Le spectacle Bollywood Evolution axé sur les différentes époques glorieuses du cinéma indien n’a pas été à la hauteur des espérances des spectateurs présents jeudi au Centre Swami Vivekananda à Pailles. Pendant plus de trois heures, le public a assisté à une parodie de spectacle avec un manque de respect évident pour la légende vivante du cinéma indien, Dilip Kumar, dont on a oublié de rendre hommage et pour le remarquable travail accompli par la jeune génération dont Akshay Kumar et Hrithik Roshan dont le film Krissh 3 a dépassé les Rs 2 milliards en termes de recettes. La sonorisation aussi laissait beaucoup à désirer.
Certains spectateurs ont ressenti un grand malaise lorsqu’on s’est contenté au début du spectacle de faire une satire en règle de Dada Saheb Phalke à Londres. Ce cinéaste est considéré comme le pionnier du cinéma indien et avait produit le premier film indien, Raja Harishcandra en 1913.
Les époques n’étaient pas présentées d’une manière chronologique et ont a brûlé les étapes pour passer de l’époque du blanc et noir, jusqu’à l’âge d’or pour ensuite se tourner vers 2013. Le chorégraphe Sunil Sale aurait dû faire renaître dans le public le passé glorieux du cinéma et le progrès accompli au niveau technologique. Il s’est contenté d’un patchwork.
Pendant trois heures, le public a assisté à une comédie musicale avec une explosion de mouvements, de couleurs et de sons avec des danseurs et des chanteurs talentueux qui ont interprété les classiques d’hier et aussi les succès du moment. Des chorégraphies endiablées et variées mettant en valeur les 100 ans du cinéma et ceux ayant façonné au fil des années, le destin d’une industrie cinématographique qui fait toujours rêver.
Les différents tableaux défilant pendant plus de trois heures avec des mélodies des images différentes diffusées sur vidéo, des dialogues cultes de Sholay, de Shahenshah et les pas de danse de Mithun dans Disco Dancer ont fait le bonheur des irréductibles de Bollywood.
Les danseurs habillés de plus de 100 costumes et évoluant dans un décor somptueux ont reconstitué les époques du noir et blanc avec la projection du premier film indien, Raja Harishchandra en 1913 réalisé par Dadasaheb Phalke. Il y a eu également l’âge d’or du cinéma avec Raj Kapoor, Shammi Kapoor, Kishore Kumar, Mithun, Nargis, Helen, Rishi Kapoor et Jeetendra.
Les 45 danseurs agiles débordaient de brio, mélangeant tradition et modernisme. Belle harmonie entre les scènes, le rythme, chants et gestuelles classiques et une parfaite fluidité dans les mouvements. Le chorégraphe Sunil Sale a fait un extraordinaire travail de précision et d’ambiance. Touts ces danseurs qui ont illuminé cette soirée racontée par Bolly (Sneha Pandey) et Wood (Semal Bhapta) se sont distingués par leur aisance.
Ponctuant le show avec des intermèdes musicaux, les narrateurs apportent une respiration vitale à des oeuvres qui ont marqué d’une pierre blanche le cinéma indien. Un humour désopilant donne une légèreté à l’ensemble. Les chorégraphes ont vite fait d’instaurer la complicité avec le public avec des allusions à des films tournés à Maurice dont Agneepath, Souten, Mujse Shaadi Karoge.
Bollywood évolution dont c’était une première à Maurice avant sa représentation sur la scène internationale et sa diffusion sur le réseau de Zee Tv a séduit par la diversité des costumes, les voix tantôt caressantes, tantôt tonifiantes des artistes ont séduit. L’apparition régulière des narrateurs qui se sont avérés également de magnifiques danseurs a déclenché l’enthousiasme du public.
Ce show conçu pour les Mauriciens, a aussi été une occasion de vanter la beauté de notre île. Bolly et Wood se rencontrent à Maurice et interprètent les notes prenantes de Aashiqui 2. Les artistes n’ont pas eu droit à un standing ovation du public et c’est dommage. Sunil Sale devra comprendre qu’à Maurice on exige la qualité.