Quatre suspects, Harish Gujadhur, âgé de 23 ans, présumé meurtrier, et ses complices, Naresh Gujadhur, âgé de 26 ans, Simla Moraghen, 32 ans, et sa nièce Doo, âgée de 17 ans, ont été reconduits en cellule policière ce matin après leur inculpation pour le meurtre de sang froid de Shaarfaraaz Dalidoo, âgé de 20 ans, habitant Plaine-Verte. La victime a succombé à une fracture du crâne aux petites heures dimanche matin à la hauteur de l’enseigne commerciale de Super U à Belle-Rose suite à une dispute survenue trois heures plus tôt sur le parking de la discothèque Gungroos à Vacoas. La comparution en cour de Rose-Hill des quatre prévenus s’est déroulée ce matin dans une ambiance chaude avec la police ayant eu fort à faire pour calmer les ardeurs. D’autre part, moins d’une demi-heure après le drame, le meurtrier présumé et ses complices sont revenus sur les lieux du crime à bord d’un autre véhicule pour confirmer qu’il y a eu mort d’homme avant de rentrer chez eux à Quatre-Bornes pour le reste de la nuit de samedi à dimanche.
L’autopsie pratiquée hier à la morgue du Princess Margaret Orthopaedic Centre (PMOC) par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, et le Principal Police Medical Officer, le Dr Mawell Monvoisin, a attribué la cause du décès à une fracture du crâne. Des abrasions ont également été relevées dans le dos de Shaarfaraaz Dalidoo vu qu’il a été traîné sur une certaine distance par un véhicule utilitaire (4×4) avant d’être lâché lourdement sur l’asphalte. Aucune autre trace de blessure n’a été consignée dans le rapport médico-légal, même si le principal suspect dit avoir mordu la victime à son bras droit.
Les recoupements d’informations effectués auprès des sources concordantes confirment que l’origine de cette agression mortelle remonte aux alentours de minuit sur l’aire de stationnement de la discothèque susmentionnée à Vacoas. Les quatre suspects s’y étaient rendus pour une sortie nocturne. Vers minuit, Naresh Gujadhur et Simla Moraghen devaient prendre la décision de quitter la piste de danse pour aller passer le reste de la nuit ailleurs. Ils avaient laissé Harish Gujadhur et la dénommée Doo à l’intérieur.
En prenant le volant du 4×4 pour quitter les lieux, Naresh Gujadhur devait faire une fausse manoeuvre en se frottant au véhicule de la victime, qui était en compagnie d’une dizaine d’autres amis. Shaarfaraaz Dalidoo devait approcher le chauffeur du 4×4 pour lui réclamer des explications.
En guise de réponse à ces interrogations, Naresh Gujadhur devait diriger son 4×4 de nouveau en direction de la voiture de la victime pour une nouvelle collision avant de repartir à grande vitesse, au grand dam de l’autre groupe de jeunes. Ces derniers se sont rendus au poste de police de la localité pour consigner une déposition au sujet de cet incident, qui semble à première vue banal.
À la fin de la soirée dansante, Harish Gujadhur et la dénommée Doo, qui ne savaient rien de ce qui s’était passé, cherchèrent en vain Naresh Gujadhur et Simla Mooraghen, qui étaient très loin des lieux. Ils purent organiser un autre transport pour rentrer chez eux. À la hauteur du dépôt de la Corporation Nationale de Transport, ils devaient croiser Naresh Gujadhur au volant du 4×4, qui remontait vers la discothèque.
Harish Gujadhur et Doo devaient regagner le véhicule de Naresh Gujadhur car la sortie nocturne n’était pas encore terminée. De Bonne-Terre, ils ont mis le cap sur Belle-Rose, le point de ravitaillement réputé des noctambules. Toutefois, en arrivant dans les parages de Shameem Hall, la bande à Gujadhur fut repérée par Shaarfaraaz Dalidoo et ses amis, qui s’y trouvaient déjà.
À ce stade, les versions consignées par la police diffèrent, même si l’enquête menée par la CID de la Western Division, menée par l’assistant surintendant de police Daniel Monvoisin, tente d’établir qu’il y a préméditation dans ce meurtre. En guise de défense, les suspects tentent de soutenir qu’ils ont agi en légitime défense.
« Enn kou, nou trouv trois lotos nek blok nou simin ek bann dimounes pé rode attak nou. Naresh (qui se trouvait au volant) ine lev vit et ine blok laport. Enn ta bann dimounes ine ouvert laport derrière kot Harish ti pé asizé avec Doo. Linn attrap Harish par so kolé ek pé risse li », a fait comprendre un des suspects à la police lors de son interrogatoire.
À un certain moment, Naresh Gujadhur a profité d’un passage sur le trottoir pour quitter les lieux avec son véhicule. Mais Shaarfaraaz Dalidoo était resté agrippé à la voiture. Dans un premier temps, le chauffeur avait signifié son intention de se rendre au poste de police de Rose-Hill alors que la victime était toujours suspendue à la portière arrière du 4×4. À l’angle de la route Royale et de l’avenue Ollier, soit à côté de Super U, il a changé d’avis car le véhicule n’était pas en règle avec la National Transport Authority car la vignette de déclaration n’était pas en règle.
Harish Gujadhur affirme que Shaarfaraaz Dalidoo avait tenté de l’étrangler dans la lutte depuis le démarrage du véhicule de Shameem Hall. De ce fait, il n’eut d’autre choix que de mordre la victime à la main. Le jeune habitant de Plaine-Verte devait chuter lourdement sur l’asphalte. Avec les conclusions de l’autopsie écartant toute trace de morsure sur la main de la victime, les limiers du CID de la Western Division privilégient la thèse que celle-ci aurait été poussée de force par Harish Gujadhur à ce moment précis.
De leur côté, Simla Moraghen et Doo, qui ont été placées en détention policière, affirment n’avoir rien vu de cette lutte alors que le véhicule roulait. « Nou pa finn truv dimoune tombé », auraient-elles déclaré en substance à la police.
Le 4×4 avec au volant Naresh Gujadhur et les trois autres occupants a bifurqué à gauche sur l’avenuer Ollier pour se rendre à Balance. En chemin, l’un des quatre suspects avait repris contact avec le chauffeur, qui avait transporté Harish Gujadhur et Doo de la discothèque jusqu’au dépôt de la CNT à Bonne-Terre pour venir les prendre à Balance.
Sur le chemin du retour à bord de l’autre véhicule, les quatre suspects sont retournés sur les lieux du crime en vue de confirmer les conséquences fatales et criminelles de cet incident avant de rentrer chez eux à Quatre-Bornes. Par la suite, le chauffeur-dépanneur avait téléphoné à la police pour annoncer que les concernés allaient se constituer prisonniers. Il n’en fut rien dans la matinée d’hier, car la police a dû procéder à leur arrestation à leur domicile.
La comparution des quatre prévenus devant le tribunal de Rose-Hill s’est déroulée sous haute tension ce matin. Le père de la jeune victime, encore inconsolable après ce drame, s’était rendu en cour en vue de dévisager les présumés coupables de ce meurtre, alors que des proches des suspects avaient tenté de bousculer les journalistes et photographes présents sur les lieux.