Une ambiance particulière régnait autour du vieux cimetière du Morne durant la journée d’hier et, selon les prévisions, elle durera quelques jours encore. Pour cause, le Professeur Krish Seetah, archéologue à l’Université de Stanford aux Etats Unis, en compagnie de deux autres confrères, les Docteurs Diego Calaon et Alexandra Cianciosi y effectuent des fouilles. C’est à la demande du Morne Heritage Trust, présidé par Edley Chimon, que ces travaux de recherche ont été relancés sur les origines des esclaves qui étaient à Maurice et qui avaient notamment fait du Morne leur base arrière.
Les travaux de notre compatriote, le Prof Krish Seetah, et son équipe consistent à trouver des éléments scientifiques susceptibles de confirmer l’origine et le pays des esclaves qui sont venus à Maurice. A ce titre, le professeur Seetah a confirmé, hier, à Week-End, que onze squelettes seront enlevés pour être acheminés vers des laboratoires universitaires en Espagne et en Angleterre (Cambridge) pour des tests poussés. « A priori, les travaux d’excavation se déroulent dans les meilleures conditions possibles du fait que nous avons eu les soutiens nécessaires. Les onze squelettes qui ont été trouvés seront enlevés et acheminés vers des universités pour des recherches d’ostéologie, c’est-à-dire une étude des os, et du Carbon 14. Ces testes d’ADN vont nous permettre de confirmer un certains nombre de choses sur les esclaves qui avaient trouvé refuge dans cette région », explique le professeur Seetah.
Ce dernier, qui a fait carrière en Angleterre avant de passer au Stanford aux Etats Unis, n’en est pas à ses premiers travaux à Maurice. Il a notamment travaillé avec l’équipe d’e lAapravasi Ghat. « Pour l’heure, nous sommes plus que satisfaits de nos recherches. Surtout que nous avons pu constater, en raison de éléments que nous avons retrouvés, que le vieux cimetière d’esclaves du Morne (ndlr: connu  comme le Cimetière Marron) est beaucoup plus grand et surtout beaucoup vieux », soutient notre interlocuteur. M. Krish Seetah parle même d’une possible existence depuis le 17e siècle.