Maurice a réitéré hier, à Grand-Baie, que l’archipel des Chagos fait partie intégrante de son territoire aux termes aussi bien des législations mauriciennes qu’internationales. Le chef de la délégation mauricienne a aussi rappelé que la zone de protection marine autour des Chagos n’est pas reconnue par le gouvernement mauricien.
Ces précisions ont été apportées hier par Maurice à la suite de l’intervention du représentant du gouvernement britannique concernant des dispositions prises pour protéger les ressources halieutiques autour des Chagos.
La Grande Bretagne comme Maurice font partie de la Commission thonnière de l’océan Indien, qui comprend une trentaine de pays dont les États de la Commission de l’océan Indien, les États riverains de la région et les États de pêche dont les pays de l’Union européenne ainsi que la Chine, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan, entre autres.
La Commission thonnière de l’océan Indien (CTOI) est une organisation intergouvernementale mandatée pour gérer les thons et les espèces apparentées dans l’océan Indien. Elle a pour mission de promouvoir la coopération entre ses membres en vue d’assurer, grâce à une gestion appropriée, la conservation et l’utilisation optimale des stocks et de favoriser le développement durable de leur exploitation.
Les déclarations de la Grande Bretagne au sein de la Commission au sujet des activités de pêche dans la région des Chagos sont suivies avec beaucoup d’attention par Maurice, qui réagit à chaque fois que cette question est évoquée. Cela a été le cas lors de la dixième session du comité d’application la semaine dernière à Grand-Baie.
Dans sa déclaration devant la commission, le représentant mauricien réaffirme la position mauricienne à l’effet que Maurice ne reconnaît pas le British Indian Ocean Territory « which the United Kingdom purported to create by illegally excising the Chagos Archipelago from the territory of Mauritius prior to its accession to independence ». « Cette excision s’est produite en violation des législations internationales et des résolutions adoptées à l’Assemblée générale des Nations unies », est-il précisé.
Maurice réitère que les Chagos, incluant Diego Garcia, font partie intégrante du territoire mauricien aux termes des législations locales et internationales. « The Republic of Mauritius is, however, being prevented from exercising its rights over the Chagos Archipelago because of the de facto and unlawful control of the United Kingdom over the Archipelago », souligne la déclaration mauricienne.
D’autre part, le gouvernement mauricien souligne qu’il ne reconnaît pas la zone marine protégée « which the United Kingdom has purported to establish around the Chagos Archipelago in breach of international law, including the provisions of the United Nations Convention on the law of the Sea (UNCLOS) ». Le représentant mauricien a rappelé que le 20 décembre 2010, Maurice a initié des procédures contre la Grande Bretagne dans le but de contester la légalité de la zone marine protégée. Le cas est actuellement devant le tribunal d’arbitrage aux termes de l’Annexe VII de l’UNCLOS. Maurice précise finalement que « consideration of any documents which the United Kingdom has purported to submit to this Committee in respect of the Chagos Archipelago or which purport to refer to the Chagos Archipelago as the so called “BIOT”, as well as any action or decision that may be taken on the basis of such documents, cannot and should not be construed as implying that the United Kingdom has sovereignty or analogous rights over the Chagos Archipelago ».
La 17e session de la Commission thonnière de l’océan Indien a été inaugurée par le ministre de la Pêche, Nicolas Von Mally. Il a donné l’assurance que Maurice se conforme à toutes les résolutions concernant l’« Illegal Unreported and unregulated (IUU) fishing ». « Mauritius is complying and will continue to comply with all resolutions concerning IUU fishing in order to contribute to the sustainable management of fishery resources in the region and at the same time ensure that exports of our fish and fish products are based on internationally acceptable norms », a-t-il déclaré. Selon lui, il n’y aura pas de progrès dans la gestion des ressources halieutiques sans un engagement partagé autour des objectifs clés de durabilité et de responsabilité
Les travaux présidés par le directeur des Pêcheries au ministère de la Pêche, Daroomalingum Mauree, ont permis d’épuiser une bonne partie de l’agenda hier. Les travaux se poursuivront jusqu’à vendredi.