Parmanandsingh Persand, décédé d’une crise cardiaque le 3 juillet dernier peu de temps après sa convocation par la direction des Casinos de Maurice, a été harcelé par ses supérieurs et cela dans l’indifférence  de la direction. C’est ce qu’indique les conclusions du rapport de Me Nandkishore Ramburn, avocat chargé par la direction des Casinos pour faire la lumière sur une plainte l’ex-Assistant Head Security à l’effet qu’on le harcelait sur son lieu de travail. Ce rapport est en possesion du SIC Management Services Co Ltd depuis le début du mois d’août dernier.
«Il est évident, suivant les témoignages qui m’ont été soumis, que M. Persand a passé un mauvais quart d’heure», affirme sans ambages Me. Ramburn.
Pour soutenir cette affirmation, l’avocat rappelle le témoignage d’un agent de la sécurité qui a affirmé avoir eu pour instruction spécifique de son supérieur de surveiller les moindres faits et gestes de Parmanandsingh Persand. Le pire, souligne l’enquêteur, c’est que le préposé à la sécurité semble avoir été au courant de cela. Me Ramburn cite un autre témoin qui affirme qu’on a enlevé une chaise de sous M. Persand alors que ce dernier ne se sentait pas bien, séquelles d’un accident qu’il a eu. «L’on se demande si certains employés n’ont pas comploté pour faire de la vie de M. Persand un enfer !», commente-t-il.
De même, poursuit Me Ramburn, s’il était connu de tous que les relations entre le défunt et un de ses collègues étaient particulièrement conflictuelles, les responsables (du Casino) ne sont pas intervenus pour assainir la situation. «Au contraire, on a enlevé à M. Persand ses responsabilités d’Assistant Head Security pour les donner à une autre qui selon ses attributions n’avait pas le pouvoir de les assumer», note-t-il. Il indique d’autre part, n’avoir jamais eu une «explication cohérente» quant aux raisons qui ont poussé un responsable du Casino à enlever ses responsabilités à M. Persand.
L’enquêteur critique par ailleurs le transfert l’ex-Assistant Head Security au Car Park. «Pour dire le moins, cela a été fait en violation flagrante des devoirs contractuels qu’un employeur doit à un employé…L’on se demande si ce simple fait ne constitue pas une violation du contrat d’un employé…», fustige l’avocat.
Paralèllement, la façon dont on a remis à Parmanandsingh Persand sa lettre de suspension est notée par l’enquêteur. «La façon dont on a remis la lettre de suspension à M. Persand est certainement pas un exemple à suivre par les employeurs», écrit-il. Il ajoute avoir visionné l’enregistrement vidéo de la remise de cette lettre à M. Persand et avance que celui qui l’a remis aurait bien pu le faire dans son bureau et non en public, dans un endroit où les clients du casino ont accès.
«Après avoir écouté tous les témoins, j’ai la nette impression que certains officiers en voulaient à M. Persand, et cela pour des raisons qu’ils sont les seuls à connaître !», indique M. Ramburn.
L’avocat déclare d’autre part son incapacité à dire si le décès de M. Persand est dû à ce qui lui est arrivé au travail et précise que cela ne faisait d’ailleurs pas partie de ses attributions. «Mais je puis affirmer que M. Persand a été mené d’une main de fer par certains officiers et c’est regrettable que ceux à la direction ont choisi de jouer un rôle passif, au lieu d’intervenir et de chercher à résoudre les relations professionnelles conflictuelles entre certains membres du personnel et M. Persand», écrit-il.
Me Ramburn dit d’autre part avoir l’impression que la plainte de M. Persand à l’effet qu’il était victime de harcèlement sur son lieu de travail n’a jamais été pris en compte. «Nous ne pouvons que déviner que si la direction avait décidé enquêter sur cette plainte, nous ne serions pas dans la présente situation».
Auparavant, au début de son rapport, l’enquêteur évoque l’origine du problème : «Certains témoins tracent l’origine du problème de M. Persand à 2008, quand il aurait découvert une fraude au Casino du Grand Domaine, implicant un membre du personnel en particulier et selon un de ces témoins, au lieu d’être félicité pour cela, il a été pris à partie».