Blues dan Jazz a sonné davantage jazz avec le Henri Texier Hope Quartet. Ce contrebassiste, considéré comme un des papes du genre, s’est produit à l’auditorium du Conservatoire François Mitterrand, dans le cadre de Blues dan Jazz, événement annuel organisé par l’Institut Français de Maurice.
Ça balance bien. Les amateurs de jazz n’ont pas manqué le rendez-vous avec le Henri Texier Hope Quartet, malgré la délocalisation du concert des locaux de l’IFM au Conservatoire de Musique François Mitterrand en prévision du mauvais temps annoncé.
Ce vendredi soir, un sourire de joie se fige sur le visage du mélomane captivé; ses yeux ne quittent pas la petite scène où les jazzmen laissent libre cours à des improvisations. Des compositions incisives sont servies. Au prime abord, la rythmique fiévreuse du batteur Louis Moutin. Les graves du contrebasse Henri Texier encadrent les déferlements de notes soufflées par un choeur de cuivres, composé de Sébastien Texier (saxo alto et clarinette), de François Corneloup (saxo baryton) et du trompettiste Philippe Thomas. À chaque solo improvisé, l’on est vite happé dans une sorte de maelström.
Les envolées vertigineuses feront place aux phrasés du pianiste Olivier David. Les jazzmen mauriciens se sont exprimés avec aisance aux côtés des Français. Avec émotion lors de passages apaisés, avec verve lors de tourbillons musicaux. Les notes de brillance soufflées par Philippe Thomas succèdent à celles, par moments facétieuses, du saxophone baryton de François Corneloup. L’on passe par plusieurs états d’âme.
Henri Texier sortira un archet pour un cachet solennel; Louis Moutin laissera tomber baguettes et balais pour jouer à mains nues sur la caisse claire. L’assistance a apprécié La fin du voyage, une composition proposée par Sébastien Texier. Mention à Nigerian Sad Water, morceau d’Henri Texier sur lequel la trompette de Philippe Thomas s’est adressée aux âmes sensibles à travers un souffle mélodieusement mélancolique.  
Le Henri Texier Hope Quartet a conclu le concert avec une composition intitulée Black March Revolt. Il a livré tout son pouvoir d’évocation, toute sa capacité de faire image à travers le jazz, après un rappel du public.