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Environ 200 doléances faites à la PSEA par des managers de collèges

Des managers mécontents : « La PSEA n’a même pas la décence d’envoyer un accusé de réception à nos correspondances »

Le syndicat des employés de la Private Secondary Education Authority (PSEA) tient pour responsable la direction de cet organisme pour le non-paiement de salaires du mois d’avril concernant un nombre important d’employés de collèges privés à Maurice et à Rodrigues. Selon ce syndicat, la direction de cet organisme aurait dû constituer durant le confinement un skeleton staff comprenant des officiers de départements impliqués dans les procédures de paiement des salaires afin de s’assurer que tous les employés des collèges, y compris ceux on probation et sur contrat, soient payés à la date prévue, mais, déplore-t-il, « tel n’aurait pas été le cas ».

« Nous sommes attristés par cette situation et sommes solidaires de ces travailleurs qui attendent leurs salaires », dit d’abord au Mauricien Girish Ramsahye, président de la Private Secondary Education Authority Staff Association. « Nous déplorons la lenteur légendaire de la direction de la PSEA et son manque d’initiatives durant le confinement alors qu’il y a plus de 80 collèges avec plus de 6 000 employés sous le contrôle de cet organisme », ajoute sévèrement le président de ce syndicat.

Les dirigeants de ce syndicat affirment que des employés attendaient une communication émanant de la direction par rapport à la présence du personnel durant le confinement afin de continuer à pourvoir un service aux opérateurs de ce secteur de l’Education et pour répondre aussi aux questions urgentes. Des officiers de la PSEA nous ont dit qu’ils n’ont « jamais refusé » de venir travailler depuis le début du confinement et ajoutent que, depuis le début, ils vérifient plusieurs fois par jour leur boîte de réception de leur courriel pour voir s’ils ont reçu des communications de leur employeur à ce sujet. « On ne sait pas ce qui s’est passé à la PSEA depuis le début du confinement », témoignent ces employés.
Le président de la Private Secondary Education Authority Staff Association fait ressortir que le paiement des salaires des employés dans les écoles qui sont on probation et de ceux qui ont été recrutés sur une base temporaire dépendent de beaucoup d’informations qui sont fournies par les écoles chaque mois. Et de ce fait, la direction de la PSEA, selon lui, aurait dû s’assurer que le nécessaire soit fait pour le paiement des salaires de ces personnes, tout en reconnaissant que le confinement national en vigueur depuis le 20 mars a bouleversé les activités normales dans le pays.

« Il y a eu un ralentissement des activités mais le pays a continué à rouler grâce à la présence dans les ministères et départements du gouvernement d’un ‘skeleton staff’ pour assurer le service. Si la direction de la PSEA avait pris les mesures nécessaires dès l’annonce du confinement pour l’organisation du travail, nous n’aurions pas eu ce problème de non-paiement des salaires. Cette manière de faire ternit l’image de la PSEA », poursuit Girish Ramsahye.

Selon lui, les principaux départements concernés par le paiement des salaires des employés des collèges subventionnés sont le Registry, l’Inspectorat, les Finances et le Human Ressource. Dès la reprise des activités le 15 mai, ce syndicat d’employés de la PSEA enverra une correspondance à la direction de cet organisme concernant ce non-paiement des salaires et pour faire part aussi de ses observations concernant le fonctionnement de l’organisme durant le confinement. « Que la direction de PSEA ne rejette pas la responsabilité de ce non-paiement des salaires ainsi que d’autres problèmes administratifs sur le dos des employés ! » prévient Girish Ramsahye.

Selon nos informations, il y a environ 200 plaintes à la PSEA faites par des managers des collèges au sujet du non-paiement des salaires. L’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) a envoyé en début de semaine une lettre à la ministre de l’Education, avec copie au ministre du Travail, à ce sujet.

Pour leur part, des managers des collèges ont eux aussi envoyé des lettres à la PSEA au sujet de ce non-paiement des salaires et d’autres types de problèmes concernant le personnel et la réouverture de l’école mais ils se plaignent d’un « non-retour de la PSEA » à leurs queries. « Nous nous trouvons dans une période difficile et la PSEA n’a pas la décence de répondre à nos différentes lettres. Ce genre d’attitude de la part d’un organisme, directement concerné par l’éducation des milliers d’enfants mauriciens, est triste. On se demande si la PSEA a sa raison d’être », laissent entendre avec colère des managers.