Dix-huit jours se sont écroulés depuis la grève de la CNT, qui a paralysé le pays. Si les esprits se sont calmés depuis, la tournure des négociations avec Anil Baichoo risque de s’avérer déterminante. Pour la Transport Industry Workers Union, tout se jouera en effet demain !
« Le peuple vit un véritable suspense ! » C’est ainsi que Poomindra Letchanna, représentant de la TIWU, décrit l’état d’esprit des Mauriciens avant les négociations de mercredi. La principale question qui est sur toutes les lèvres : y aura-t-il ou non une deuxième grève ? Pour y répondre, il faudra attendre demain.
M. Letchanna dit en tout cas espérer beaucoup de ces pourparlers. Et notamment que les travailleurs du transport parviendront à passer sous la catégorie du PRB. « Il y a deux catégories de travailleurs à la CNT. Ceux qui tombent sous la catégorie du NRB et ceux classés sous la catégorie du PRB », déclare le représentant de la TIWU.  Situation qu’il qualifie de « discriminatoire » et « aberrante ». « La CNT, c’est pour le gouvernement. Comment se peut-il que l’on soit sous la catégorie du NRB ? Si le travailleur du transport ne travaille pas pour le gouvernement, alors qui gère l’argent de la CNT ? » s’interroge-t-il.
Si M. Letchanna dit espérer que les négociations remédieront à la situation des travailleurs du transport, il ne peut s’empêcher de rester sceptique. « Le ministre du Travail savait déjà que les discussions auraient lieu demain. Alors pourquoi était-il à l’étranger. Quant au ministre des Infrastructures publiques, Anil Baichoo, sera-t-il présent ou déclinera-t-il l’invitation à la dernière minute ? »
Il s’est par ailleurs appesanti sur le « mutisme » de Navin Ramgoolam depuis l’éclatement de l’affaire. « Le premier ministre n’est pas intervenu dans cette affaire. Pourquoi n’avons-nous pas entendu parler de lui ? C’est bien chagrinant. Le transport est un secteur clé à Maurice. Avec la grève, l’économie a été affectée. Nous ne cherchons pas à nuire à l’économie, nous aspirons seulement à être entendu par l’État. Nous avons besoin d’une augmentation salariale », explique-t-il.
Quant au renvoi d’Ashwin Dookun en tant que président du conseil d’administration de la CNT, la TIWU se dit « attristée » par cette décision. « Nous apprécions l’effort qu’il a fourni. Nous sommes tristes de sa révocation. Pourquoi n’a-t-on pas renouvelé son contrat ? » s’interroge l’union syndicale.