À l’annonce de l’arrestation de l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam par le CCID, décision a été prise par la direction du PTr de se réunir au quartier général du parti, au Square Guy Rozemont. Lors d’une réunion spéciale du Bureau politique, les anciens ministres Shakeel Mohamed et Arvin Boolell, ainsi que le président du PTr Patrick Assirvaden, ont évoqué « un jour sombre dans l’histoire du pays » et dénoncé « un complot planifié à l’avance».
Dès 17h30, les premiers partisans du PTr se sont regroupés, les premiers arrivés étant l’ex-vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques Anil Bachoo, suivi du député rouge Osman Mohamed, ainsi que d’autres anciens ministres et des membres du parti. Un peu plus tard dans la soirée, alors qu’une foule attendait des informations sur le retour de Navin Ramgoolam aux casernes centrales, le président du PTr, Patrick Assirvaden, ainsi que les anciens ministres Shakeel Mohamed et Arvin Boolell, ont tenu un point de presse. Les intervenants ont fait part « du moment le plus sombre dans l’histoire du pays » et dénoncé « un complot pour nuire à Navin Ramgoolam ».
Patrick Assirvaden devait parler de « vendetta politique ». Il explique : « Saki lapolis ine fer sous linstriksion de sertin dimoun, li kler kinn fer tou pou ki dan lari Desforges Navin vinn lobze zot vanzans. Monn temwin bann va-e-vien bann polisye e mo ti pe deman zot ki linstriksion zot ine gagne. Zot ti pe dir zot ankor pa antann instriksion. » Continuant de plus belle, le président du PTr a critiqué les partisans du MSM. « Avan ki lapolis rant dan lari Desforges, banla ti fini arive. Li ene konplo planifye davans. Ti fini dir bizin al la-ba ! » Il a toutefois appelé les partisans rouges à respecter les institutions et à restés disciplinés.
Abondant dans le même sens, Shakeel Mohamed s’est dit « outré » par les événements d’hier après-midi. Il a dénoncé son agression à coups de casque « par des partisans du MSM » et le fait que Me Yousuf Mohamed, l’homme de loi de Navin Ramgoolam, ait lui aussi été malmené par des individus agressifs, qui ont en outre saccagé le pare-brise arrière de sa voiture. Arvin Boolell a quant à lui fait appel « à la sensibilisation de tout un chacun sur la situation politique et la manière dont on se sert de l’appareil de l’État ». Il a lui aussi critiqué la « manière agressive » de certains officiers de police. « Li ti enn insitasion a la violans. Si lapolis ti azir ek plis fermete, pa ti pou ena derapaz. »
Évoquant une mainmise du nouveau gouvernement « kinn fini instal li dan stasion lapolis », l’ancien ministre des Affaires étrangères a encouragé les partisans du PTr « à ne pas rester indifférents à ce qui s’est passé et à ne pas se laisser manipuler ». Il a appelé à une mobilisation dans toutes les circonscriptions de l’île « pou montre ki nou anvi nou pei ena respe ki li merite et montre nou dezaprobasion lor sekin arive ».
Les trois intervenants ont signifié leur intention de saisir la Commission des Droits humains à Genève et d’avertir toutes les autorités concernées, dont les ambassades. Patrick Assirvaden a souhaité une mobilisation en grand nombre samedi et dimanche à 10 h au QG du square Guy Rozemont « afin de prendre des mesures symboliques pour montrer la colère contre cette vengeance visant le leader du PTr ».