Un atelier a réuni hier matin au Labourdonnais Waterfront Hotel, Port-Louis, des opérateurs des secteurs du refroidissement et de la climatisation pour discuter des meilleurs moyens afin d’adopter les technologies les moins polluantes (« Green Cooling Technologies »). Dans ce contexte, le ministre de l’Environnement, Etienne Sinatambou, a annoncé l’élaboration d’une feuille de route (« roadmap »).
« Je suis confiant que cet atelier national nous permettra d’ouvrir la voie pour l’élaboration de stratégies nationales et régionales fiables pour adopter des technologies de refroidissement et de climatisation les moins polluantes (« green cooling technoligies » – voir encadré). Je m’attends donc à recevoir des politiques et des recommandations pour inclure dans notre stratégie et notre plan d’action pour tracer une feuille de route (« roadmap » pour promouvoir ces technologies de refroidissements et de climatisation les moins polluantes) », a en substance déclaré le ministre de l’Environnement et du Développement durable. Etienne Sinatambou présidait ce matin au Labourdonnais Waterfront Hotel l’ouverture d’un atelier national sur le thème « Policy and Technology Recommendations for the Refrigeration and Air-Conditioning (RAC) Sector in Mauritius ».
Le ministre Sinatambou a rappelé qu’entre juillet et septembre 2016, une enquête nationale sur l’utilisation d’alternatives aux substances appauvrissant la couche d’ozone (« National Ozone Depleting Substances – ODS – Alternative Survey ») a été entreprise auprès des importateurs et des opérateurs des supermarchés, des chambres froides, des hôpitaux, des cliniques, des hôtels, mais aussi des secteurs des transports, de l’entretien et de l’industrie du bâtiment. « Cet important inventaire avait trois objectifs : d’abord quantifier la quantité d’alternatives aux ODS, et en particulier les hydrofluorocarbones (HFC), utilisées dans les secteurs de la réfrigération et la climatisation à Maurice, puis d’établir les tendances de la consommation durant ces dernières années et, enfin, prédire les futurs scénarios ou tendances de la consommation pour Maurice », a-t-il élaboré.
« Le présent atelier fait suite à un premier atelier qui a eu lieu en novembre dernier et durant lequel les premières données de cette enquête nationale sur les alternatives aux ODS avaient été présentées », a ajouté le ministre. « Étant donné que nous avons déjà fait l’enquête nationale, nous nous apprêtons maintenant à évaluer les besoins technologiques, à travers notamment une analyse de l’écart (« gap analysis ») entre les technologies actuellement utilisées et les options technologiques disponibles au niveau international. Car ces inventaires et ces analyses vont alors servir de base pour les recommandations appropriées pour promouvoir les « green technologies » », a-t-il expliqué.
Etienne Sinatambou a annoncé, dans le contexte de l’élimination des ODS, sous l’amendement de Kigali du Protocole de Montréal, que Maurice, ensemble avec d’autres pays africains, commencera en 2024 le gel de l’importation et de l’utilisation des HFC, qui ont également un haut potentiel de réchauffement global. « Maurice va maintenant préparer sa stratégie et son plan d’action pour commencer le gel de l’importation des HFC dès 2024 », a-t-il indiqué.
Le Project Manager de GIZ Proklima, Philipp Denzinger, a, lui, expliqué que les participants à cet atelier auront à discuter de savoir pourquoi des technologies de refroidissement et de climatisation moins polluantes existent en Europe et non à Maurice. « Et de faire des recommandations pour les avoir ici », a-t-il insisté.
Cet atelier, qui regroupe une vingtaine d’opérateurs des secteurs du refroidissement et de la climatisation à Maurice, est organisé par le ministère de l’Environnement avec le soutien de la Green Initiative for Africa (GCAI) – mise sur pied sous le Climate Technology Centre and Network (CTCN) de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CNUCC), de HEAT International et du Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) proklima. La GCAI est un projet régional impliquant quatre pays africains, soit Maurice, le Ghana, le Kenya et la Namibie.