Les développements survenus dans l’affaire Coin Idéal se sont finalement révélés bien plus intéressants que les débats budgétaires sans saveur qui se sont déroulés cette semaine. C’est une Private Notice Question du leader de l’opposition adressée au Premier ministre jeudi qui a permis à ce dernier de corriger de manière radicale les réponses qu’il avait données à ce sujet le 12 juillet, suivant une interpellation de Rajesh Bhagwan. Sir Anerood Jugnauth a indiqué à Paul Bérenger que l’enquête policière a été bouclée et soumise au Directeur des poursuites publiques pour décider des suites à donner à cette affaire.
Face à un leader de l’opposition visiblement très bien informé sur le dossier, dans la mesure où il a fait état de menus détails de cette affaire inconnue du Premier ministre à qui, visiblement, le commissaire de police n’a pas tout dit, le Premier ministre a dû admettre qu’il y a eu en effet “une tentative de cover-up” et qu’il sera demandé à un magistrat de tirer tout cela au clair. Le chef du gouvernement a aussi agréé à la demande de Paul Bérenger pour que l’enquête soit confiée à un Senior Magistrate, à condition qu’il y en a de disponible.
L’affaire Coin Idéal pour résumer : le fils du DCP, Saven Seerungen, 32 ans, qui a obtenu, en août 2015, l’autorisation d’utiliser la BMW de fonction de son père, est au volant de ce véhicule dans la nuit du 27 au 28 mai. Il s’arrête dans les parages de la tabagie Coin Idéal et prend à son bord une femme aux alentours de minuit et expliquera ensuite avoir donné un “lift”.
Les choses ne se passent pas comme prévu pour le fils du haut gradé, la femme réclamant plus pour les prestations exigées. Les discussions n’aboutissant pas, entre alors en scène le “protecteur” de la femme, qui exhorte Saven Seerungen à se rendre au guichet automatique le plus proche pour retirer de l’argent. Il prétexte que son compte n’est pas alimenté et qu’il doit se rendre à un autre guichet à Coromandel.
Tout le beau monde embarque dans la BMW de la police et se rend à Coromandel. Le fils du DCP voyant passer une patrouille policière, crie au secours. Il est récupère par les collègues son père, tandis que le “protecteur” s’enfuit au volant du véhicule de la police.
À partir de là, toutes les procédures sont bafouées et le cover-up commence. La police arrive à récupérer le véhicule et des entrées sont bien consignées, mais pas de déposition de la “victime” ni d’arrestations effectuées. Tout devait être gardé sous le boisseau, jusqu’à ce que Le Mauricien du 25 juin publie tous les détails croustillants de cette affaire dont le secret était bien gardé aux Casernes centrales.
 Arrestations le 11 à la veille de la PQ du 12 juillet
 Ce n’est que le 11 juillet que les premières arrestations interviennent, soit à la veille du jour où le whip de l’opposition Rajesh Bhagwan interpelle le PM sur cette affaire mais, mal renseigné par le commissaire de police, SAJ sort quelques énormités, avant de dire qu’il demandera à ce même CP d’initier une enquête. Et, le lendemain, Mario Nobin rejette de manière catégorique toute idée d’enquête interne.
Comme les pressions en haut lieu deviennent plus fortes, les langues commencent à se délier et Le Mauricien et Week-End reviennent sur certains détails de cette affaire dont s’empare aussi Paul Bérenger, qui a visiblement été alimenté de l’intérieur sur ce dossier scandaleux. Il en fait sa PNQ le 4 août et obtient du Premier ministre que l’enquête soit retirée de la police, qu’elle soit confiée à un Senior Magistrate et que le DCP Seerungen soit mis en congé.
La PNQ de vendredi sur la lute contre la pauvreté s’est déroulée dans une ambiance autrement moins consensuelle, le ministre Pradeep Roopun revenant sur une annonce budgétaire de Pravind Jugnauth à l’effet que la Subsistence Allowance sera accordée à chaque adulte en disant, cette fois, que ce sera à chaque famille.