Dans une plainte consignée au Central Criminal Investigation Department (CCID) le vendredi 20 octobre, le directeur de compagnie, un habitant de la capitale, a fourni sa version sur l’origine de cette affaire. Il a expliqué qu’en 2010, Sylvio Tang l’a rejoint au sein de la société Power Hill Co.Ltd en tant que partenaire avec 33% d’actions. À un moment donné, la compagnie a décidé d’acquérir un terrain à Grand-Baie pour la somme de Rs 18 millions. Celui-ci appartenait à Sylvio Tang et son frère. À la suite d’un accord entre les parties concernées, le quinquagénaire a avancé que les actions détenues par l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports étaient évaluées à Rs 6 millions et Sylvio Tang n’aurait rien à payer pour acquérir les 33% d’actions dans la compagnie. En contrepartie, les propriétaires du terrain ne seront payés que Rs 12 millions pour cette acquisition. Le « deal » a finalement eu lieu comme prévu. Après cet épisode, le plaignant a allégué que Sylvio Tang lui a emprunté de l’argent en plusieurs occasions en insistant qu’il remboursera sa dette une fois qu’il obtient les dividendes auprès de la compagnie. De 2010 à 2014, son partenaire lui aurait remis environ Rs 2,2 millions. Estimant que l’ex-ministre le menait en bateau, le directeur a cessé de lui donner de l’argent en dépit de plusieurs tentatives pour lui faire changer d’avis. « Comme il n’était pas sérieux, je lui ai dit que je ne vais plus lui faire d’emprunt », indique le plaignant dans sa déposition au CCID. En plus, apprend-on, Power Hill Co.Ltd faisait face à certains problèmes.
Le quinquagénaire a ajouté dans sa version des faits qu’en janvier 2016, Sylvio Tang l’aurait appelé sur son cellulaire lui demandant de lui remettre Rs 15 millions, ou qu’il lui rend son terrain. Comme le plaignant a campé sur sa position, son interlocuteur l’aurait menacé en ces termes: « Mo pou fer CID aret toi. Mo ena bon kontak avec bann kamarad CID e zot dispoze pou aret toi. Pou met toi dan prizon e zot pa pou fer toi gagn kosion, ek to bann zanfan pou plore. Mo finn fini fer aranzman avek zot e kouma mo pou fer deklarasion, zot pou aret toi. Si to oule gagn trankilite et les moi trankil, donn moi 15 milion ou bien retourn moi sa la ter-la ».
Par la suite, le directeur a expliqué qu’il a commencé à avoir des démêlés avec la police et avec la justice au regard de cette affaire de terrain. Il dit détenir des éléments pouvant justifier que Sylvio Tang aurait utilisé ses contacts à la police pour lui nuire et lui extorquer de l’argent. Il a remis aux hommes de l’ACP Devanand Reekoye tous les documents par rapport à cette affaire et sollicite l’ouverture d’une enquête. Les limiers comptent tout d’abord vérifier les informations en sa possession avant de décider de la marche à suivre.
Une source au CCID avance que l’interrogatoire de Sylvio Tang n’est pas prévu dans l’immédiat.