Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, a commenté hier l’affaire Betamax, entre autres choses. Dans le sillage de la publication du projet de Nine-Year Schooling du nouveau gouvernement, ce parti suggère à la ministre de tutelle une large concertation avec ses anciens prédécesseurs ayant eu en partage un même désir d’en finir avec le Certificate of Primary Education (CPE).
Paul Bérenger s’oppose vigoureusement à toute démarche visant à épargner quiconque «à la manière de Gooljaury» dans toute l’affaire Betamax. Il rappelle dans la foulée que c’est Xavier Duval qui avait à l’époque présidé le comité interministériel qui avait été chargé par le gouvernement d’alors de se pencher sur l’opportunité de confier le contrat d’acheminement des besoins pétroliers à Betamax.
Le leader de l’opposition demande ainsi au Deputy Prime minister de rendre publics tous les procès-verbaux de ce comité ministériel de même que le rapport que le comité a finalement soumis au Conseil des ministres. Paul Bérenger dit ne pas vouloir se satisfaire du «verbiage de Xavier Duval». «S’il n’a vraiment rien à cacher, qu’il rende publics ces documents», insiste le chef de l’opposition.
Le leader du MMM laisse comprendre qu’une fois encore, le leader des bleus veut se soustraire de ses responsabilités dans les «scandales» imputés au gouvernement Ramgoolam sortant. Paul Bérenger souligne à ce propos comment Xavier Duval, alors ministre des Finances, «avait insisté», en réponse à sa PNQ du 21 novembre 2013 à propos de la BAI, pour que l’on ne brusque pas les choses.
Sur un plan plus politique, le leader des mauves constate que le MSM et le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, ont décidé de «remettre à sa place» le leader du PMSD. Paul Bérenger cite d’abord le fait que Xavier Duval a bien dû finalement se contenter d’un seul et unique mairat contre trois au MSM, alors que son parti se faisait fort d’en réclamer deux, au même titre que le MSM.
 «D’accord qu’Air Mauritius passe sous le PMO»
 Il note ensuite qu’Air Mauritius, qui était sous la responsabilité du ministère du Tourisme, vient d’être placé sous la tutelle du Prime minister’s Office (PMO). Une décision que le leader de l’opposition accueille favorablement. Paul Bérenger rappelle à cet effet que, déjà lors des débats budgétaires, il avait attiré l’attention sur le fait que le ministre du Tourisme ne pouvait être juge et partie à la fois en prenant sous sa responsabilité le transporteur national.
Le chef de l’opposition trouve par ailleurs que sir Anerood a eu le mérite de ne pas avoir interféré, dans le passé, dans le travail des professionnels qu’il a nommés pour diriger Air Mauritius, «contrairement à Duval». Résumant son argumentation, le leader des mauves trouve que «Xavier Duval aura beau vouloir se tirer d’affaire, son long passage au gouvernement de Navin Ramgoolam de 2005 à 2014 lui collera toujours à la peau».
Paul Bérenger promet en sus de «révéler» prochainement comment, selon lui, l’ancien ministre des Finances de Navin Ramgoolam a mal négocié en 2013 le traité de non-double imposition fiscale liant Maurice à l’Afrique du Sud. Si bien que, s’en rendant compte après l’avoir signé, Xavier Duval a choisi de ne pas le présenter en vue de son adoption à l’Assemblée nationale.
Autre cible de Paul Bérenger, hier matin : le ministre du Logement et des Terres, Showkutally Soodhun. Le leader de l’opposition juge en effet «honteux» que ce dernier ait proféré des accusations contre le judiciaire dont des membres seraient, selon le ministre, parmi les bénéficiaires de terres de l’État.
Paul Bérenger croit savoir qu’il ne s’agirait que d’un «règlement de compte» mais qu’en pratiquant l’amalgame, le n°3 du gouvernement cause un tort immense à l’institution qu’est le judiciaire dont les membres, rappelle-t-il, ont un devoir de réserve. Le leader de l’opposition estime néanmoins que la déclaration faite par le ministre Soodhun est susceptible de constituer un outrage à la cour.
Paul Bérenger dit par ailleurs condamner en sa double capacité de leader de l’opposition et d’ancien ministre des Finances la décision de la Banque de Maurice (BoM) d’avancer un crédit de Rs 4 milliards assorti d’une garantie du gouvernement aux administrateurs spéciaux de la BAI. Pour lui, en effet, il n’est pas dans le rôle de la Banque centrale de faire des avances dans les présentes conditions.