La découverte d’un cafard dans un pain végétarien à moitié consommé, acheté mardi à la cafétéria de l’université de Maurice, a poussé à la fermeture de la « cafet » de l’établissement tertiaire. Cette affaire vient rappeler ce que dénonce depuis plusieurs mois l’Union des Étudiants qui, à travers diverses pétitions, s’est plainte d’un problème d’insalubrité. Malgré deux contraventions dressées par le ministère de la Santé après une visite en présence du cantinier, Vishal Suggon, au lendemain de l’incident, ce dernier déclare à Week-End qu’il n’exclut pas la thèse de complot contre sa personne.
« Que ce soit clair, le ministère de la Santé n’a pas ordonné la fermeture de la cafétéria. J’ai moi-même, par mesure de précaution, accepté sa fermeture ». Tels sont les propos tenus, au téléphone, par Vishal Suggon à Week-End, hier après-midi. Ce dernier dément en bloc les conclusions des inspecteurs de la Santé selon lesquelles « the kitchen was found to be infested with cockroaches. » C’est ce que stipule une correspondance datée du 11 janvier que nous a fait parvenir le ministère de la Santé. « La cantine est un vieux bâtiment qui date de plus de 20 ans. Il n’y a pas eu de travaux d’entretien qui ont été faits comme il le faut. La cantine est toutefois nettoyée tous les jours », répète sans cesse Vishal Suggon.
À la question de savoir comment il explique ce fâcheux incident dans lequel un cancrelat a été retrouvé dans un pain par une cliente, qui a exigé l’anonymat, il répond : « Je ne sais même pas s’il s’agit d’un pain acheté chez moi. Les étudiants font toutes sortes de blagues contre moi. C’est la première fois qu’un incident de cette envergure a lieu. Je n’exclus pas un complot contre ma personne. »
Dans sa déposition à la Health Inspectorate Division de St-Pierre le 8 janvier dernier, une cliente soutient avoir retrouvé un cancrelat dans un pain végétarien acheté le jour même, soit mardi matin, aux alentours de 9h45, à la cafétéria de l’UoM. Cette cliente est hantée depuis ce fâcheux incident par l’image d’avoir croqué dans un tel insecte.
Après avoir sécurisé l’échantillon, les inspecteurs de la Health Inspectorate Division ont procédé à son examen minutieux qui a révélé la présence d’un insecte à l’intérieur. Les dépositions de la plaignante et du cantinier enregistrées, les autorités ont acheminé le pain vers le laboratoire entomologique pour des analyses plus poussées. Et au lendemain de la déposition, une visite des lieux a été organisée et il a été trouvé que « la cuisine était infestée de cancrelats. »
À la question de savoir si c’est bien la Health Inspectorate Division qui a procédé à la fermeture de la cafétéria, le ministère fait ressortir que « in this particular case, the person in charge agreed to immediately close down the cafeteria for desinfection, cleaning and implementation of all necessary measures. » Toutefois, il est clairement indiqué que « la réouverture se fera uniquement sur instruction des officiers du ministère de la Santé. » Une déclaration écrite a d’ailleurs été enregistrée à cet effet. Ce que réfute le cantinier qui, pour sa part, clame que l’ouverture se fera dès demain. Le ministère soutient, par ailleurs, que deux contraventions ont été dressées contre lui, à savoir , (1) « selling food containing a foreign matter » et (2) « failing to take adequate measures to prevent ingress of insects in the cafeteriat. »
La direction de l’université de Maurice n’ayant pipé mot sur toute cette affaire qui a éclaboussé l’institution, a répondu, à travers son bureau des Relations publiques, à nos questions de manière relativement succincte. La direction fait comprendre que le cantinier assure le service depuis le 1er août 2009. À la question de savoir à quoi se résument les responsabilitiés de l’UoM dans toute cette affaire, l’on explique que « les actions prises par l’Université se résument à respecter les directives du ministère concerné, soit la fermeture temporaire de la cantine universitaire jusqu’à nouvel ordre. La cantine rouvrira ses portes à l’obtention de l’aval du ministère et ce jusqu’à la fin du contrat du cantinier. Un nouvel appel d’offres sera bientôt lancé. »
Mais nul ne s’aventure à déclarer avec précision quand prend fin ce contrat et ce qu’implique ce « bientôt ». Vishal Suggon affirme quant à lui que son contrat prend fin en juin 2013. D’autres sources dignes de foi déclarent toutefois que son contrat aurait expiré depuis août 2012 mais que, selon les règlements internes, le cantinier doit continuer son opération en attendant de trouver quelqu’un d’autre.
Selon l’information qui nous est parvenue, il semblerait que le Budget Infrastructural Committee ne serait pas satisfait des personnes retenues par le Bid Evaluation Committee. Ce qui expliquerait pourquoi « un nouvel appel d’offres sera bientôt lancé », comme l’indique la direction de l’UoM, par le biais du Bureau des Relations publiques.
Par le passé, l’Union des Étudiants s’est plainte à plusieurs reprises des services du prestataire et a fait part d’une liste non-exhaustive de doléances. Selon les informations qui nous sont parvenues, aucune action n’a été prise contre le cantinier. La correspondance du bureau des Relations publiques argue que « les doléances ont été prises en considération par les instances concernées de l’université et plusieurs réunions ont eu lieu avec le prestataire. » Il nous revient également qu’un groupe d’étudiants envisage un sit-in cette semaine devant la cafétéria pour démontrer leur frustration.
La reprise des cours est prévue le lundi 21 janvier.