Les négociations salariales engagées dans le secteur maritime visant à améliorer les conditions d’emploi des marins a débouché sur un accord collectif pour faire aligner les compagnies mauriciennes et les bateaux battant pavillon mauricien à la recommandation du Bureau international du travail (BIT) portant sur un salaire universel minimal à hauteur de USD 568. Cette industrie à Maurice s’apprête à franchir un autre cap important, le gouvernement ayant décidé de ratifier la Maritime Labour Convention qui régit le droit du travail de plus de 1,2 million de marins dans le monde.
Après plus d’une année de négociations entre les compagnies maritimes à Maurice et la Professional Seafarers Union (PSU) de Kader Battun, sous la présidence de Vanita Hosanee, de la Shipping Division, une nouvelle grille salariale pour les marins (Able Seafarer) a finalement été acceptée hier. Toutefois, à ce stade, l’accord collectif pour cette nouvelle grille salariale, mise en application à partir de 2012, n’a pas encore été officiellement signé mais devrait se faire dans les jours à venir. Avec cette révision, un marin touchera désormais la somme de Rs 32 277 mensuellement incluant les allocations et les heures supplémentaires.
Ce Collective Agreement fait provision pour éviter les abus des heures supplémentaires en fixant une limite de 104 heures par mois alors qu’auparavant les marins pouvaient facilement dépasser 200 heures par mois. Avec cette nouvelle grille salariale, le salaire de base d’un marin, qui est de Rs 12 500, augmentera annuellement sur une période de quatre ans. « Le but de cette révision est d’aligner le salaire d’un marin au salaire universel minimal préconisé par le Bureau international du travail concernant ce secteur. Ces nouvelles conditions s’appliqueront pour les marins qui travaillent pour des compagnies mauriciennes ou à bord des bateaux battant pavillon mauricien. Cet accord collectif vise également à faire la transition vers la mise en application des conditions prescrites par la Maritime Labour Convention », explique Ashok Subron de la General Workers Federation, à laquelle le PSU est affiliée.
Par ailleurs, l’autre retombée de ces négociations est la décision du gouvernement mauricien de ratifier la Maritime Labour Convention du BIT. La convention du travail maritime 2006 prévoit de manière complète et détaillée les droits et le système de protection sur le lieu de travail pour plus de 1,2 million de marins dans le monde. La convention vise à la fois à assurer des conditions de travail décentes pour les marins et à établir des conditions de concurrence loyales. « On estime que 90 % du commerce mondial fait appel au transport maritime ou fluvial et les marins sont essentiels au commerce international et au système économique global. La nouvelle norme de travail consolide et met à jour 68 normes internationales du travail adoptées dans le secteur maritime au cours des 80 dernières années », indique le BIT.
La convention définit sous ses différents aspects le droit des marins à des conditions de travail décentes et a pour objectif d’être universellement applicable, facile à comprendre et à actualiser par une mise en oeuvre uniforme. Elle a été conçue pour devenir le « quatrième pilier » de la réglementation internationale du transport maritime, en complément des conventions fondamentales de l’Organisation maritime internationale (OMI). La décision de l’OIT d’élaborer la convention du travail maritime émane d’une résolution adoptée en 2001 par les organisations internationales des marins et d’armateurs avant d’être appuyée par les gouvernements. Ainsi la MLC entrera donc en vigueur le 20 août au niveau international.
« Les négociations pour ces nouvelles conditions d’emploi est une très grande avancée et cette ratification de la Convention du travail maritime du BIT est une véritable landmark pour les marins concernés », poursuit Ashok Subron. Toutefois, une autre bataille se présente déjà pour les syndicalistes de la GWF avec les négociations à venir très prochainement pour les marins-pêcheurs.