La Casino Employees Union (CEU) a organisé ce matin une marche pour dénoncer la privatisation des quatre casinos sous la responsabilité de la State Investment Corporation (SIC). Selon Eddy Benoît, le président, l’intérêt des employés doit être préservé. Jack Bizlall, le négociateur du syndicat, siégera sur le Steering Committee mis en place. Il a exprimé le souhait d’une réorganisation qui permettra de sauver les casinos. Pour cela, a-t-il dit, il faut se débarrasser des « carapates » qui ont « trop profité de la situation ». Il est également d’avis que l’existence d’un certain nombre de jeux de hasard à Maurice a provoqué la chute des casinos.
« Privatisation = licenciement », « Kasino protitab, ti kopin pe tap tu », « Pa tus nu pye diri »… Ce sont quelques-uns des messages que les employés des quatre casinos ont voulu faire passer ce matin. Depuis la publication d’une “Expression of Interest” pour la vente de Casino de Maurice Ltd, Sun Casinos Ltd, Le Grand Casino du Domaine Ltée et Le Caudan Waterfront Casino Ltd, les employés sont dans la tourmente. Ces pères et mères de famille, comptant de nombreuses années de service, disent craindre pour leur avenir.
Ce n’est pas la première fois que la SIC tente de procéder à la vente des quatre casinos, situés à Curepipe, au Caudan, à Flic-en-Flac et au Domaine Les Pailles. Et à chaque fois, la tentative a échoué. Ce matin encore, les employés ont fait clairement comprendre qu’ils étaient contre la privatisation. Jack Bizlall n’y est d’ailleurs pas passé par quatre chemins, expliquant : « Partout où il y a eu privatisation, il y a eu une réduction du nombre d’employés. »
C’est pour cette raison, dit-il, qu’il est préférable de conserver les quatre casinos, tout en procédant à une réorganisation. « Les casinos étaient comme une vache grasse. Les carapates lui ont sucé le sang jusqu’à ce qu’elle devienne malade. Il faut aujourd’hui enlever les caparates pour qu’elle retrouve sa santé. » Jack Bizlall a également tiré à boulets rouges sur le nombre de jeux de hasard à Maurice ainsi que sur les cagnottes, qui gonflent semaine après semaine. « Dan Moris, pre pou fer lekours eskargo », ironise-t-il, tout en ajoutant que les casinos ont été désertés pour ces raisons.
Jack Bizlall n’a pas manqué de rappeler que, depuis 1997, il a tiré la sonnette d’alarme sur la mauvaise gestion des casinos. En tant que membre du Steering Committee mis en place pour se pencher sur la question, il a estimé « nécessaire » que le comité écoute toutes les parties pour identifier les faiblesses et chercher des solutions. Jack Bizlall a également invité les employés à être « solidaires face à la situation ». Il a toutefois laissé entendre qu’il ne défendra pas les managers et assistant managers qui, selon lui, « connaissent beaucoup de choses », avant de conclure : « Ils devront s’expliquer ! »