choses, le pays s’achemine vers des élections partielles. « Toutefois, ce ne sont pas des élections partielles dont le pays a besoin. Nous avons surtout besoin d’élections générales », a-t-il insisté, précisant n’avoir « jamais dit que les élections générales sont derrière la porte ». Il a aussi profité de l’occasion pour préciser que le MMM ira définitivement « seul » aux élections générales. Et de rappeler que le MMM s’acheminait à une victoire aux élections générales de 2010 et que c’est « grâce au MSM que le PTr avait remporté les élections ». Il a promis qu’un effort spécial sera fait à l’égard des femmes et des jeunes. Il a insisté sur l’importance d’une réforme électorale, considérant que le système actuel « bloque tout ». Il s’est prononcé en faveur d’une réforme électorale et a souligné que le texte d’un projet de loi est déjà prêt depuis 2014.
Interrogé par les délégués sur l’attitude à adopter face à ceux qui ont quitté le MMM pour se joindre au ML ou au MP, Paul Bérenger a fait comprendre que toutes les nouvelles adhésions ou les retours éventuels doivent d’abord passer par les régionales du MMM. Concernant la réforme constitutionnelle et la proposition portant sur le fait qu’un leader ne devrait pas faire de mandat dépassant cinq ans, Paul Bérenger a répété ses déclarations précédentes à l’effet que « les propositions seront étudiées par les différentes instances mauves et que des propositions finales seront proposées à l’assemblée de délégués », lesquels pourront se prononcer. Il a toutefois insisté sur le fait que les débats sur la réforme constitutionnelle ne deviennent pas l’attention sur les priorités, à savoir les préparatifs en vue des prochaines élections générales. À une question concernant les salaires ministériels, Paul Bérenger a évoqué le principe de compensation salariale et a constaté que sur cette base le Premier ministre n’obtiendrait qu’une augmentation de 3 %. « C’est au niveau des « fringe benefits » que les propositions paraissent exagérées ». La question sera abordée au niveau du bureau politique de ce parti cet après-midi avant qu’une décision ne soit prise. Le MMM semble favorisé une action symbolique sur cette question. Par la suite, à d’autres questions, Paul Bérenger s’est prononcé en faveur de l’organisation des conférences sur l’histoire du pays et du MMM qui seront ouvertes aux jeunes militants et au public en général. Deven Ramalingum avait auparavant fait une proposition dans ce sens.
L’assemblée de délégués était présidée par Rajesh Bhagwan, qui a estimé que « le gouvernement est le pire qu’on ait connu depuis l’indépendance ». Reza Uteem a dressé une liste de scandales, qui secouent le gouvernement actuel. Adil Ameer Meea a souligné que le gouvernement « n’a pas tenu sa promesse » à tous les niveaux, y compris concernant la création d’emplois. Le secrétaire général du MMM, Ajay Guness, a, de son côté, souligné l’importance de l’assemblée de délégués d’hier qui marque le début des mobilisations vers la prise du pouvoir. Parmi les autres orateurs figuraient également Arianne Navarre-Marie et Veda Baloomoody.