Deepak Nundoo, accusé provisoirement d’assassinat sur la personne de Poorun Rumon, a été remis en liberté conditionnelle par le magistrat Neeshal Jugnauth siégeant à la Bail & Remand Court. Le ruling a été rendu la semaine dernière. Le prévenu, comme l’avait été la victime, est un sudiste, plus précisément de Surinam.
Il est un fait qu’à un certain moment, durant le mois de juin 2013, Poorun Rumon était porté manquant. Son cadavre fut retrouvé quelques jours après que des recherches eurent été effectuées dans un champ de canne qui se trouve à l’endroit connu comme La Martinière, dans les parages de Surinam.
Le sergent Deegambar, un des enquêteurs dans cette affaire (Examinating Officer – EO) et qui représentait la police en cour pour s’opposer à la demande du détenu, a, lors de sa déposition, indiqué qu’un dénommé Randhir Nundoo, frère de Deepak Nundoo, avait été également arrêté. Le témoin a ajouté que Randhir Nundoo aurait laissé entendre que son frère et trois autres personnes auraient tué le dénommé Poorun Rumon.
L’EO a mis deux raisons an avant pour justifier l’opposition de la police quant à la demande du plaignant (the Applicant). Ces raisons sont : 1). Risk of re-offending ; et
2). Interfere with Witnesses. Pour le magistrat, la nature du témoignage qui a été mise en exergue pour impliquer le suspect est faible : il y a eu un témoin affirmant qu’il a vu Nundoo sur les lieux du crime, ce qui n’est pas suffisant pour établir qu’effectivement c’est lui qui a tué la victime. « It is also borne on record that the brother of the applicant in his statement given to the police stated that the applicant has killed the deceased. I am of the view that the evidence of the brother will be treated with caution by the trial court in as much as it is evidence of an accomplice », ajoute le magistrat.
Au cours de son interrogatoire contradictoire, l’EO a nié que les dénommés Satyam Bhunjun et Randhir Nundoo ont fait des allégations contre le plaignant, ajoutant qu’il ne sait pas non plus s’ils mentaient.
Finalement, le magistrat considère que le prolongement de la détention du suspect n’est pas justifié, en dépit des craintes exprimées par l’EO. Il établit une dizaine de conditions que Deepak Nundoo devra observer dont les plus importantes sont comme suit : versement d’une caution de Rs 25 000, plus une autre de Rs 150 000 en cash ou en biens et la signature d’une reconnaissance de dette de Rs 500 000 ; il n’aura pas le droit de se rendre ni de vivre à Surinam ; il doit rester chez lui à partir de 19 heures jusqu’à 5 heures du matin ; au cas où il a à sortir d’urgence, il doit informer la police de la raison ; il doit se rapporter deux fois quotidiennement au poste de police le plus proche de sa résidence, dont il doit communiquer l’adresse à la police, tout comme d’ailleurs son numéro de téléphone sur lequel il sera disponible à toute heure.